Mexique - Des femmes Chinantecas exigent l'arrêt du plagiat de dessins chinantecas sur les vêtements d'une entreprise espagnole

Publié le 9 Mars 2017

Ville de México | Desinformémonos. La communauté Chinanteca de San Juan Bautista Tlacoatzintepec, dans l'Oaxaca a exigé une “halte à la spoliation culturelle” des peuples et jusqu'au “plagiat textile” que l'entreprise espagnole Intropia a réalisé avec leurs dessins de huipil, ce qu'elles ont qualifié d'une offense à leur culture millénaire pendant une conférence de presse au Musée Textile d'Oaxaca.

Dans ce lieu, les membres de la communauté ont crié des consignes comme : “Jamais plus un Mexique sans nous!” et : “Reconnaissance de la culture chinanteca!” devant des cas de plagiat, et ils ont demandé que “des artisans octroient les crédits correspondants aux femmes ou dans leur cas (qu'Intropia) arrête de produire les dessins cités”.

Jusqu'à présent, l'entreprise espagnole n'a pas contacté la communauté, et à son tour celle-ci n'a pas reçu l'appui du gouverneur Alejandro Murat Hinojosa et de la secrétaire de Asuntos Indigenas, Sofía Castro Ríos ont dénoncé l'artiste Jacqueline Mendoza Antonio, l'anthropologue Jésus Rafael Santaella Dionisio, l'historien Omar Fabián Olivera et le linguiste Álvaro Cruz Olivera, en représentation des artisans de Tlacoatzintepec.

Devant cela, les représentants de la communauté ont posé la question : “Que fait l'état l'État Mexicain pour défendre l'héritage culturel des peuples du Mexique ?”, puis ils ont assuré que, malgré que le patrimoine chinanteca compte plusieurs années d'ancienneté, leur travail n'est pas respecté.

“Nous sommes très ennuyés et indignés. C'est une vraie spoliation de notre culture et de notre histoire”, lit-on dans la publication. “Cela nous gêne beaucoup qu'ils copient nos dessins parce qu'ils ne savent même ce que signifie la broderie du textile et  tous les éléments qui le composent. Il est urgent qu'il y ait des initiatives qui protègent nos peuples devant de telles spoliations”, ont exprimé de leur part les membres de la communauté à travers une plainte sur Facebook.

Cependant, ce n'est pas la première fois que les entreprises internationales s'occaparent des dessins de peuples autochtones mexicains pour leurs vêtements et produits. En 2015 a été dénoncé le plagiat d'un tissu mixe , originaire d'Oaxaca, dans le recueil de la dessinatrice française Isabelle Marant.

De même, a été copiée une broderie zapotèque originaire du peuple San Antonio Castillo Velasco dans les dessins de la marque argentine de vêtements Rapsodia conformément avec une plainte diffusée sur la plateforme Change.org.


Les chinantencas attendent encore la réponse des autorités à qui ils ont demandé de prendre en urgence des initiatives pour la protection de la culture de leurs peuples.

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 6 mars 2017 : 

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