Le pissenlit de l'enfance

Publié le 16 Avril 2017

Le pissenlit de l'enfance

le pissenlit de l'enfance cligne toujours de l'œil
et j'ai retrouvé dans le trèfle rose le sourire de mes 8 ans, perdu
agneau parmi les agneaux
douceur extrême
flocons de laine trop douce
petites jambes gambadant à perdre haleine
les hautes herbes étaient des refuges pour les rêves cachés
des rêves d'indiens qui s'étaient invités comme par magie
de flèches puissantes
en arc tendus vers l'espérance
volaient les rêves vers un horizon tourné à la gauche du monde
l'aubépine de l'enfance n'a jamais perdu son style et sa puissance
réside dans son arôme unique
dans son abri sûr
il ne faut pas oublier qu'une seule aubépine avait la couleur rouge
de l'avenir
sur son seuil se tenaient les désirs tus et les siestes de couleur rouge
la rhubarbe de l'enfance érige encore ses palissades odorantes
et sa fleur sauvagement élaborée
est une invitation au voyage
au voyage dans la tête car n'est-ce pas le plus beau
au voyage privé sans vol qui prive d'air l'air et le déplacement des nuages
celui où l'on rencontre de doux agneaux inconnus
qui ont dans les yeux
des rêves rouges et noirs des rêves d'enfant perdu
le narcisse de l'enfance n'a pas perdu sa puissance de tir
ses délicates jupettes et ses ambitions profondes
sont une magie de chaque jour
quand dans un parfum unique dans une dégoulinure tendre de sève
se colle à tes bras ton enfance heureuse dans le havre de paix d'un jardin-barricade
tu revis une à une les gambades les glissades les cours de tir à l'arc et les constructions enfantines
la pimprenelle de l'enfance est une rosette de feuilles évidentes
tournées vers le saladier
la pivoine revêt sa robe sacrée
la nature qui reste elle-même a fertilisé le jeune esprit si ouvert à l'aventure
il y avait la poésie cachée dans chaque plante dans chaque herbe dans chaque arbre
une muse s'était glissée clignant son œil de pissenlit
attendant la cueillette
et quand les 8 ans se soldèrent par un non lieu
la muse était prête à l'action
chaque jour accompagnent les grands-parents de l'agneau trop doux pour affronter la vie
chaque jour la force se lit là où on ne songe pas la trouver
l'édifice était branlant
mais la force de la conviction
les plumes en barricade
les pierres en cercle
les fleurs en boutonnière de nuage
ont ébauché peu à peu une stabilité
de doux agneaux sont nés forts et beaux
de doux agneaux se sont faits compagnons
tendres et patients
le pissenlit de l'enfance parfois s'envole en graines d'espérance
en pleurs oubliés et en sourires confiants
semer ses fruits là-bas où attendent des petites pensées en devenir
il fertilise il apprend il offre il tend
il ne faut jamais passer devant un pissenlit
sans le saluer.

Carole Radureau (16/04/2017)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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almanito 16/04/2017 10:12

C'est une chance que d'avoir été élevée dans la nature, seuls les enfants savent s'en émerveiller et c'est ainsi que naissent les poètes. Très belle évocation, Caro

caroleone 16/04/2017 14:45

Oui c'est une chance, un marbre dans lequel se glissent subrepticement les ans avec leur mémoire.