Les groupes écologistes Diné (Navajo) déclarent leur victoire contre une centrale au charbon très polluante

Publié le 9 Avril 2019

Depuis près d’un demi-siècle, les Navajos sont victimes de l’extraction de charbon par la multinationale Peabody Energy. La lutte contre la compagnie a causé la déportation de milliers de Navajos et de centaines de Hopi de Big Mountain. Les trois centrales au charbon situées dans la réserve Navajo sont extrêmement polluantes et ont causé beaucoup de dégâts à l’environnement et à la santé des habitants et des travailleurs locaux (qui n’ont même pas l’électricité, qui est produite pour alimenter les grandes villes du Sud-ouest, comme Phoenix ou Los Angeles). Peabody Energy a déjà été déclarée en faillite à deux reprises. Cependant, elle existe toujours, probablement “rachetée” sous d’autres noms de propriétaires. La faillite ou la vente sont des moyens pour les entreprises de se débarrasser de l’obligation de réparer les dégâts qu’elles ont causé et d’indemniser les ouvriers ou les habitants victimes de graves problèmes de santé. Récemment, Peabody nouvelle formule a proposé aux dirigeants Navajos de racheter la centrale dite “Navajo” – NGS – et la mine de charbon de Kayenta. Peabody est le seul fournisseur de charbon de la NGS. Les habitants et les ONG Navajos ont farouchement lutté contre cette proposition, étant donné qu’ils luttent depuis des années pour obtenir la fermeture des centrales et des mines qui les empoisonnent sans qu’ils en tirent aucun avantage. Les opposants ont organisé la résistance et fait pression sur les membres du Conseil Navajo pour qu’ils se prononcent contre le projet. Le 21 mars, ils ont remporté la victoire: le Conseil s’est prononcé, à 11 contre 9, pour rejeter la proposition de rachat. Les partisans du projet disaient que l’exploitation de la centrale et de la mine pourraient rapporter de 4 à 6,5 millions de dollars par an à la Nation Navajo. Cependant, une partie de l’équipement de Peabody était tombé en panne et les frais de réparation devaient s’élever à 14 millions de dollars, pour les acheteurs. En plus, le prix du charbon de la mine de Kayenta aurait dû passer d’environ 43 dollars la tonne à 23 ou 28 dollars. De plus, les sites d’extraction auraient dû être déménagés en partie dans la Réserve Hopi, ce qui fait que les revenus Navajos auraient été réduits de 50%. Les coûts environnementaux pour mettre la centrale aux normes auraient été de 143 millions, selon une déclaration du porte-parole du Conseil Navajo d’octobre 2017. Il s’est avéré que racheter et gérer la centrale et la mine aurait coûté beaucoup plus à la Nation Navajo que de les fermer définitivement, ce que les habitants réclamaient depuis des décennies.

Christine Prat

Les renseignements sur la problématique de rachat et ses coûts sont tirés d’un article de Marley Shebala, journaliste Navajo, publié dans le Gallup Independent, sous le titre “Une analyse minérale dit que la NGS fera perdre des millions à la Tribu”, Diné Bureau navajo1@gallupindependent.com

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