Pérou - Protestations sur le Lot 192 : La communauté native Nuevo Andoas a pris l'aérodrome

Publié le 30 Septembre 2017

Por ALBERTO ÑIQUEN G.

Les indigènes de Pastaza se joignent au rejet du refus du Ministère de la culture, qui a déclaré inappropriée la demande d'un nouveau processus de consultation préalable.

Nuevo Andoas est une communauté quechua située dans le bassin de Pastaza, dans la province de Datem del Marañón, dans la région de Loreto. On y accède par voie fluviale, par une traversée de deux jours à partir de Tarapoto (si ce n'est en voyage en avion de Yurimaguas à San Lorenzo, et de là on traverse les rivières Marañón, Huallaga et Pastaza).

Avec un autre budget vous pouvez arriver en 45 minutes par les airs, en avion de Tarapoto à l'aérodrome de Nuevo Andoas, qui est géré par la société qui opère sur le lot 192. L'aérodrome est essentiellement utilisé par le personnel des compagnies pétrolières, les hommes d'affaires et les touristes. Et est actuellement géré par Frontera Energy.

Depuis vendredi soir 22 septembre, une centaine de villageois l'ont pris pacifiquement en signe de protestation contre le refus du Vice-Ministère de l'Interculturalité de déclarer la demande faite par les fédérations des quatre bassins de Loreto pour un nouveau processus de consultation préalable au prochain contrat que l'Etat signera (probablement avec Petroperú et Frontera Energy) pour exploiter le plus grand lot de pétrole de la région amazonienne péruvienne pendant 30 ans.

Il convient de noter que cette semaine, le Vice-Ministre de l'interculturalité, Alfredo Luna Briceño, a indiqué que l'Etat péruvien reconnaît comme suffisant le processus de consultation préalable qui a eu lieu en 2015 (que les fédérations des quatre bassins de Loreto n'ont pas signé),et qu'un nouveau processus de consultation pourrait être justifié à condition qu'il y ait une nouvelle mesure qui pourrait générer un effet différent de ceux déjà consultés en 2015.

Lors d'une assemblée générale, les comuneros de Nuevo Andoas, appartenant à la Fédération indigène quechua de Pastaza (Fediquep), ont décidé d'initier cette mesure et avec cette action, ils se joignent aux propositions d'autres communautés affectées par l'activité pétrolière dans le Lot 192: le peuple Achuar del Corrientes (Fédération des communautés natives des Corrientes - Feconaco) et le peuple Kichwa del Tigre (Organisation des Peuples Autochtones Kichwas Amazoniens de la frontière Pérou/Equateur - Opikafpe)

"Ce n'est pas une réclamation pécuniaire. Il s'agit d'une revendication de droits fondamentaux. Il s'agit également de réclamer les  non-exécutions de l'État et d'exiger des réponses et des actions concrètes", a déclaré David Chino, vice-président de la Fediquep, lors de l'assemblée qui s'est tenue vendredi soir sur la place de Andoas.

Depuis 2011, des représentants des fédérations des bassins des rivières Pastaza, Tigre, Corrientes et Marañón participent à des groupes de travail avec le gouvernement et ont signé d'importants engagements, tels que le procès-verbal de José Olaya et le procès-verbal du 10 mars. Bien que bon nombre de ces engagements n'aient pas été tenus sur certains points, les progrès ont été très limités sur d'autres.

traduction carolita d'un article paru dans Kaosenlared le 25 septembre 2017 : 

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