Petite lettre au monde

Publié le 25 Novembre 2017

Petite lettre au monde

Les dents d’une arbalète
ont saisi mon envol.
Mon âme est déchirée
à force de tirer mais je ne peux pas
arracher ces verrous
qui traversent ma poitrine.

Sept mille deux cents fois
la lune traversa mon ciel
et autant la liberté dorée
mon rêve a traversé.

Le soleil fait pousser en moi des fleurs,
à quoi bon, si je vois stérile
mon sang entre quatre murs
s’effeuiller en silence ?

Vous ne savez pas ce qu’est un homme,
pris au piège, saignant et déchiré.
si vous le saviez, vous viendriez,
contre vents et marée,
de tous les coins du monde,
avec vos cœurs défaits,
avec vos poings dressés
pour sauver ce qui est vôtre.

Si vous arrivez trop tard
et que mon cœur est déjà froid
comme neige et mes camarades
morts au milieu de leurs chaînes….
Ramassez nos drapeaux,
notre douleur, notre rêve,
les noms que sur les murs
nous graverons d’amour tendre
et dans la solitude de la paroi
vous trouverez mon testament :

Au monde, je laisse tout,
ce que j’ai et ce que je sens,
ce que j’ai été parmi les miens,
ce que je suis, ce que je soutiens :
un drapeau sans larmes,
un amour, quelques vers….

Et sur les pierres tranchantes
de cette cour grise et déserte,
mon cri, comme une statue,
terrible et rouge, en son centre.

Marcos Ana

Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime, #Devoir de mémoire

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