Etats-Unis : La nation Mohegan

Publié le 10 Avril 2017

 

chef Uncas

Peuple autochtone qui faisait autrefois partie de la nation Pequot, peuple de langue algonquienne situé dans le centre sud de la Nouvelle Angleterre.

Au moment des premiers contacts avec les européens, les Mohegans et les Pequots étaient une entité tribale unifiée vivant dans la région sud-est du Connecticut.

Les Mohegans prennent leur indépendance progressivement car les Pequots qui étaient hégémoniques dans la région avant la colonisation avec un important empire commercial et leurs groupes tributaires.

Mais avec l'aide des colons puritains anglais, les Uncas, les Wequash et les Narragansetts détruisent le principal village fortifié des Pequots à Mystic, puis le reste de la tribu lors de la guerre des Pequots, un conflit qui prend fin avec la mort de Sassacus de la main des Mohawks.

Sous la direction du sachem Uncas les Mohegans seront considéré comme une nation tribale distincte par la suite. Le nom Uncas est une variante du nom algonquien wonkus qui veut dire renard.

Le mot mohegan traduit dans les langues algonquiennes pequot et mohegan veut dire le peuple du loup.

Ils perdent au fil du temps la propriété de leurs terres tribales et leur statut tribal.

En 1978, le chef Rolling Cloud Hamilton demande la reconnaissance fédérale des Mohegans.

En 1994, le groupe majoritaire des Mohegans est reconnu comme tribu Mohegan des indiens du Connecticut désignée comme successeur d'intérêt pour l'entité autochtone connue sous le nom de tribu indienne Mohegan. Une réserve leur est attribuée, la réserve Mohegan près d'Uncasville dans le comté de New London. Elle exploite 2 casinos, 1300 personnes y vivent.

La tribu Mohegan, malgré un nom presque similaire ne doit pas être confondue avec la tribu Mohican ou Mahican (Stockbrige Mohican) partageant certes une langue et une culture algonquiennes mais constituant une autre branche linguistique. Les Mohicans étaient traditionnellement situés le long de la rivière Hudson dans l'est de New York et le long de la rivière Housatonic supérieure dans l'ouest du Massachussetts.

 

image

Lutte pour la reconnaissance tribale

En 1931 la famille Tantaquidgeon construit le musée indien de Tantaquidgeon sur la colline Mohegan pour abriter les objets et les histoires tribales.

C'est l'un des premiers musées détenu et exploité par des amérindiens.

En 1933 John E Hamilton ou chef Rolling Cloud a été nommé grand sachem par sa mère Alice Storey par un processus de sélection traditionnel basé sur l'hérédité. Elle était en effet descendante directe du leader Uncas, leader du XVIIe siècle de la nation Mohegan et de Tama Quashad, sachem de la nation Pequot. Dans la tradition Mohegan, la position de la direction tribale est souvent héréditaire par la lignée maternelle.

John Hamilton poursuit la revendication territoriale à la fin du XXe siècle Il dépose un certain nombre de revendications territoriales autorisées par le conseil des descendants des indiens Mohegans. Il y avait alors 300 membres dans la tribu.

A sa mort en 1988 la demande de reconnaissance fédérale est relancée mais la conclusion du bureau des affaires indiennes (BIA) était que les Mohegans n'avaient pas satisfait au critère de la continuité documentaire dans la communautés sociale et l'autorité politique et de l'influence en tant que tribu à travers le XXe siècle.

En 1990 le groupe Mohegan dirigé par le chef Courtaldn Fowler présente une réponse détaillée avec une compilation des généalogies complètes et d'autres documents y compris ceux relatifs à l'église de la congrégation Mohegan à Montville.

En 1994 la BIA reconnaît effectivement que la tribu a bien une continuité sociale et politique au milieu du XXe siècle et donc la tribu Mohegan des indiens du Connecticut MTIC a été reconnue comme nation tribale souveraine.

Le groupe Fowler a décidé que l'appartenance de la tribu serait limitée aux descendants documentés d'un seule groupe familial de 1860 ce qui exclut certains adeptes des Hamilton. La loi fédérale reconnaît que la tribu peut déterminer ses propres règles d'adhésion. Le MTIC a tenté sans succès d'empêcher d'autres personnes des Mohegans d'utiliser Mohegan comme identité tribale dans les archives publiques et l'artisanat.

Le MTIC adopte une constitution écrite, il est gouverné par un chef, un président élu et un conseil tribal élu.

Les descendants du sachem John Hamilton sont toujours de leur côté en quête de la reconnaissance en tant que groupe indépendant. Malgré les désaccords entre les 2 familles, les 2 groupes continuent de participer aux activités tribales et à s'identifier comme membres du peuple Mohegan.

La langue

 

La langue mohegan est un dialecte pequot-mohegan de la famille des langues algonquiennes.

La dernière locutrice de la langue mohégane était Fidelia (Flying bird) A.Hoscott Fielding, décédée en 1908.

La langue a été enregistrée dans des journaux, des articles et un rapport de la Smithsonian institution par un anthropologue. En 2012 la triby a mis en place un projet pour relancer la langue et créer de nouvelles générations de locuteurs natifs.

le village traditionnel ajouté au musée Mohegan - By U.S. Department of Agriculture - Flickr: 20131118-OC-RBN-0987, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32901511

le village traditionnel ajouté au musée Mohegan - By U.S. Department of Agriculture - Flickr: 20131118-OC-RBN-0987, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32901511

 

 

Connaissances botaniques / Gladys Tantaquidgeon

Les Mohegans avaient une connaissance approfondie de la faune et de la flore locale, des technologies de la chasse et de la pêche, la pratique de phytothérapie transmise de génération en génération.

Gladys Tantaquidgeon a joué un rôle important et déterminant dans l'enregistrement des connaissances médicales héritées de la botanique héritée par ses anciens et comparée avec cette des peuples algonquiens de la région comme les Lenapes (Delawares) et des Wampanoags.

Par exemple l'écorce de l'érable à sucre était un remède contre la toux, il était un édulcorant naturel connu maintenant comme le sirop d'érable.

Gladys Tantaquidgeon (1899/2005) était une femme médecine mohégane, anthropologue, auteur, membre du conseil tribal et aînée. Elle travaille à partir de 1934 au bureau des affaires indiennes, elle publie plusieurs ouvrages sur la médecine traditionnelle, la guérison avec les plantes. Elle est intronisée au Temple de la renommée féminine du Connecticut. Elle travaille à la mise en place du musée Mohegan. Elle était bibliothécaire à la prison de femmes de Niantic à la fin des années 1940, aidant les femmes minoritaires.

Elle a encouragé la préservation et le renouveau de la langue tribale.

Elle publie par exemple Etude des pratiques de médecine indienne du Delaware et des croyances populaires en 1942.

Les documents qu'elle avait conservé dans des boîtes sous son lit se sont révélés essentiels pour aider à la reconnaissance fédérale de la tribu.

Elle a reçu de nombreux pris au long de sa vie, sa longue vie puisqu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 106 ans.

Le titre de docteur Honoris Causa de l'université du Connecticit en 1987 et de Yale en 1994 entre autres.

source : wikipedia

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #indigènes et indiens, #Mohegan

Repost 0
Commenter cet article