L'ONIC dénonce la violation continue et systématique des Droits Humains et l'extermination physique et culturelle des peuples indigènes de Colombie

Publié le 10 Juillet 2018

Le Département des Droits des Peuples Indigènes, des Droits Humains et de la Paix de l'Organisation Nationale Indigène de Colombie -ONIC - dénonce et rejette catégoriquement la violation systématique des droits humains et l'extermination physique et culturelle des peuples indigènes en Colombie.

Les chiffres des violations des droits des peuples et communautés indigènes présentés ici constituent un effort de l'Organisation Nationale Indigène de Colombie -ONIC ; de novembre 2016 au 5 juillet 2018, le nombre de violations des droits de l'homme et de violations du droit international humanitaire a augmenté de 6.055 personnes (novembre 2016 à décembre 2017) à 10 599 entre le 1er janvier et le 5 juillet 2018 : Parmi les types de suivi des violations des droits humains et des violations du droit international humanitaire correspondant à 2018 pendant la mise en œuvre de l'Accord de paix définitif, ont été affectés comme suit :

détentions (9 422), déplacements massifs/forcés (1 047), menaces (50), recrutements (20), homicides (21), attaques (19) ; tortures (3) ; et 3 décès par omission de la population déplacée et relocalisée de l'État, pour un total de 10 599 personnes affectées.

Le recrutement et l'utilisation d'enfants et de jeunes par des groupes armés légaux et illégaux, y compris les dissidents des FARC, est encore une pratique courante en temps de paix, et la plupart des recrutements (20 au total) ont lieu dans l'ouest de la Colombie, ce qui affecte fortement les membres du peuple indigène Embera.

Les groupes armés légaux et illégaux qui commettent ces violations sont : l'ELN, l'EPL, les dissidents des FARC EP et les organisations héritées du paramilitarisme (Clan del Golfo, Aguilas Negras, Los Rastrojos, Autodefensas Gaitanistas de Colombia) ; et la Force Publique.

Nous dénonçons le fait que, en plus de ce qui précède, la protestation sociale dans le pays est criminalisée, ainsi que le travail des enseignants, l'exercice du contrôle territorial dirigé par les autorités et la garde indigène, la libération et la protection de la Terre Mère, en particulier contre la Minga indigène de 2017, qui défend et revendique les droits des peuples indigènes, une criminalisation qui s'est matérialisée par la judiciarisation des leaders sociaux qui défendent la vie et le territoire de leurs communautés.

Pour cette raison, le Ministère des Droits des Peuples Indigènes, des Droits Humaines et de Paix de l'ONIC :

SOLLICITE :

1. De l'Etat colombien, par l'intermédiaire des institutions gouvernementales, de garantir le respect des accords conclus à La Havane et une plus grande volonté des parties de maintenir le dialogue et de rendre effective la perspective de PAIX avec l'Armée de Libération Nationale (ELN).

2.L'État doit garantir la défense de la vie et des droits humains dans les territoires indigènes, entre autres. Le Ministère de la Défense, le Ministère de l'Intérieur, le Bureau du Procureur Général, l'Unité de Prise en Charge Intégrale et de Réparation des Victimes (UARIV), l'Unité Nationale de Protection (UNP),  le Bureau du Médiateur, le Bureau du Président de la République et d'autres organes compétents dans le cadre de l'ordonnance 004, du décret-loi 4633 de 2011 et d'autres normes nationales et internationales qui protègent les droits des peuples indigènes et traitent du respect des droits humains et du Droit International Humanitaire DIH.

3.Obligation de l'État colombien de s'assurer, par l'intermédiaire des entités correspondantes, qu'il adopte des mesures urgentes et prioritaires, en enquêtant et en facilitant l'obtention de résultats efficaces sur les comportements punissables contre les peuples indigènes de Colombie, que les criminels qui ont perpétué ces actes systématiques d'extermination soient identifiés et condamnés.

4.Mettre fin à la criminalisation et à la judiciarisation injuste des leaders indigènes, en particulier les libérateurs de la Terre Mère et de la Minga de l'année 2017.

5. À la communauté internationale de faire preuve de solidarité et d'accompagner, de surveiller et de vérifier la situation grave des violations des droits humains à l'encontre des peuples indigènes en Colombie par le biais de la surveillance. De même, nous demandons au Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits Humains d'effectuer des visites et d'établir des rapports sur les zones où se sont produits les actes de victimisation les plus graves contre les peuples indigènes.

6. Nous exhortons les médias publics et privés à traiter l'information sur les violations des droits humains des peuples indigènes avec impartialité, responsabilité et dès le début de bonne foi, afin d'éviter que la diffusion de l'information concernant les peuples indigènes ne devienne une nouvelle façon de les victimiser ou contraires à la réalité tenant compte de l'Arrêt T-500 de 2016.


Continuez à compter sur nous pour la paix, jamais pour la guerre !


#MingaPorLaVida/ MingaPourLaVie

traduction carolita d'un communiqué paru sur le site de l'ONIC le 9 juillet 2018 :

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