Leaders indigènes pour la Terre Mère

Publié le 25 Septembre 2019

En première ligne de la marche, lors du Sommet sur l'action climatique de 2019 à New York, le visage de la jeune Suédoise Greta Thunberg est reconnaissable, mais à côté d'elle il y a " d'autres Gretas " : des leaders indigènes venus du monde entier pour exiger que l'humanité s'unisse pour défendre la Terre Mère.

"Nous avons besoin d'une aide urgente, pour ne pas laisser les grandes entreprises et les politiques perdre la nature et les peuples indigènes", a exhorté María José Bejarano de Oliveira, Bolivienne de 18 ans, choisie par sa communauté pour représenter la Confédération des Peuples Indigènes de Bolivie.

"Le peuple indigène Chiquitano de Bolivie est dans une situation dévastatrice, quatre millions d'hectares brûlent et le gouvernement ne déclare pas de catastrophe nationale ", a expliqué Bejarano, qui considère que c'est un privilège et une " responsabilité " de faire entendre sa voix pendant la grève.
A côté d'elle, lors d'une rencontre avec des journalistes avant la marche au sud de Manhattan, se trouvait Artemisa Barbosa Ribeiro, une brésilienne de 17 ans, activiste combative du peuple Xakriabá qui a récemment accompagné Thunberg pour exiger des solutions du Congrès américain. Avec un bandeau à plumes et le visage, la poitrine et les bras peints, Barbosa s'en est pris au président brésilien Jair Bolsonaro, critiquant le fait que " le sang autochtone est versé chaque fois que le gouvernement reçoit de l'argent " pour des projets qui détruisent la nature, " qui est la vie de tous, pas seulement la nôtre."

"En tant que jeunes autochtones, nous demandons à l'humanité de s'unir dans la lutte ", a ajouté la jeune femme de l'État du Minas Gerais, où l'exploitation minière a contaminé l'eau, réduit les ressources de ses habitants et causé leur mort, a-t-elle dénoncé.

La Panaméenne Militza Lízbeth Flaco Suira a déploré la déforestation dans le territoire proche de la frontière colombienne : "Voir que le changement climatique détruit notre mère la Terre me brise le cœur. Nous sommes ici pour unir nos forces à celles des militants, nous ne sommes pas seulement les peuples indigènes qui se battent, la lutte est celle de tous ", a-t-elle réitéré.

Avec leurs territoires, ils font partie d'une Alliance Globale des Communautés Territoriales qui regroupe 16 pays et les régions du bassin amazonien, dont les représentants se sont réunis pour se rassembler autour d'un petit déjeuner avant les manifestations.

Au cours des cinq dernières années, l'Alliance a rendu visible et dénoncé non seulement " les crimes contre l'environnement, mais aussi contre l'humanité " : c'est ainsi que s'est exprimée la plus ancienne dans la lutte, la militante autochtone brésilienne Sonia Guajajara, ancienne candidate à la vice-présidence du Brésil en 2018,. Arrivée à New York pour cette semaine d'actions climatiques et de réunions de haut niveau de l'ONU, Mme Guajajara a mis en garde contre la façon dont les gouvernements "modifient la vérité" en leur faveur et criminalisent les peuples. Elle a quantifié en 14 les points de conflit qui ont surgi cette année au Brésil et en 180 les mesures en cours dans son Congrès qui menacent les territoires autochtones. "Ils remettent l'Amazonie aux étrangers, et en particulier aux États-Unis ", a-t-elle dit.

Le coordinateur général de l'Alliance, l'Equatorien Tuntiak Katan, a déclaré qu'ils sont là " pour que le Sommet (pour le climat) ne reste pas seulement dans les engagements, mais qu'il y ait des actions et des solutions concrètes. Nous ne voulons pas d'une déclaration internationale, ça ne marche pas." Katan s'est félicité de la mobilisation menée par les jeunes pour soutenir les " revendications de centaines d'années " des " protecteurs de la biodiversité ", qui ne sont pas " atteints " par les millions de dollars qui sont mentionnés dans les forums internationaux, a-t-il ajouté.

L'activiste chevronné a également déclaré que tout le monde est " ouvert " à collaborer avec son gouvernement et à l'inviter, ainsi que le reste de la société, à faire un " travail personnel de sensibilisation " d'où peuvent naître des projets qui contribuent au changement.

Mais il y a de l'espoir malgré la "pandémie mondiale", selon la définition de Levi Sucre Romero, coordinateur de l'Alliance méso-américaine des peuples et des forêts, du Costa Rica.

"Les premières années, nous avons fait des activités en dehors des événements officiels parce qu'ils ne voulaient pas nous laisser entrer, il y a un filtre pour lequel nous ne connaissons pas les critères. Mais après avoir élevé la voix, nous avons atteint un peu d'ouverture : 3 minutes pour parler au Sommet, le 23 septembre", a-t-il expliqué.
"C'est un énorme soutien que les jeunes aient rejoint la lutte contre le changement climatique. Ils disent que les jeunes sont l'avenir, mais ils viennent d'aujourd'hui, et ils vivent avec nous aujourd'hui ", a conclu l'activiste, motivés par les actions de " résistance " et les interventions qui nous attendent dans les jours à venir.

Par Nora Quintanilla

traduction carolita d'un article paru sur Elorejiverde le 25/09/2019

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Climat, #PACHAMAMA, #Leaders indigènes

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