Rompre le silence : la violence contre les femmes dans et autour des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas

Publié le 13 Mars 2019

Communiqué de presse. 7 mars 2019.

Rompre le silence : Les plantations industrielles de palmiers à huile et de caoutchouc génèrent du harcèlement, de la violence sexuelle et des abus contre les femmes.

Téléchargez le document complet ici. (en anglais)

La vie autour des plantations industrielles de palmiers à huile et de caoutchouc est marquée par la violence. C'est la même réalité qu'en Afrique de l'Ouest et du Centre ces dernières années, où les gouvernements ont accordé aux sociétés de plantation des concessions couvrant jusqu'à quatre millions d'hectares de terres pour l'expansion des monocultures de palmiers à huile.

Lorsque ces plantations industrielles envahissent les terres communautaires, la violence sexuelle, les viols et les abus contre les femmes et les filles augmentent considérablement. Cela se produit partout où ils s'installent, qu'il s'agisse d'une plantation de palmiers à huile ou de caoutchouc.

La plupart des femmes qui subissent des violences sexuelles dans ou autour de ces plantations industrielles souffrent en silence. Peu de cas d'agression, de viol ou de harcèlement sexuel sont signalés, par crainte de représailles et d'autres abus de la part des autorités et du personnel de l'entreprise. Cela expose à son tour les femmes à une augmentation de la violence et des abus sexuels, car les auteurs de ces actes n'ont pratiquement aucun risque d'être tenus responsables de la violence qu'ils infligent aux femmes. La situation des femmes est exacerbée par les normes culturelles qui stigmatisent les femmes violées, les blâment pour l'agression et font honte à leurs familles. Trop souvent, les femmes souffrent non seulement en silence, mais aussi seules.

Le harcèlement et la violence sexuelle touchent les femmes qui travaillent dans les plantations industrielles, ainsi que les femmes et les filles qui vivent dans ces plantations et autour de celles-ci et qui doivent utiliser les routes qui traversent les monocultures pour atteindre leurs champs, leurs sources d'eau, le marché municipal, l'école la plus proche ou pour rendre visite aux parents dans les villages voisins.

"Si tu n'as pas de chance, ils ne te paient que si tu le laisses faire son truc. Ça arrive tout le temps." Travailleuse dans une plantation au Libéria.

"Tu veux des feuilles de manioc, je veux du sexe." Commentaire d'un agent de sécurité au Cameroun, raconté par une femme.

Les directeurs de plantations et les gardiens de sécurité augmentent les risques de violence sexuelle, de viol ou de harcèlement des femmes parce qu'ils utilisent leur position de pouvoir pour commettre ces actes, ou permettent que de tels actes se produisent sans conséquences pour l'agresseur. "Nos femmes pleurent beaucoup ", a dit un chef traditionnel camerounais. La situation de "tout le monde le sait, mais personne n'en parle" est répandue et doit cesser.

Le 8 mars, Journée internationale de la femme, nous nous joignons aux femmes du monde entier qui sont touchées par l'expansion violente des plantations industrielles de palmiers à huile et de caoutchouc et qui nous demandent de nous mobiliser :

ARRÊTEZ IMMÉDIATEMENT le harcèlement, la violence sexuelle et les abus contre les femmes qui vivent dans les plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas et leurs environs !

Pour plus d'informations

RADD – Camerún: radd2009@yahoo.frMuyissi Environnment – Gabon: missmouity@yahoo.fr
Natural Resource Women Platform  Liberia: nrwomenplatform@gmail.com
GRAIN: grain@grain.org
World Rainforest Movement (WRM): wrm@wrm.org.uy.

traduction carolita d'un article paru sur le sitewrm.en espagnol le 7 mars 2019

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