Honduras- Le COPINH célèbre 4 ans de résistance et de lutte de la communauté de Río Blanco en défense du río Gualcarque

Publié le 6 Avril 2017

Le 1er avril 2017, le Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (COPINH) a célébré le quatrième anniversaire de la lutte de la communauté Río Blanco pour la défense de la rivière sacrée Gualcarque. Ce fut un jour comme celui-ci en 2013 où le peuple Lenca de cette communauté située dans la municipalité d'Intibucá
 a commencé à s'opposer au projet hydroélectrique létal illégal Agua Zarca impulsé par l'entreprise hondurienne Desarrollos Energéticos S.A. (DESA).
"Ce sont 4 ans de lutte ardue, constante, avec des menaces de pots-de-vin voulant acheter nos consciences avec de fausses promesses, des intimidations et des assassinats de nos compañeras et compañros de la part de l'entreprise DESA à qui l'état du Honduras a octroyé dans une concession notre Río, sans nous consulter", a écrit le COPINH sur sa page Web. Le projet s'est imposé à Río Blanco grâce à l'achat illégal de terres, à la violation du droit à la consultation du peuple lenca, reconnu par l'article 169 de l'OIT qu'a ratifié le Honduras, et une répression extrêmement violente qui a laissé 5 membres assassinés du COPINH, entre lesquels la coordonnatrice Berta Cáceres, criblée de balles par des sicaires le 2 mars 2016 à son domicile de La Esperanza, municipalité voisine d'Intibucá, où se trouve le siège du Conseil.

Le village de Río Blanco a célébré l'anniversaire dans la communauté, en criant des consignes telles que : "Berta Vive Vive!: La lutte Continue!" et : "D'où est venu l'assassinat ? De DESA!". Une année après l'assassinat de la défenseur(e) lenca, le COPINH exige que les auteurs intellectuels de l'assassinat soient jugés, en pointant directement les responsables de l'entreprise DESA. Une récente information d'OXFAM, de Lands Right Now et des Défenseurs Madre Tierra abonde dans ce sens et dénonce : "Les faits et les circonstances autour de l'assassinat de Berta Cáceres mettent en évidence la nécessité de ce que le Ministère public du Honduras amplifie et approfondisse l'investigation des actes supposés de corruption et le trafic d'influences sur l'octroi de permissions du projet hydroélectrique Agua Zarca".
"Ils ont pensé qu'en tuant le corps ils tueraient la pensée et les idées qu'elle a partagées avec nous et qu'elle nous a appris", a écrit le COPINH sur sa page. "Mais nous continuons notre cheminement pour libérer cette rivière sacrée des intérêts mesquins de certains entrepreneurs qui chaque jour veulent dépouiller nos territoires. Ici, personne ne se rend!".

Pendant la cérémonie, un membre du COPINH a mis en évidence deux moments historiques dans la marche de Río Blanco contre Agua Zarca. D'abord, le moment appelé "exercice de contrôle territorial" : les défenseurs du Gualcarque "faisaient des mobilisations pour passer par les lieux où Agua Zarca construisait le projet hydroélectrique, passant également par les installations où le personnel de DESA dormait et avait ses salles à manger, et aussi par le logement de l'entreprise Sinohydro". Deuxièmement, la sortie de l'entreprise chinoise Sinohydro, qui impulsait initialement la construction d'Agua Zarca avec DESA, le 15 juillet 2013 : "C'est un autre moment important qui donne un espoir et une très forte impulsion à cette communauté."
"Comme compañeros que nous sommes au COPINH, nous devons être forts et fermes parce que c'est le legs que la compañera Berta nous a laissé", a partagé un défenseur du Río Blanco pendant la cérémonie. "Nous devons continuer, ne pas nous démoraliser, mais nous donner de la force, parce que nous sommes dans la défense de notre territoire et nous ne l'avons pas terminée", a-t-il ajouté.

Le COPINH continue sur le pied de lutte pour défendre la rivière Gualcarque d'Agua Zarca et exige que la banque Centroaméricaine d'Intégration économique (BCIE), la banque de développement hollandaise FMO et la faction de développement finlandais FINNFUND retirent définitivement tout type de financement à ce projet hydroélectrique illégitime.

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site Otros Mundos Chiapas le 4 avril 2017 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Honduras, #indigènes et indiens, #pilleurs et pollueurs

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