Poésie amérindienne : Tiffany Midge

Publié le 29 Décembre 2017

Tiffany Midge est d'origine Sioux Hunkpapa et allemande, elle est membre de Standing rock.

Poétesse et auteure au sein d'Indian Country media Network, elle est également rédactrice de poésie pour un magazine d'art multiculturel The raven chronicles.

Elle a édité une collection de poésie du nom de Outlaws ainsi que plusieurs ouvrages dont

Guidant les étoiles vers le feu de camps, conduisant les saumons à leurs lits (Gazoobi Tales)

Elle vit à Seattle et travaille sur un roman ainsi que sur une 2e collection de poésies.

Après avoir vu la chambre pleine de chaussures au musée de l’holocauste, et après avoir visité la galerie des mocassins des Indiens des plaines : Washington, D.C.

Le portrait est clair ;
l’un est de l’art et l’autre
une preuve. L’un est artéfact
l’autre atrocité.
Chacun est interné
derrière la vitre,
avec des diagrammes
et des panneaux,
un témoignage des kilomètres
parcourus. Les deux
sont éculés,
chacun une paire,
l’une est rafistolée
l’autre est perlée.

A la fin du circuit
Puis-je acheter un porte-clés chaussure ?
Recevrai-je
la carte d’identité
d’un de ceux qui ont péri
à Wounded Knee ?

Les mocassins
sont magnifiques. Des perles faites de grains
tissées serrées comme un lacet.
Nous ne pleurons pas
les peaux élégantes des biches,
nous admirons le talent de l’artisan.
Nous ne demandons pas de quelles semelles
ces reliques proviennent.
Nous ne cherchons pas les indices de résistance,
ni les traces de sang.

Nous ne nous préoccupons pas non plus
de savoir s’il était vieux
s’il est mort pendant son sommeil,
ou si cet enfant
faisait du troc pour un sucre d’orge
pour une pincée de viande séchée.
Nous ne faisons aucune supposition
à propos d’un propriétaire originel.

Leurs morts n’ont pas été recueillies,
ne font pas partie d’une installation. Nous
n’absorbons pas leurs fins
violentes et torturées sous
les douces lumières ou sous les ombres dramatiques.

Nous regardons droit
au travers d’elles,
plus invisibles
que les soupirs
des fantômes.
Et puis nous nous dirigeons
vers une autre vitrine,

et puis une autre,
et la suivante,
et encore la suivante
vers une autre collection
de trophées
déposés
derrière un
voile de glace.

http://www.latoiledelun.fr/spip.php?article177

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