Etats-Unis : Pojoaque Pueblo

Publié le 12 Octobre 2017

By Office of United States Congresswoman Heather Wilson (R- New Mexico) - http://wilson.house.gov/About.aspx, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5580521

Peuple autochtone des EU qui fait partie des Pueblos et qui vit au Nouveau-Mexique.

Les Pojoaque Pueblos font partie des 8 pueblos du nord. Ils sont une entité tribale reconnue par le gouvernement fédéral.

Ils vivent dans le comté de Santa Fé au Nouveau-Mexique.

 

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La première mission espagnole construite dans leur village est San Francisco de Pojoaque.

Le village est abandonné lors de la révolte des Pueblos en 1680 et réinstallé en 1706.

Autodésignation : P'owhogeh Ôwigeh = lieu d'eau potable

C'est l'un des plus petits pueblos Tewa

Population : 200 personnes

Langue : dialecte tewa des langues kiowa-tanoanes

 

Histoire et origine

On pense que les Pueblos descendent des cultures Anasazi et peut-être Mogollon ainsi que d'autres peuples historiques.

Ils ont appris d'eux l'architecture, l'agriculture, la poterie et la vannerie.

Dans un contexte de stabilité ils ont eu du temps à consacrer à la religion , aux arts et à l'artisanat.

En 1539 Estevan explore la région avec l'expédition de Coronado et visite les Acomas. L'année suivant ils accueillent Hernando de Alvarado membre de la même expédition.

expéditions coronado et hernando de alarcon 1540/1542- Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=146759

En 1598 Juan de Oñate est chargé de conquérir et installer une colonie au nord du Rio Grande. La découverte de mines d'argent attire l'attention de México qui a des projets de colonisation également. L'Espagne et le Mexique ne sont pas attirés par cette région aride et d'apparente pauvreté et ils s'en prennent aux Pueblos en 1599.

Les guerriers Pueblos et 800 Acomas sont massacrés par Oñate, les prisonniers de sexe masculin de plus de 25 ans sont réduits en esclavage. Ils détruisent le village des Acoma, les survivants reconstruisent et consolident plusieurs sites agricoles.

En 1601 le Nouveau-Mexique est en proie à une sanglante répression sous le joug de l'Espagne.

Santa Fe est construite en 1610 pour devenir la capitale de la colonie naissante.

 

santa fe en 1846 - Par http://arcweb.archives.gov ARC Identifier: 530944, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=865501

La colonisation se fait sur l'exploitation des peuples indigènes et devient légale au Nouveau-Mexique.

Le système de l'encomienda arrive dans les colonies dès le début, permettant aux colons espagnols d'avoir de l'autorité sur un groupe d'indigènes devant travailler pour eux sous une forme d'esclavage. Les colons bénéficient ainsi qu'une main d'œuvre gratuite. Ils devaient en contrepartie éduquer et christianiser les indigènes.

encomienda

Au XVIe siècle les espagnols explorent le Nouveau-Mexique actuel avec de le coloniser au XVIIe siècle.

La région sera faiblement colonisée, l'immigration reste inférieure à celle du Mexique. Une économie d'élevage se met en place sous les incursions et les pillages des Comanches et des Apaches.

Les espagnols amènent avec eux des maladies inconnues par les autochtones qui sont vite décimés par la variole et la population du Nouveau-Mexique chute.

En 1629 les colonies passent dans les mains des franciscains qui instaurent la théocratie pour évangéliser les amérindiens. Les espagnols renomment les villages du nom de leurs saints, commencent à construire des églises, introduisent de nouvelles cultures comme les pêchers, les poivrons dans la région.

Une série de catastrophes naturelles, d'épidémies s'abat sur la région en 1636/1640 et les franciscains qui se sont fait passer pour les chamanes puissants auprès des amérindiens semblent impuissants face à cela. De plus ils sont impuissants pour repousser les raids des Apaches. Des abus sexuels semblent fréquents de leur part y compris l'exploitation des travailleurs (forme d'esclavage). D'autant plus que le pâturage du bétail a semé la désolation sur les terres agricoles provoquant sécheresse, érosion et famine.

Les Pueblos reprennent alors foi en leurs rituels mais en cachette car on leur interdit et ils sont soumis à des mesures de répression quand les franciscains s'en aperçoivent.

Les révoltes des Pueblos

Une première révolte éclate en 1639 à Taos et à Jemez, franciscains et soldats sont tués.

En 1680 a lieu une seconde révolte des Pueblos qui va être très violente. Le 10 août ils massacrent des franciscains en pleine messe, volent des chevaux et du bétail dans le nord de la colonie.

L'insurrection gagne vite tout le Nouveau-Mexique.

Le 13 août Santa Fe est prise d'assaut par les Pueblos qui reçoivent l'aide des Apaches. Les espagnols battent en retraite le 20 août, les colons se réfugient à Ciudad Juarez actuel.

La domination des Pueblos est de courte durée, émiettement de la fédération Pueblo permet la reconquête du Nouveau-Mexique par les espagnols. Les Pueblos seront attaqués en 1692, leur résistance sera anéantie. Plus de 400 d'entre eux seront faits prisonniers et vendus comme esclaves aux Antilles.

Les Pojoaque participent activement à la révolte des Pueblos en 1680 contre les espagnols. Ils en souffrent beaucoup par la suite, les espagnols prennent leurs meilleurs terres, la tribu est décimée et éparpillée et ne peut rétablir son village qu'en 1706. La plupart de la population est absorbée par d'autres Pueblos.

En 1696 le Nouveau-Mexique est sous contrôle colonial, les Pueblos ne se révolteront plus..

Au cours du 18e siècle s'abattent des épidémies de varioles, des raids des Apaches et des Comanches, des Utes, ils se battent encore parfois avec les espagnols contre les tribus nomades.

La religion est exercée en secret, les mariages ont lieu ainsi que des échanges réguliers entre villages hispaniques et Pueblos, une nouvelle culture mexicaine ni espagnole ni amérindienne en découle.

Les mexicains continuent d'exploiter la région et les terres, ainsi que l'eau des Pueblos, donnent plus de place aux tribus nomades qui continuent leurs raids.

Au cours du 19e siècle le processus d'acculturation s'accélère, les Pueblos s'accrochent de plus en plus à leur identité propre.

En 1880 l'arrivée du chemin de fer met fin à l'isolement géographique traditionnel des Pueblos.

Au cours du 19e siècle, la population Pojoaque est si faible (32 personnes en 1870) que le peuple ne peut plus tenir ses cérémonies. La perte de base foncière contribue à la fin de la tribu, des personnes partent rejoindre d'autres Pueblos, les documents prouvant les droits fonciers ont été perdus bien que les EU confirment leurs droits.

Au début du XXe siècle le pueblo de Pojoaque est en partie abandonné et devient un important établissement hispano-américain dans les années 1930.

Une poignée de familles décident alors d'y revenir et sont expulsées par les non-amérindiens qui clôturent le terrain.

Antonio Jose Tapia contribue à rétablir le village à cette période.

Le gouvernement américaine fait un paiement pour les pertes subies au fil des ans, ce qui incite au bout du compte les autres Pojoaque à revenir dans leur pueblo d'origine.

Dans les années 1920 le conseil All Indian Pueblo recommence en réponse à la menace du congrès sur leurs terres, celles-ci seront confirmées en 1924.

Le BIA (bureau des affaires indiennes) amplifie le phénomène d'acculturation en forçant les enfants des Pueblos à se rendre dans des pensionnats ce qui détruit peu à peu les cultures traditionnelles.

Après la seconde guerre mondiale la gestion de l'eau devient le problème le plus important des Pueblos.

L'artisanat et le commerce deviennent des activités économiques primordiales à cette période.

Depuis la fin du 19e siècle ils font face aux attaques et aux sollicitations des anthropologues et des chercheurs sur la spiritualité amérindienne.

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Religion

Dans la cosmovision des Pueblos, religion et vie sont inséparables. Etre en harmonie avec la nature est un idéal et un mode de vie. Le soleil est le représentant du créateur, les montagnes sacrées présentes dans chaque direction cardinale, le soleil est au-dessus et en-dessous la terre ce qui domine l'équilibre du monde.

Il y a des cérémonies religieuses autour du temps ou pour favoriser les pluies.

Le pouvoir des kachinas est important, ce sont des êtres sacrés vivant dans les montagnes et dans des lieux saints, auxquelles ont organisent des danses et des chants.

Contrairement aux autres Pueblos, chez les Pojoaque les saisons ne sont pas délimitées par le solstice mais par le changement réel de saisons. Un cacique d'été et un cacique d'hiver sont nommés à vie pour surveiller le village.

La société est divisée en 2 groupes, l'été (associé à la kiva de la courge) et l'hiver (associé à la kiva de la turquoise), les groupes sont patrilinéaires, eux-mêmes divisés en clans.

Les kivas

Ce sont des pièces qui sont en général de plan circulaire et semi-enterrées utilisées par les pueblos pour les rituels religieux.

Sur le sol se trouve au centre un petit trou bouché ( sipaapu) par une pièce de bois ouverte durant les rituels.

Ouvrir le sipaapu, c’est communiquer avec ceux du dessous, ceux qui sont morts ou pas nés. La kiva a un trou dans le plafond qui débouche sur le sol du village. La descente se fait par une échelle. Les murs à l’intérieur sont assimilés aux parois du monde.

Les kivas servaient aux pueblos hopi, zuñi, zia et taos. Elles servent encore à certains d’entre eux entre autre de chambre de cérémonie, de retraite, de lieu de réunion etc…..

Organisation sociale

Le chef du village est le chef religieux ou cacique. Sa responsabilité c'est regarder le soleil et déterminer les dates des cérémonies. le capitaine de guerre est choisi à vie tout comme le chef du village. Un groupe de fonctionnaires moins puissant agit également.

Un mécanisme qui maintient la cohérence des sociétés pueblos est l'aversion pour le comportement individualiste.

Les enfants sont élevés avec douceur, et un minimum de discipline.

Les pueblos sont généralement monogames, le divorce est rare.

Il existait 20 clans matrilinéaires chez les Pueblos.

L'économie du village était basée sur le travail partagé, les produits étant partagés en parts égales.

 

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Le village (pueblo)

 Les villages pueblos sont souvent constitués d'étages et d'appartements faisant face au sud, au-dessus d'une table (mesa) de 350 pieds de haut. Le niveau inférieur sert au stockage. Les bâtiments sont construits en adobe (terre et paille) avec des poutres sur le toit couvert de poteaux, d'herbes et de plâtre. Le toit d'un niveau est le plancher d'un autre.

Les niveaux sont interconnectés par des échelles.

Il n'y a pas de porte ni de fenêtre, l'entrée se fait à travers le toit par une échelle.

fours -RELBU, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=57904969

Des fours de cuisson se trouvent à l'extérieur des bâtiments. L'eau est obtenue par 2 citernes naturelles.

La place du village est le centre spirituel du villahe (c'est ici que toutes les forces équilibrées du monde se rejoignent.)

Les ressources

Avant la colonisation les pueblos étaient agriculteurs, leurs cultures étaient le maïs, les haricots, les courges, les citrouilles, et aussi le tournesol et le tabac. Ils chassaient le chevreuil, le lion de montagne, l'antilope, l'ours, les lapins. Les hommes allaient parfois chasser le bison dans les plaines, les femmes  récoltaient des graines sauvages, des noix, des baies.

Les espagnols apportent avec d'eux d'autres ressources alimentaires qui seront rapidement intégrées par les pueblos : luzerne, blé, moutons, bétail.

Ils pratiquent l'irrigation avec des barrages et des terrasses.

Ils faisaient partie d'un vaste réseau de communication allant dans toutes les directions, échangeaient avec les hispanophones et les commerçants américains. Ils échangeaient des objets en coquillage et du cuivre, de la turquoise.

L'artisanat

L'artisanat dans le monde Pueblo est inséparable de la vie.

La poterie traditionnelle exprimait des croyances profondes , elle sera très appréciée dès le 20e siècle par un large public extérieur aux Pueblos. Ils élargissent leur design au 20e siècle et s'adaptent au marché international.

Leur artisanat comprenait également les paniers, les rambours, les ornements en coquillages et turquoises, les chansons, les danses, les drames qui faisaient aussi partie de l'art traditionnel.

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De nos jours

Pojoaque Pubelo de nos jours est un important employeur dans la région, il y a plusieurs entreprises commerciales et des opérations de jeux, 3 sites de casino. Le musée Poeh a été ouvert en 1987.

La réserve a une superficie de 7.5 km2.

La rivière Pojoaque s'écoule dans les montagnes Sangre de Cristo du lac Nambé vers l'ouest vers le Rio Grande.

Le gouverneur peut-être une femme, il est élu chaque année. Le conseil tribal comporte des femmes également et se réunit toutes les 2 semaines.

Les revenus de la réserve sont répartis entre tous les membres tribaux. Les membres de la tribu sont prioritaires pour les emplois. Il y a peu d'activité agricole et d'élevage mais par contre une activité artisanale importante (poterie). Le taux de chômage est faible.

source + wikipedia

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Nouveau Mexique, #Pojoaque pueblo

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