Amnesty International affirme que les conditions de détention du machi Celestino Córdova doivent être réexaminées d'urgence.

Publié le 21 Avril 2018

Alors que le machi est entré dans un état très critique aujourd'hui, cette déclaration d'Amnesty international qui me semble arriver tardivement comme tout le reste. Je rappelle que le machi est en grève de la faim depuis 99 jours. Peu de choses bougent sauf les soutiens Mapuche et des non Mapuche solidaires depuis le départ.

 

Amnesty International réitère sa préoccupation face à l'aggravation de la santé du machi Celestino Córdova, qui vient d'annoncer qu'il a entamé une grève de la faim sèche après ne pas avoir reçu l'autorisation d'assister à son rehue et à une cérémonie de renouvellement. La vie du machi est en danger imminent, il est donc urgent de revoir ses conditions de détention et de chercher des alternatives qui lui permettront d'accomplir la cérémonie dont il a besoin pour préserver sa santé.

Amnesty International, qui demande également que tous les Mapuches privés de liberté aient la possibilité de vivre selon leurs croyances, leurs coutumes et leur culture, a envoyé une lettre à la gendarmerie chilienne pour lui faire part de ses préoccupations à ce sujet, mais n'a reçu à ce jour aucune réponse.

En ce qui concerne le cas du machi Celestino Córdova, Amnesty International déclare :

1. En tant que membre du peuple mapuche et dans son rôle d'autorité traditionnelle, le machi Celestino Córdova a le droit établi dans les traités internationaux sur les droits des peuples indigènes, tels que la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail et la Déclaration des Nations Unies sur le sujet, de vivre selon ses coutumes, y compris en ce qui concerne ses croyances spirituelles et les soins de santé.

2. A cet égard, la demande du machi Celestino Córdova pour obtenir un permis de 48 heures pour se rendre à son rehue et procéder à une cérémonie de renouvellement est fondée sur les traités internationaux susmentionnés. De plus, la négation de ce fait met en danger la santé physique et spirituelle du machi, ce qui a déjà été souligné par l'Hôpital Interculturel de Nueva Imperial, l'INDH et le Collège Médical, de sorte qu'en refusant cette demande, la Gendarmerie nie le machi Celestino Córdova qui avait un besoin urgent de soins médicaux.

3. Nous exprimons notre préoccupation au sujet de l'appel à la protection déposé par la gendarmerie et accueilli par la Cour d'appel de Temuco, qui pourrait être interprétée comme une autorisation d'alimenter de force le machi Celestino Córdova. Les prisonniers en grève de la faim, comme tout autre prisonnier, ont le droit de recevoir une attention médicale appropriée. Cela inclut le principe du consentement éclairé, c'est-à-dire d'être informé des conséquences probables de la grève de la faim sur leur santé, et d'avoir le droit de refuser un traitement médical, y compris l'alimentation.

4. Amnesty International s'oppose à l'alimentation forcée de toute personne en possession de ses facultés qui est en grève de la faim si cette alimentation forcée est administrée sans supervision médicale, ou avant qu'il y ait une raison plausible médicale de l'administrer, ou si elle est administrée d'une manière cruelle. Le besoin médical est l'unique raison pour que l'alimentation forcée puisse être compatible avec les droits de l'homme, et que l'alimentation forcée seule doit être administré après une évaluation de la compétence mentale et les besoins de santé du gréviste de la faim, sous supervision médicale continue, et par le personnel avec formation médicale. Deux déclarations fondamentales de l'éthique médicale de l'Association Médicale Mondiale - la Déclaration de Tokyo et la Déclaration de Malte - déclarent que les grévistes de la faim ne devraient pas être soumis de force à un traitement s'ils refusent de le faire et que l'alimentation forcée d'une personne en possession de ses facultés en grève de la faim est injustifiable.

5. Comme toutes les personnes privées de liberté, le fait qu'un machi purge une peine judiciaire dans la prison de Temuco n'affecte pas ses autres droits, et il est essentiel que, dans le cadre des mesures de sécurité qui peuvent être nécessaires, on lui donne les moyens de vivre selon ses croyances, ses coutumes et sa culture. Nous demandons instamment aux autorités compétentes de revoir ses conditions de détention et de rechercher activement des alternatives qui permettront au machi Celestino Córdova de célébrer la cérémonie dont il a besoin pour préserver sa santé et faciliter pour lui et tous les Mapuches privés de liberté de vivre selon leurs croyances, leurs coutumes et leur culture pendant qu'ils sont privés de liberté.

traduction carolita d'un article paru sur le site Mapuexpress : 

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