Mexique- Les mères et les pères des 43 entament une nouvelle Journée de lutte pour la présentation des étudiants en vie

Publié le 22 Janvier 2018

Lors de leur deuxième journée d'activités, ils demandent la remise de vidéos du Palais de Justice d'Iguala pour savoir ce qui s'est passé au Pont du Chipote.

Iguala, Guerrero, 18 janvier 2018.

Près de 40 mois après la disparition des étudiants normalistes, les mères, les pères, les étudiants d'Ayotzinapa,  les organisations et collectifs ont commencé une nouvelle Journée de lutte pour la vérité et la justice des événements qui ont eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 à Iguala, Guerrero. Ils exigent que le gouvernement fédéral suive les lignes d'investigation laissées par le Groupe Interdisciplinaire d'Experts Indépendants (GIEII) de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) pour la recherche vivante des 43 étudiants et de la Cour supérieure de justice de l'État (TSJ) pour la remise de vidéos du Palais de justice d'Iguala pour découvrir ce qui s'est passé le 26 septembre 2014 au pont du Chipote.

Melitón Ortega, porte-parole pour les mères et les pères des étudiants disparus a exigé mercredi dernier, le 17 janvier - devant le Palais de Justice d'Iguala - que les autorités délivrent immédiatement les vidéos du Palais de Justice qui a enregistré les événements du 26 septembre "nous voulons savoir la vérité de ce qui s'est passé sur le pont, c'est notre demande", a-t-il averti.

Lors du rassemblement politique devant le Palais de Justice, les parents ont exigé une enquête exhaustive et la prison pour Lambertina Galeana Marín, qui était alors présidente de la Cour Supérieure de Justice de l'Etat à la date à laquelle les vidéos qui pouvaient rendre compte des faits ont été perdues.

"En tant que mères et pères, nous avons parcouru le chemin légal en exigeant que les autorités éclaircissent le sort de nos enfants, mais jusqu'à ce jour les progrès de l'enquête ont été tronqués. Nous demandons instamment aux autorités de faire leur travail, de rechercher les vidéos, d'enquêter sur les personnes qui ont effacé les enregistrements et de savoir où elles se sont arrêtées pour découvrir la vérité et où se trouvent nos enfants", a déclaré Joaquina García Velázquez.

"40 mois après la disparition de nos enfants", dit Doña Joaquina García," le gouvernement continue de nourrir les mensonges comme la soi-disant "vérité historique" de Murillo Karam, mais où que soient nos enfants, nous savons que nous luttons pour connaître la vérité.

Nous voulons que justice soit rendue parce qu'il n' y a pas seulement 43 personnes disparues, mais aussi des milliers de personnes disparues. Nous ne voulons plus d'injustice. Nous demandons aux autorités d'enquêter sur ce qui est arrivé aux personnes disparues au Mexique et de punir les responsables."

Aujourd'hui, le deuxième jour de protestations, les mères et les pères des 43, les organisations, les syndicats, les étudiants d' Ayotzinapa, la communauté "Emperador Cuauhtémoc", les parents des prisonniers communautaires de la Coordination Régionale des Autorités Communautaires (CRAC-PC) et les collectifs, ont protesté devant la Cité Judiciaire de Chilpancingo où ils ont été reçus par le Président de la Magistrature du Tribunal Supérieur de Justice de l'Etat (TSJ).Alberto López Celis, pour demander une enquête sur les responsables de la perte des vidéos, qui ont été enregistrées par les caméras en circuit fermé du Tribunal supérieur de justice les 26 et 27 septembre 2014, date de la disparition des étudiants normalistes.

Pour sa part, le magistrat s'est engagé à suivre la chaîne qui a suivi les vidéos générées au Palais de Justice d'Iguala et à engager des poursuites internes pour responsabilité pour la perte des vidéos si l'affaire l'était. Il a également promis que dans 10 jours il recevra les parents des 43 pour répondre aux questions posées lors de la réunion.

Il convient de noter qu' à la suite des enquêtes menées par le Groupe Interdisciplinaire d'Experts Indépendants (GIEI), il a été noté qu'un nombre important d'étudiants se trouvaient à bord du bus 1531 de Estrella de oro transportant un grand nombre d'étudiants interceptés par la police d'Iguala, qui ont été violemment débarqués et emmenés par des policiers sans que l'on sache où ils se trouvent jusqu'à présent. Au moins six caméras en circuit fermé avec un large champ de vision auraient pu capter ce qui s'est passé. Toutefois, lorsque les vidéos de ces heures ont été demandées par le GIEI et le PGR, le personnel du Tribunal a indiqué que les enregistrements n'étaient pas disponibles, car ils avaient été remis à la Présidente de la Cour supérieure de justice de l'époque Lambertina Galeana Marín, sans que personne n'explique à ce jour le sort des enregistrements qui auraient pu être essentiels pour élucider le sort des 43 étudiants disparus.

La Journée de la Lutte se tiendra du 17 au 27 janvier 2018, à laquelle s'ajouteront diverses actions pour rappeler que la disparition des 43 étudiants persiste et qu'à ce jour la vérité n'est pas connue, pas plus que les autorités fédérales et étatiques n'ont garanti l'accès à la justice.

traduction carolita d'un article paru sur le site du centre des droits de l'homme Tlachinollan le 18 janvier 2018 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #Ayotzinapa, #Los desaparecidos

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