Chiapas - La désignation de la candidate indigène est un appel à l'organisation, plus qu'une affaire électorale

Publié le 18 Avril 2017

San Cristóbal de las Casas, Chiapas.15 avril. "La structure de ce pays est pensée sans la femme" met en évidence María de Jesús Patricio, relevant la proposition qu'a faite le Congrès National Indigène (CNI) de créer un Conseil Indigène de Gouvernement (CIG) et que sa porte parole soit candidate aux élections présidentielles de 2018 au Mexique. La dite proposition a un but d'organisation bien plus qu'une raison électorale souligne l'intégrante du CNI, qui a également appelé l'unité d'en bas, avec les peuples et d'autres secteurs, fatigués de la situation actuelle dans le pays. Les déclarations de la lutteuse sociale ont eu lieu dans le cadre de la clôture du séminaire "Les murs du capital, les fissures de la gauche" qui s'est tenu du 12 au 15 avril au Cideci-Unitierra au Chiapas. 

Pour Carlos González, voix du CNI, la création d'un CIG est la recherche d'une sortie collective pour "Endiguer la tempête, qui déjà nous entraîne" en allusion à la crise sociale, économique et politique au Mexique. Pour González Garcia, il est nécessaire d'avoir une articulation d'une force indigène face aux assauts du marché et du capital. Une telle articulation cherchera ceux qui sont disposés à "démonter le capitalisme en tant que système", loin de la gauche institutionnelle, ajoute-t-il.

Du 26 au 38 mai prochain, le CNI se réunira de nouveau au Chiapas, pour préciser les propositions du CIG; son fonctionnement; sa corrélation et si les conditions sont remplies, la nomination de sa porte-parole candidate à la présidence. Pour 2018 tout porte à croire que la violence contre les peuples indigènes dégénèrera, "notre résistance aussi" a assuré le lutteur social. Pour sa part Cristián Chávez, lui aussi membre du CNI, a exposé que les politiques néolibérales au Mexique représentent un paradis pour quelques capitalistes, mais la destruction des plus nombreux.

A la fin du séminaire "Les murs du capital", était également présent l'ancien recteur de l'UNAM, Don Pablo González Casanova, qui a argumenté l'importance de définir ce qu'est la gauche; à ceux qui accusent les promoteurs de la proposition du CNI, qui causent la division. Pour que quelque chose puisse être un appel de gauche il est nécessaire qu'il respecte la dignité de l'être humain, il ne peut pas y avoir d'émancipation si continue l'exploitation, a rappelé le chercheur en sciences sociales.

Une autre des caractéristiques pour définir ce qu'est la gauche, c'est celle de chercher l'indépendance et de lutter contre le colonialisme, le capitalisme et l'impérialisme;  comme c'est le cas des peuples indigènes, qui ont joué un rôle important dans l'indépendance du Mexique, c'est-à-dire "sont intégrés dans notre histoire depuis qu'est né ce pays", a souligné l'académicien.

La fermeture du programme de clôture du séminaire était à la charge de la Commission Sexta de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), à travers la voix du Sous-Commandant Insurgé Moisés, qui a remercié pour l'effort et l'écoute de tous et toutes les assistant(e)s. "Beaucoup de paroles ont été dites ici par les conférenciers, c'est à vous à présent de voir comment elles vont vous servir dans vos lieux d'origine" a commenté le rebelle chiapanèque. Pour Moisés, la proposition de créer un CIG et la postulation de sa porte-parole aux élections, plus qu'une action électorale est un appel à l'organisation. "Si les exploiteurs n'ont pas demandé la permission de nous exploiter, nous ne devons pas demander l'autorisation de nous organiser"  a souligné l'insurgé.

"Nous devons nous diriger nous-mêmes, que l'on ne nous impose pas." Le peuple demande et le gouvernement obéit, ce n'est pas le capital qui nous indiquera le chemin " souligne l'indigène zapatiste. "Nous sommes en train de chercher le chemin de notre destin, pour cela il est nécessaire de tisser une organisation des peuples indigènes et non indigènes" a expliqué la voix de l'EZLN , qui a également recommandé au CIG et sa porte-parole, de toujours diriger son écoute vers le bas, pour construire "un monde de la vie". Le sous-commandant Moisés a appelé à s'organiser avec le CIG pour savoir comment arriver aux demandes de terre, de travail, d'alimentation, de logement, de santé, d'éducation, d'indépendance, de démocratie, de liberté, d'information, de culture, de justice et de paix, qui sont brandies par les zapatistes depuis 1994.

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 17 avril 2017 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #Le chiapas en lutte, #indigènes et indiens, #EZLN, #CNI

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