Mexique - Amilcingo obtient la suspension du plan d'exploitation du gazoduc Morelos

Publié le 4 Juillet 2019

Le week-end dernier, l'ejido d'Amilcingo a été informé de la suspension du plan accordé par le gouvernement par le juge du neuvième district de l'État de Morelos sur l'exploitation du gazoduc de Morelos. C'est un triomphe qui n'avait pas été obtenu en 7 ans de lutte sociale et juridique contre ce mégaprojet et que notre frère Samir a promu depuis le début dans la communauté d'Amilcingo. Aujourd'hui, sa lutte commence à avoir des résultats juridiques pour protéger la communauté.

Avec cette suspension, non seulement la communauté d'Amilcingo est protégée, mais aussi les 60 communautés touchées par le gazoduc Morelos, puisque le gaz naturel ne peut passer par la communauté d'Amilcingo, le gazoduc ne peut pas continuer son trajet pour alimenter la centrale thermoélectrique de Huexca.

Et bien qu'en janvier 2019, le Premier Tribunal Collégial pour les Affaires Administratives de Puebla ait confirmé l'amparo de 4 communautés d'Atlixco pour ne pas avoir été consultées, il n'y avait jusqu'à présent aucune suspension de l'exploitation du gazoduc Morelos. Avec la présente suspension, qui durera pour le temps de l'amparo de même que les ressources promues, les plus de 80 communautés touchées par le Projet Intégral Morelos, nous pouvons avoir un nouveau répit où nous ne serons pas dépossédés de nos biens naturels, la santé et l'environnement, à moins que le gouvernement fédéral n'ait l'intention de violer l'ordonnance de la cour fédérale et de prendre l'initiative, comme l'ont tenté les gouvernements précédents avec le fonctionnement du Projet Intégral Morelos.

Bien qu'il y ait 10 amparos promus par 11 communautés indigènes membres du Front des Peuples en Défense de la Terre et de l'Eau de Morelos, Puebla, Tlaxcala, où la violation du droit à l'autodétermination des peuples Nahuas du volcan est revendiquée, malgré la Recommandation 003/2018 de la CNDH, où la violation du droit à consultation et l'insécurité du projet intégral Morelos autour du volcan Popocatepetl sont documentées.

Aucun des amparos des peuples indigènes ni la recommandation de la CNDH n'était suffisamment forts pour arrêter les activités de transport d'hydrocarbures qui, selon l'État, présentent un intérêt social, même en cas d'insuffisance imminente de sécurité dans son installation. Seulement
les droits agraires d'un ejido, l'ejido d'Amilcingo, ont eu une force juridique suffisante pour arrêter ce projet, parce que même les droits de l'ejido ont une certaine protection constitutionnelle contre le danger de dépossession de ses droits. C'est pourquoi, en 2014, les Commissaires des ejidos qui ne sont pas tombés dans les actes de corruption de la CFE ont été persécutés, criminalisés et emprisonnés, comme c'est le cas d'Enedina Rosas à Atlixco, détenue pendant 11 mois, et des commissaires des Ejidos de San Lucas Tulcingo et San Juan Amecac, poursuivis judiciairement pendant 4 ans.

Cela démontre l'absence de garanties pour la protection des droits indigènes dans notre pays, où le droit à la consultation est considéré comme un droit qui peut être violé et qui, une fois violé, ne peut être rétabli et auquel les communautés doivent se soumettre, comme il y a 500 ans, au joug du modèle du mal dénommé "progrès".

La suspension du plan est accordée en raison de l'occupation illégale de terrains par le gazoduc Morelos dans l'ejido d'Amilcingo, où le gazoduc a été installé en présence des forces de l'État, fédérales et militaires, ce qui a entraîné la mort de cinq compañeros le 13 avril 2014. Cette suspension du Gazoduc Morelos s'ajoute à la suspension définitive obtenue par Huexca pour que la rivière Cuautla ne puisse être contaminée par les eaux de rejet de la centrale thermoélectrique, à la suspension du plan d'au moins 3 ejidos d'Ayala contre le fonctionnement de l'aqueduc et à l'amparo gagné à Atlixco par 4 communautés ce qui constitue un précédent pour les autres communautés non consultées.

Pour cette raison, même lorsque le Président de la République dit que le Projet Intégral Morelos est en attente, nous disons que ce qui est en attente, c'est qu'il nous écoute publiquement, qu'il clarifie le meurtre de Samir, qu'il punisse les responsables de torture, qu'il rende justice
pour les emprisonnés et les persécutés, le démantèlement des groupes de choc et qu'il
reconnaisse et respecte nos droits tels qui sont consacrés dans les Accords de San Andrés. Nous devons restaurer le tissu social de nos peuples, respecter leur autonomie et leur autodétermination, et punir quiconque viole les droits des peuples indigènes du Mexique. Les plus pauvres, les plus démunis, les défenseurs historiques et les fondateurs de ce pays.

Nous exigeons que la CFE, le Président de la République et les entreprises impliquées dans le transport de gaz naturel à Morelos respectent la décision judiciaire et cessent leur intention pour 'imposer le Projet Intégral Morelos sur les terres zapatistes.

Nous tenons le gouvernement et les entreprises responsables de tout acte d'intimidation ou de répression que les communautés affectées par le PIM et ses défenseurs pourraient subir, que ce soit directement ou indirectement à travers des groupes de choc, des criminels liés au gouvernement et aux entreprises, la criminalisation ou la répression de toute autre nature.

Justice pour le défenseur du territoire et des droits humains Samir Flores !
Samir et Zapata vivent, la lutte continue !
Front des Peuples en Défense de la Terre et de l'Eau Morelos, Puebla, Tlaxcala 

traduction carolita d'un communiqué paru sur le site du  CNI le 2 juillet 2019

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