Cosmovision Wayuu - Wale'kerü la tisseuse

Publié le 27 Avril 2019

Aucune araignée n'était plus travailleuse que la tisserande Wale'kerü. Du matin au soir, du soir au matin, elle tisse et tisse des hamacs et des étuis. Au début, les Wayuuu l'interrogeait sur son art et ses enseignements. Elle, l'araignée Wale'kerü, a dit qu'elle apprendrait à une femme à tisser si on lui donnait une chèvre ou un âne en échange. Les femmes Wayuu lui ont donné des colliers et des bijoux et l'araignée a commencé les leçons.

Mais un jour, elle est tombée amoureuse d'un Wayuu et ils ont fui ensemble. L'homme l'a ramené chez lui. Là, la mère du jeune homme lui a donné du coton pour tisser ses ceintures. Wale'kerü avala le coton et, peu à peu, de sa bouche commença à sortir des fils prêts à être tissés. L'araignée laborieuse a tricoté la nuit et le matin la ceinture était prête.

Wale'kerü a déclaré qu'elle n'était pas n'importe quelle araignée, qu'elle savait quelque chose qu'aucune femme Wayúu ne savait, pas même la mère de son amant. A partir de ce moment, elle a appris aux jeunes filles de l'enclos à tisser de beaux dessins.

Les filles ont appris de ce bon professeur. En même temps, elle leur a demandé de ne pas se laisser distraire en regardant sur les côtés. Wale'kerü voulait que les femmes Wayúu soient les meilleures tisseuses, même si elles la rejetaient parfois.

Les femmes tissent les dessins que Wale'kerü leur a enseignés. Mais parfois Ruluma, le termite, les teste. C'est ce qui s'est passé lorsqu'une fois il est apparu à une Wayuu qui avait deux métiers à tisser, l'un pour tisser le jour, l'autre pour tisser la nuit. La femme protégeait ses tissus en arrosant la cendre et l'eau chaude ou en y mettant le feu. Elle savait que ça éloignerait Ruluma, le termite.

Mais Ruluma voulait savoir si cette tisseuse était capable de réparer et elle a piqué le tissu d'un métier et de l'autre. La femme habile les rapiéça tous les deux, montrant à Ruluma qu'elle avait appris à tisser et à rapiécer aussi bien.

Aujourd'hui encore, les Wayúu se souviennent de l'héritage de Wale´kerü.

Il arriva qu'une nuit, un rêve révéla à une femme qu'il y avait un arbre chargé de toiles d'araignées dans ses branches. Quand elles se sont réveillées et ont raconté leur rêve, les Wayuu ont cherché l'arbre jusqu'à ce qu'ils le trouvent. Les dessins et designs de l'écorce de l'arbre étaient liés à un métier à tisser et créaient ainsi le kanasü, la technique du tissage des dessins.

Puis ils ont attaché les branches de l'arbre et les ont tressés avec des fils pour former un bracelet, un kanaspi. C'est le bracelet que portent les jeunes Wayuu quand elles veulent apprendre à dessiner sur des tissus. Les kanaspi remplissent leurs mains de beauté et leur donnent la patience et l'intelligence pour rendre leurs tissus les plus délicats.

Abuela Kantús, Marta Ramírez (transcripteur)

traduction carolita du site de la fondation sura

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