Mexique- A 11 ans du massacre d'Atenco, les plaintes continuent contre la police

Publié le 5 Mai 2017

Au moins onze femmes qui ont été victimes de torture sexuelle durant le massacre de San Salvador Atenco, état de México,continuent avec des actions nécessaires à la Commission Inter-américaine des Droits Humains (CIDH) pour que les responsables soient sanctionnés et aient affaire à la justice, a informé le Centre Pro DH dans le cadre du onzième anniversaire de l'opération policière qui  arrêté 207 personnes dont 47 femmes.

Les onze survivantes espèrent que le procès contre l'état avec le soutien de la CIDH soit un frein à la torture sexuelle dans le pays et marque un précédent dans d'autres parties du monde. Après avoir déposé la plainte, le gouvernement mexicain sera obligé de répondre aux accusations dans les prochaines audiences publiques de l'organisme.

Ensuite la déclaration complète : 

A 11 ans de Atenco les survivantes de la torture sexuelle restent sans justice ni vérité

Avec l'affaire devant la cour des droits humains elles espèrent faire avancer les choses contre la torture.

S'ajoutent à la plainte contre la torture, Taylin Clotet et María del Sol Vásquez, torturées par la police fédérale et par l'agence de recherche veracruzana, respectivement.

Ville de México, 3 mai 2017. Les 11 femmes dénonçant la torture à Atenco sont arrivées à la Cour Inter-américaine des Droits Humains (Cour IDH) pour les faits de répression à San Salvador Atenco et Texcoco, des 3 et 4 mai 2006 et espèrent que leur cas crée un précédent pour avancer contre la torture sexuelle.

L'état mexicain est accusé devant la Cour IDH pour avoir torturé sexuellement les 11 femmes, mais aussi parce que le cas reste dans l'impunité.

Il n'a pas été recherché en particulier la chaîne de commandement qui a rendu possible par acte ou par omission dans le cadre de l'opération policière que soient commises des violations des droits humains. Au cours des prochains mois, la Cour IDH décidera les détails de la tenue des audiences publiques sur le cas, où le gouvernement mexicain devra répondre aux accusations.

Les survivantes d'Atenco ne cessent leur lutte pour la vérité, la justice et l'éradication de la torture sexuelle au Mexique comme technique pour démobiliser, réprimer et fabriquer des coupables. Pour rendre visible la problématique et se solidariser avec d'autres femmes, elles ont lancé il y  trois ans la campagne " Briser le silence. Toutes ensemble contre la torture sexuelle"; cette campagne est actuellement composée de 24 femmes de différentes régions du pays : nord, centre et sud. Et pour cet anniversaire s'y ajoutent Taylin Clotet Wang, torturée dans la ville de México par la police fédérale (PF) et María del Sol Vásquez, torturée par l'ancienne Agence de recherche veracruzana (AVI).

Au cours de ces années, des organisations internationales et des journalistes se sont prononcés sur la torture au Mexique. Rappelons qu'en 2015, le rapporteur spécial sur la torture et d'autres traitements et peines cruels, inhumains et dégradants, Juan E.Méndez a souligné que la torture est une pratique généralisée dans le pays, et dans ce contexte a également parlé de la torture sexuelle (2).

De plus, en 2016 Amnesty International a présenté "Survivre à la mort. Torture des femmes par des policiers et des forces armées au Mexique" (3) qui a révélé que les femmes détenues au Mexique souffraient d'abus sexuels réguliers aux mains des forces de sécurité, qui cherchent à obtenir des confessions et augmenter les chiffres pour faire voir qu'ils sont en train de combattre la délinquance organisée galopante.

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 3 mai 2017 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #Atenco, #indigènes et indiens

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