Les autorités honduriennes insistent pour criminaliser le jeune Eduardo Urbina.

Publié le 10 Avril 2018

Tegucigalpa,Cesario Padilla (Conexihon).-

Un retour dans son pays ferait de lui un nouveau prisonnier politique. C'est le panorama du leader étudiant Eduardo Urbina, contre qui les autorités honduriennes poursuivent les actions qui font de lui un "terroriste", alors qu'il reste dans l'espoir de trouver refuge dans un système judiciaire qui le persécute.
Le couloir situé au troisième étage du bâtiment A1 de l'Université Nationale Autonome du Honduras (UNAH) abrite le cours d'histoire, dont Eduardo Enrique Urbina est en troisième année et qui, en outre, relie son travail académique à son militantisme au sein du Mouvement des Etudiants Universitaires (MEU).

Suite à une nouvelle campagne contre lui, qui le reliait à l'incendie d'un camion militaire le 15 décembre 2017, la Police nationale, par l'intermédiaire du Chef d'INTERPOL Adonay Hernandez, a déclaré à un journal national qu'Urbina avait été arrêté entre le 12 et le 14 mars à San José (Costa Rica).

Selon Hernandez, une alerte d'immigration et un mandat d'arrêt ont été émis depuis le 19 décembre.

En raison d'une série de menaces de mort, Urbina a dû quitter le pays le 10 décembre sous la protection du Comité des Proches des Détenus et Disparus au Honduras (COFADEH).

Dans un article paru dans différents médias imprimés, l'ancien secrétaire à la Culture Rodolfo Pastor Fasquelle a averti le président costaricain Luis Guillermo Solis que s'il accède à la demande d'extradition d'Urbina, cela fera de lui un "complice" de la dictature hondurienne.


"Je viens sur cette page pour  vous avertir que si vous permettez cela, vous deviendrez complice de la dictature hondurienne et encourrez une condamnation de l'histoire du peuple, qui est connue pour être différente de l'histoire officielle, mais dont l'histoire vraie est distillée", a dit le Pasteur Fasquelle dans une partie de son article.

Depuis le COFADEH, en collaboration avec d'autres organisations internationales et la famille d'Eduardo Urbina, ils ont suivi le processus étape par étape pour sauvegarder l'intégrité du leader universitaire.

Leurs actions leur font perdre la raison.


Pour la coordinatrice générale du COFADEH, Bertha Oliva, cette action contre le jeune homme et leader universitaire l'a conduit à devenir un "cas emblématique" avec une connaissance internationale approfondie, en raison de la persécution juridique dont Urbina est la victime.
"Avec Eduardo, nous avons essayé de les amener à rectifier leur perversité, à empêcher le ministère public d'obéir aux ordres qui viennent de l'état-major des Forces armées, du renseignement militaire ou je ne sais pas de qui ", a dit Oliva.

Ces autorités, qui se sont imposées, de l'avis de la défenseur des droits de l'homme, il n'y a aucun moyen de leur faire comprendre que la justice a été imposée dans le pays comme un carnage contre la dissidence politique et sociale, ils ont déjà perdu la tête.

Le COFADEH a engagé différentes actions devant le Parquet afin qu'il puisse se désister de l'action pénale contre Urbina. Le 22 mars, l'organisation de défense des droits de l'homme a envoyé une pétition au ministère public pour qu'il renonce à l'action pénale contre l'universitaire et leader social.

La surprise que l'équipe de procureurs du COFADEH a trouvée, a dit Oliva, c'est que la demande a été vue et retournée à l'envoyeur "pour qu'il soit clair qu'il doit attendre son tour et qu'il importe peu qu'il soit un prisonnier innocent, alors qu'il est préférable d'avoir des gens qui ont commis un crime non puni que d'avoir un prisonnier innocent", a-t-elle expliqué.
"Les mesures prises n'ont eu aucun effet nécessaire sur l'indépendance du système judiciaire en raison du contrôle de la dictature, a-t-elle dit.
La coordinatrice du COFADEH a annoncé qu'elle effectuera une visite au Costa Rica pour en savoir plus sur la situation d'Urbina, ainsi que pour mener des actions de plaidoyer du fait qu'il est persécuté par les autorités honduriennes.

Il n'est pas seul


Au Costa Rica, bien qu'il ne soit pas dans son pays natal, Eduardo Urbina est accompagné -à distance- par ses compañeros du Parti de la Liberté et de la Refondation (LIBRE) et leurs familles.

De même, des organisations locales de défense des droits de l'homme telles que l'Association Costaricaine des Droits de l'Homme (ACODEHU) et le Centre pour la Justice et les Droits Internationaux (CEJIL), l'accompagnent dans différentes actions, selon ce média.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (ACNUR) a chargé Edgardo Herrera d'étudier le cas des demandes d'asile au Costa Rica.

traduction carolita d'un article paru sur le site Honduras libre le 6 avril 2018 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Honduras, #prisonniers politiques, #Dictature

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