Guatemala, le peuple Xinka exige l'arrêt de l'activité minière

Publié le 27 Juillet 2017

La semaine dernière des centaines d'habitants xinkas se sont mobilisés vers la capitale guatémaltèque, en exigeant la fermeture définitive du projet minier El Escobal et le respect de leur identité en tant que peuple originaire. On utiliserait 1253 m3 d'eau par jour pour extraire les minerais ce qui équivaut à ce qu'une famille paysanne consommerait en moyenne en 96 ans.
Le projet minier El Escobal, aussi connu comme Oasis, est placé dans les départements de Santa Rosa et de Jalapa, dans la région sud-est du pays, sur une zone de 40 km ².

En 2006 le Ministère de l'Énergie et des Mines (MEM) a autorisé, sans consulter la population, un permis d'exploration à l'entreprise Entre Mares de Guatemala S.A., subsidiaire de la Canadienne Goldcorp Inc.

En 2010 Goldcorp a vendu les droits miniers à Tahoe Resources Inc., avec des bureaux aux États-Unis et au Canada, qui a constitué à son tour la subsidiaire locale Minière San Rafael.

Un an après, le Ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles (MARN) a approuvé une étude d'impact sur l'environnement qui présentait de grandes erreurs et peu de rigueur technique. 

Il n'a pas non plus considéré les impacts sur l'environnement, sociaux et des droits de l'homme des activités minières.

Résistance communautaire


La répression se détache


Les communautés xinkas affectées par le projet ont créé le Comité de Défense de la Vie et de la Paix de San Rafaél Las Flores. À côté du Collectif Madre Selva et le conseil juridique du Centre d'Action de Justice, Environnemental et Social du Guatemala (Calas), ils ont présenté quelques recours d'opposition devant le MEM et le MARN, mais ils n'ont jamais obtenu de réponse 

Des consultations ont été aussi réalisées dans différentes municipalités de la zone dans lesquelles plus de 90 pour cent de la population a voté contre les activités minières, cependant cela n'a pas arrêté le projet El Escobal.

Le permis d'exploitation en argent, en or, en plomb et en zinc a été approuvé en 2013, au milieu de fortes protestations qui ont été réprimées par les militaires après l'installation d'un état de siège et la suspension temporelle de droits et de liberté.

Pendant les années successives, la répression détachée par les corps répressifs de l'État et des agents de sécurité privée de la Minière San Rafael (Tahoe Resources Inc) a laissé un solde tragique de morts et blessés.

La dernière attaque a été perpétrée en janvier de cette année, quand Laura Leonor Vásquez Pineda, membre du Comité de Défense de la Vie et de la Paix de San Rafael Las Flores, a été assassinée de plusieurs coups de feu dans la tête.

Le Rapport final de la Troisième Mission Internationale sur le Droit à l'alimentation au Guatemala que la Rel-UITA a intégré remarquait l'accaparement et la pollution de l'eau, la déforestation, les affectations de la biodiversité, ainsi que la contamination, l'accaparement et  lechangement de l'utilisation des terres comme les principaux effets dont souffrent les habitants des communautés affectées.

Conformément au Rapport, l'entreprise utiliserait 1253 m d'eau par jour pour extraire les minerais ce qui correspond à ce qu'une famille paysanne consommerait en moyenne en 96 ans.

Fermeture définitive d'El Escobal!


Mobilisation Xinka


Malgré tant de violence, les communautés Xinkas ne se sont jamais permis de plier.

Avec le soutien du Calas ils ont présenté de nouvelles actions d'amparo, en alléguant la violation du droit à la consultation préalable libre et informée établi dans l'Accord 169 de l'OIT sur les Peuples Autochtones et Tribaux.

Selon les habitants, le MEM ne les a jamais consultés avant d'octroyer les permis, parce qu'il se refuse à reconnaître la présence d'indigènes Xinka dans les zones où opère la minière.

Finalement, le 22 juin dernier, la Cour Suprême de Justice a émis une résolution dans laquelle il commande de suspendre les permis “El Escobal” et “Juan Bosco“ de la Minière San Rafael. 

Comme conséquence du jugement judiciaire, la minière canadienne devra arrêter tout de suite les extracteurs placés à Mataquescuintla, Nueva Santa Rosa, Casillas et San Rafael Las Flores.

Pour exiger la sortie définitive de la minière des territoires et pour réclamer le respect pour leur identité en tant que peuple originaire, des centaines d'habitants xinkas se sont mobilisés vers la capitale et se sont concentrés dans les environs de la Cour Constitutionnelle.

"Nous n'avons pas besoin des mines pour vivre. Nous avons besoin de l'eau. Dehors la mine de San Rafael!", ont repris en choeur les manifestants.

“L'or ne vaut pas une vie et son argent n'achète pas l'avenir de nos enfants. La terre mère ne se vend pas. Nous allons continuer de lutter et de défendre notre territoire”, a déclaré le Parlement du Peuple Xinka dans la convocation à la mobilisation.

traduction carolita d'un article paru dans Rel uita .org le 25 juillet 2017 : 

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