“N'importe qui savait que c'était un enfer” : familles des 34 filles mortes brûlées dans l'incendie de leur foyer au Guatemala

Publié le 10 Mars 2017

Traduire de tels faits, c'est comme un combat de boxe ou une bataille sur le terrain des luttes !

On y laisse du sang, des larmes et de la sueur. On est mère et père de tous les enfants du monde.

Cela ne devrait pas être possible que de telles choses de nos jours existent et que ces enfants, ces adolescentes, ces petites vies toutes neuves soient soumis à la plus sale besogne de la société patriarcale, comme de vulgaires objets. C'est au Guatemala que cela se passe, ce pays dont on parle trop peu est un candidat à la violence depuis les sombres heures des dictatures, le peuple, les plus humbles de la société ne s'en sont pas remis.

Et là, ils vont nous dire des sornettes pour couvrir des salauds qui méritent qu'on leur fasse griller les cojones sur un feu de camp pauvrement alimenté.

La lutte des femmes dans le monde ne fait que commencer et elle porte tant de sang et de souillures qu'elle ne peut, qu'à terme arriver à une véritable révolution internationale.

Cet article est long, il me semblait utile que je le traduise en entier.

Carolita

 

Guatemala. La douleur s'est emparée aujourd'hui de centaines de personnes au Guatemala après l'incendie arrivé mercredi 8 mars dans un hébergement de mineurs qui pour le moment a laissé au moins 34 filles et adolescentes défuntes, tandis que 21 sont encore hospitalisées pour des lésions causées par le feu.

Au moment où l'on commémorait la Journée Internationale de la Femme  une tragédie a été vécue au Guatemala. Un incendie dans le Foyer Virgen de la Asunción qui selon les investigations aurait été causé par les propres internes pour essayer d'échapper à une situation de viols et d'humiliations,  et qui a amené le deuil dans le pays.

Les mineures qui sont internées présentent des brûlures jusqu'au quatrième degré, qui pour la majorité d'entre elles sont âgées entre 12 et 17 ans, sont dans un état grave et le risque de mortalité est élevé.

Dans l'hébergement 748 enfants, des filles et des adolescents y résidaient, ce qui double presque la capacité de l'espace calculé pour 400 personnes. Au moins 34 filles sont mortes et quelques unes sont gravement blessées après que ce soit produit un incendie au centre de protection de mineurs du Guatemala. Les jeunes filles essayaient de réaliser une protestation dans le cadre du 8 mars, journée internationale de la femme, à cause des abus sexuels et physiques dont elles souffraient.

Comme l'a informé la presse guatémaltèque le feu a été provoqué par les mêmes jeunes filles  quand elles ont incendié des matelas en cherchant à rendre visible ce qui arrivait à l'intérieur du Foyer Virgen de la Asunción. Le défenseur de la Procuratie des Droits de l'homme (PDH) de l'état guatémaltèque a confirmé l'information.

Cependant, l'un des garçons du secteur pour les hommes qui a réussi à s'échapper, Daniel âgé de 16 ans, a réussi à raconter à des journalistes d'agences internationales que les filles décédées étaient enfermées sous clef dans l'école après une révolte qui a été organisée hier, quand 40 jeunes ont essayé de s'échapper, mais ils ont été arrêtés et réinstallés dans ce lieu.

Les raisons des jeunes filles de se mutiner dans le Foyer Seguro*

“Les adolescents étaient sanctionnés pour extorsion. Les filles avaient des objets tranchants cachés dans les cheveux. Nous avons épuisé le dialogue avec les filles. Nous ne pouvions pas accepter un rapport qui dit que ce lieu est un poulailler où l'on torture les enfants. Je considère que la cause de la mutinerie, parce que la nourriture ne leur plaît pas, n'était pas valable. Il n'y a pas eu de négligence. Je ne vais pas présenter ma démission comme Secrétaire de Bien-être social. Le Président a ordonné hier soir à la police qu'il trouve et rende les 60 adolescents en fuite. Le problème consiste en ce que les juges mélangent les enfants qui ont commis des délits avec des enfants abandonnés par leurs familles. Nous demandons au Ministère public qu'il fasse des recherches mais nous n'accusons personne directement. Le Président n'est pas venu participer à la conférence parce qu'il s'occupe des sujets urgents de la nation. Cette conférence de presse se termine”.

Ainsi le Gouvernement du Guatemala a expliqué aux citoyens ce qui est arrivé le matin du 8 mars 2017 quand quelques filles et adolescents se sont mutinés dans la maison foyer gouvernementale dans lequel ils vivaient. Les filles se sont mutinées et ont mis le feu à quelques matelas dans certaines pièces pour qu'ils les laissent sortir. Ils ne les ont pas laissé sortir et elles sont mortes calcinées. Pour le moment à 19 heures, 34 sont mortes.

Le Foyer Seguro Virgen de la Asunción est situé sur une colline à 6 kilomètres au début de la Route d'El Salvador, une des zones résidentielles les plus exclusives de la Ville de Guatemala. Il est situé dans la municipalité de San José Pinula, entourée par des bois et des ravins qui ont servi de cachette à plus de 100 enfants et adolescents qui ont échappé pendant la dernière année à ce qui devrait être leur maison mais qu'ils et elles et considèrent comme une prison.

Les filles ne se sont pas mutinées parce qu'elle n'aimaient pas le goût de la nourriture.

Il est 11 heures du matin ce mercredi. Le Foyer Seguro est entouré de pleurs. Des mères, des parents et des grand-mères qui arrivent pour demander si leurs enfants sont vivants.

Pour quel délit sont là ces garçons, filles et adolescents ?


Certains ont été recrutés par les bandes pour le vol, l'extorsion ou l'assassinat. Les autres ont eu l'insolence d'appartenir à une famille qui les a abandonnés dans la rue, un père qui les frappait jusqu'à ce qu'un voisin appelle la police . Un réseau qui les prostituait en étant petites filles. Quelques parents qui n'ont su que faire quand ils ont vu que leur enfant avait des capacités spéciales. Les autres sont nés là, des enfants d'adolescentes violées par leurs collègues ou leurs maîtres ou les travailleurs du Secrétariat de Bien-être social. Tous ensemble additionnent plus de 800 bébés, enfants et adolescents vivant dans un lieu avec une capacité pour 500.

Une dame arrive avec les yeux éplorés. Nous lui demandons si elle cherche un enfant et elle nous dit que non, qu'elle est une voisine. Qu'elle est venue hier quand elle a entendu qu'il y avait des problèmes et qu'elle a vu comment les filles jetaient des pierres sur leurs maîtres et sur les policiers tandis qu'elles criaient :

– Violez-nous ici, devant tous. Venez donc nous violer , si c'est ce que vous voulez encore.

La dame poursuit avec les yeux en larmes.

C'était une rébellion de filles. N'importe laquelle qui vit ici sait que c'est un enfer.

L'enfer n'est pas une métaphore.

“Vous ne sortez pas d'ici avant de me faire une fellation ”, a ordonné le maître Edgar Rolando Diéguez Ispache aux étudiants âgés de 12 et 13 ans , quand ceux-ci cherchaient à sortir du salon dans lequel ils recevaient les cours de cinquième et sixième. Aucun n'a réussi à sortir et à éviter les abus sexuel. Les viols sont arrivés dans le Foyer Seguro Virgen de la Asunción, selon le Ministère public de Santa Catarina Pinula du Ministère public (MP), racontés dans un reportage du journaliste José David López sur la Place Publique en octobre 2016, il y a quatre mois.

Le reportage raconte la terreur. Le même maître ordonnait à des élèves de marcher nus face à leurs camarades dans la salle de classe. L'un des maçons, José Roberto Arias Pérez, a violé une petite fille en retard mental. Un prétendu travailleur, décrit dans l'une des 28 plaintes au Secrétariat de Bien-être social comme Joseph, obligeait les petites filles à avoir des rapports sexuels avec lui et les sortait du foyer.

Diéguez Ispache est en jugement. Arias Pérez a été condamné à 8 ans de prison. Joseph travaille probablement encore dans le Foyer Seguro.

Dans le Foyer Seguro dans lequel 34 filles ont dû mourir pour que le Guatemala y prête attention.

 Dans les environs de ce refuge gouvernemental continuent les pleurs des parents et des voisins. Un secours a les yeux rouges et la peau blanche. Il n'arrêtait pas de pleurer au téléphone. Il avait une fille.

– Hier ils m'ont dit qu'aujourd'hui la visite allait être normale et quand on arrivait dans le bus , on a appris qu'elles étaient brûlées. Il s'appuie sur une voiture de patrouille tandis qu'il continue de pleurer.

Quand les secours sont arrivés, les pompiers sortaient les corps, mais trois heures après personne ne l'avait renseigné sur sa fille.

De temps en temps un travailleur social sortait avec un papier pour prendre les données de ceux qui cherchaient leurs enfants. Il lisait les noms et ils répondaient avec un soupir. Dans le meilleur des cas il portait avec lui une photo pour un plus grand calme. Un père ivre, presque au point de chanceler disait :

– Pourquoi s'appelle-t-il “sécurité“ , lui ? Pute, ne peuvent-ils {-elles} pas soigner ici mon enfant ?

C'était un portrait de familles dysfonctionnelles. À presque un mètre du ravin deux enfants d'un an et demi jouaient, tandis que leurs papas, qui n'avaient pas plus de 18 ans, parlaient du parti de  Barcelone. L'un des bébés est tombé et s'est cogné la tête contre un chariot, il a commencé à pleurer. Les papas l'ont vu et ils ont continué de parler. L'autre enfant, avec ses pas chancelants, l'a embrassé et il l'a aidé à se relever.

– Maintenant pourquoi des putes viennent-elles ?, crie une dame avec la voix brisée tandis que la magistrate Maria Eugenia Morales entre au Foyer.

– Pourquoi maintenant, s'ils sont déjà brûlés, dit une seconde dame.

Au moins la magistrate est arrivée. Dans les environs du Foyer Seguro la rumeur courait que le président Jimmy Morales arriverait. Il ne l'a pas fait. Au lieu de cela une conférence a été annoncée dans le salon des drapeaux du Palais National.

Le changement d'atmosphère était abyssal. Se sont arrêtés en face des caméramen Anabella Morfín, Procuratrice Générale de la Nation; Carlos Rodas, Secrétaire du Bien-être social; Julio Aguilar, porte-parole de la PNC; Víctor Godoy, commissaire des Droits de l'homme; et du porte-parole de la présidence, Heinz Heinmann.

Les 40 minutes suivantes ont été irréelles :

“Les adolescents étaient sanctionnés pour extorsion. Les filles avaient des objets tranchants cachés dans les cheveux. Nous avons épuisé le dialogue avec les filles. Nous ne pouvions pas accepter un rapport qui dit que ce lieu est un poulailler où l'on torture les enfants. Je considère que la cause de la mutinerie, parce que la nourriture ne leur plaît pas, n'était pas valable. Il n'y a pas eu de négligence. Je ne vais pas présenter ma démission comme Secrétaire de Bien-être social. Le Président a ordonné hier soir à la police qu'il trouve et rende les 60 adolescents en fuite. Le problème consiste en ce que les juges mélangent les enfants qui ont commis des délits avec des enfants abandonnés par leurs familles. Nous demandons au Ministère public qu'il fasse des recherches mais nous n'accusons personne directement. Le Président n'est pas venu participer à la conférence parce qu'il s'occupe des sujets urgents de la nation. Cette conférence de presse se termine”.

 

Il n'a jamais été permis à la presse d'entrer au Foyer Seguro, ni même après la tragédie.

Les photographies uniques du passé sont celles d' hier ,d'un photographe qui a été admis dans une ambulance. Cela pourrait être une photographie de crimes de lèse humanité. En noir et blanc elle pourrait se confondre avec Auschwitz. Les corps des filles et des jeunes remplis de cendres empilés les uns sur les autres, montrant encore quelques détails de leurs pyjamas.

Pendant la nuit, après les faits, sur la Place de la Constitution des femmes allumaient 770 bougies pour chacune des femmes qui meurent par an. Tandis qu'elles les allumaient, encore 3 petites filles mouraient à l'hôpital à cause des brûlures dans le foyer seguro. 775 enfants et adolescents se sont réveillés aujourd'hui avec l'odeur de viande brûlée dans le Foyer Seguro.

Le Guatemala, entièrement, est dans les flammes.

“J'ai vu la fumée sur le lieu. Ca sentait la viande”

Geovany Castillo, un agriculteur de 33 ans, a raconté à The Associated Press que sa fille de 15 ans a des brûlures sur le visage, les bras et les mains et qu'elle a survécu presque par miracle. “Ma fille dit que le lieu était fermé à clef (et) que certaines filles ont abattu la porte () … Qu'elle s'est sauvée parce qu'elle a mis un drap mouillé sur elle”.   

Depuis l'hôpital où il attend que sa fille se remette, Castillo rapporte qu'elle lui a raconté que dans l'hébergement ils les maltraitaient et parfois ils ne leur donnaient seulement à manger qu'une fois par jour. “Elle m'a dit que ses camarades lui ont raconté qu'elles étaient violées et en protestation elles se sont échappées et juste avant en protestation, pour attirer l'attention, elles ont mis le feu aux matelas”, a rapporté, l'homme qui est arrivé depuis Huehuetenango. 

Il a ajouté que sa fille a dit que “elle était dans le bloc où étaient les filles enfermées qui s'étaient enfuies”. Elle a assuré qu'elle allait sortir du lieu dans huit jours. 

Une autre survivante de 15 ans avait dit mercredi à l'AP que ceratins hommes qui résidaient à l'hébergement étaient entrés dans la chambre à coucher des filles avant le feu. Elle, dit-elle, a réussi à sortir et elle s'est réfugiée sur un toit de peur d'être attaquée. Plusieurs heures après, elle a vu le feu à distance. 

“J'ai vu la fumée sur le lieu. Ca sentait la viande”, a-t-elle dit.

*Texto publicado en Nómada por Gabriel Woltke y Martín Rodríguez Pellecer Fotos: Carlos Sebastián nomada.gt

información y fotos de agencia y Prensa Libre 

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 10/03/2017 : 

Les noms des petites victimes :

Kimberly Odalis castillo Rodríguez 15 años
Anabela Maribel Leal Rax 17 años
Yesenia Paola Barrios 14 años
Jazmín Noemí Vásquez 14 años
Emily del Cid 16 años
Yamilet Cu Luan 15 años
Rosmery López 16 años
Brenda Carrizal 16 años
Noemí Fuentes Minas 16 años
Eva Rosa Antun Leal 16 años
Jenifer Julisa Macarte Korea 14 años
María Vanesa Torres Suchité 15 años
Indira Jarisa Pelicó
Daria Dalila López Meda
Sonia Hernández García
Mayra Aidé Chután Urías
Skarleth Yajaira Pérez Jiménez
Yohana Deciré Cuy Urizar
Sarvia Isel Barrios Bonilla
Ana Nohemí Morales Galindo
Wendy Anai Vividor Ramirez de 16 años
Velveth Judith Aguirre Elias de 13 años
Erika Elizabeth Aguirre Elias de 15 años
Erick Eliseo Aguirre Elias de 17 años
Lorena Sanchez Pereira de 14 años
Yusbeli Jubitza Merari Makin Gomez de 14 años
Osbin Daniel Gomez Jimenez de 11 años.
Rosa Julia Espino Tobar
Ashely Gabriela Méndez Ramírez
Rosalinda Victoria Ramírez Pérez
Madelin Patricia Hernánde

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Guatemala, #Droits des femmes

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