Plume de fougère à tremper dans l’encre de la liberté

Publié le 12 Juillet 2017

Je chevaucherai les nuages
Sur le dos de mon petit cheval de Przewalski
Galopant
Galopant
Au noir galop
Ailes de corbeau
Aux rouges foulées refoulées défoulées
D’un coquelicot éphémère
Entière promesse de l’aube
Matin réveillé par la brume provisoire
Tel l’arrosoir du temps
Inoculant le virus de la liberté
Pleut pleut pleure
Larme bienfaitrice
Eau d’œil délavé par l’iris frais consumé
Dans la délicate flaque de ta résistance
J’écrirai le poème de l’errance
Il n’y a nul cheval sauvage nul petit fougueux
Qui se laisse dompter par la vie
Il n’y a nulle liberté
Dans le lit du ruisseau
Pierre dure pierre cahotée par les flots
Barrière minérale barrière
Erigée mot à mot
Maux à maux
Maudissant la hauteur des circonstances
Evadant son coquelicot par la brèche
Anticonstitutionnelle brèche bouche entrouverte
Un arc-en-ciel de lumière brille entre tes dents
Une goutte de rosée imite la gouvernance des humbles
Tirer par les cheveux la misère
Tordre le cou aux tourments
Piétiner
Sabots de cristal trempés dans l’encre de la certitude
Ecraser
Pilon d’obsidienne dans mortier de granite
Poussière d’étoiles de pierre
Buvard et écumoire des souffrances révolues
Metate de quartz échauffé par les pouvoirs
Imposés par la trique
Je moudrai le grain nouveau
Avec les sabots de la liberté des hommes
Je pilerai le mil dans le mortier profond A-bras-de cœur
Hissant le pavillon rouge et noir de l’espérance
Laissant de côté mon provisoire sac à souffrance
J’irai nourrir l’estomac creux de la planète dans son nid
J’entrerai ma poésie becquée à becquée
Dans l’ouverture joyeuse et en attente de fruits chauds et blonds
Je livrerai bataille
En insistant sur l’accent noir sur le ton et sur la robe du mot
J’adoucirai le flux
En caressant la promesse des lettres bien rangées
En ordre de combat
Dans la poésie de la vie qui signe l’anarchie
Avec en figure de proue une jolie figure de bois
Sourire de fée des mers
Sur le dos de la vague ma nouvelle monture
Je galoperai mon mustang aura pris la clé des ondes
Mon petit Pzrewaslki tatoué à l’ocre blonde des murs
Oublié le temps d’un galop au son des nuages
Dans la mandoline de l’entre-deux
Je puiserai le La qui entre le pain dans les gosiers
Avides
Je puiserai le vin
Qui irriguera les glottes aux désirs de conquêtes
Démesurées.

Carole Radureau (12/07/2017)

Par Bouette. — Photo personnelle de Bouette., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1962964

Par Bouette. — Photo personnelle de Bouette., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1962964

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

Repost 0
Commenter cet article

almanito 12/07/2017 13:55

J'aime beaucoup tes lettres en ordre de combat, image qui illustre parfaitement ta poésie en général. C'est une ode fougueuse à la liberté, pleine de nobles symboles, très réussi, bravo.

caroleone 12/07/2017 14:41

Tu sais je me ramollis néanmoins, en ce moment c'est pas ça.....
Mais là après un bon petit galop poétique sur un cheval qu'il est impossible de monter, ça m'a redonné la pêche !!
J'aimerais que la muse reprenne du poil de la bête parce que je sais bien que j'ai encore un stock de choses à dire.

Sonia alia ambreobscur sur fb 12/07/2017 13:27

Tes poèmes sont tjrs magnifiques un régal. Et presque tjrs je me permets de les repercuter sur fb ou ailleurs. J epere que tu ne m en tiendras pas rigeur. Je suis une abonnee a ton blog de longue date . Je sais aussi que tu es sur fb mais je préfère ici
Amitiés

caroleone 12/07/2017 14:39

Merci à toi Sonia, ça me fait plaisir que tu apprécies et je te remercie de ta fidélité. Pas de problème pour diffuser, ma poésie est libre de droit, au contraire ça me touche beaucoup. Si un jour tu veux m'inviter sur fb n'hésites pas.