La rose-châtaigne a des rêves

Publié le 17 Mars 2017

Il n’est pas interdit de rêver se disait la rose-châtaigne
Et elle regardait la liberté voler dans les ailes des oiseaux
La liberté s’épanouir dans un bourdonnement précieux
Et le soleil qui sans se soucier sortait sans se couvrir en plein mois de mars
Et les fleurs qui se laissaient séduire et conquérir
Montrant leurs plus belles robes…….
Dans l’air il y avait une stagnation
C’est comme si le monde était en attente de quelque chose
Les regards étaient détournés car on les orientait et eux se laissaient faire
Chaque jour était occupé à démontrer bien autre chose que ce qui va dans le sens de la vie
Ce qui est une priorité……
Comme les jours étaient lourds à porter
Comme l’ambiance était lourde à tirer comme si l’araire était tombé dans une insurmontable ornière
Mais la rose-châtaigne, elle
Avait des rêves
Des rêves qui s’appelaient Meilleur, Mieux ou Pour tous ou Bonheur tout Simplement…….
Elle était un peu à l’ouest la rose-châtaigne
Elle avait un cœur trop profond et trop vaste, trop rempli de trop et pas assez de peu
La rose-châtaigne avait des idéaux
Quelque chose qu’elle avait dû attraper avec un engrais mal dosé avant sa naissance :
Une excroissance d’humanité qui chez les roses est souvent mal vue
Le jardinier souvent coupe les excroissances et les cautérise avec un onguent anti-humanisme
Mais la rose-châtaigne, elle avait développé cela en catimini dans le jardin de la vie
Et elle voulait croire et croire et encore croire cette rose
Que les hommes pouvaient vivre d’amour
Des boutons de roses à leur boutonnière hérissée de cils d’amour
Elle voulait croire que l’homme avait bon fond
Que la haine c’était une excroissance qui avait poussé comme un chancre sur les fleurs
Et nul jardinier ne l’avait vue, ni ne l’avait sectionnée, ni cautérisée
A croire que certains jardiniers étaient myopes ou bien peu déterminés à soigner leurs plates-bandes……
Et se disait la rose-châtaigne, les hommes au fond du trou toujours relèvent la tête
Et les actions solidaires qu’est-ce que ça fait chaud au cœur et les mains tendues qu’est-ce que ça fait chaud aux corps de ceux qui n’ont rien……..
Hélas le système était corrompu.
Ceux qui avaient édifié les règles- mêmes du jardin étaient des bourgeois mal dégrossis
Tirant des plans encore des plans, des lignes droites allongées sur des cordeaux multimillionnaires
Et des massifs austères et des allées trop droites, trop adroites, trop rectilignes pour être honnêtes
Alors que dans le manuel du parfait jardinier amateur
Aucune règle n’était écrite car celui-ci qui jardinait avec la lune n’avait nul besoin qu’on lui apprenne les fondamentaux de la création ni ceux de la créativité
Les jardins cultivés avec amour donnaient des fleurs et des fruits d’amour
Les jardins cultivés à profit ne donnaient que des fleurs et des fruits profiteurs et avides…….
Alors que les choses semblaient s’amonceler en un gros tas de fumier déjà décomposé
Chacun n’avait à l’esprit que d’élire le roi du jardin avec sa couronne de morts sur la tête
Ni rose ni châtaigne ne pouvait être éligible et élue car leur sève était trop insignifiante pour les grands de ce monde
Et pourtant si l’on demandait à la rose-châtaigne son avis, elle aurait de quoi le donner pour améliorer le quotidien du jardin
Car dans sa petite tête toute pleine de velours et de farine
Elle savait que le jardin de la vie contenait de quoi répartir ses richesses :
Que chacun(e) vive avec ce dont il a besoin
Que chacun(e) ait sa parcelle de terre à cultiver
Que chacun(e) ait dans son cœur un air de liberté
Que chacun(e) puise dans la terre et dans la solidarité ce dont il a besoin pour vivre :
Respect, amour, dignité, liberté et solidarité
C’étaient bien là les biens les plus précieux……
Et dans son cri de revendication la rose-châtaigne avait mis un ton particulier :
Demandez la simplicité et les choses essentielles !
Nul rêve ne peut être réalisé par les autres quels qu’ils soient !
Édifiez vos jardins !
Cultivez-les à votre façon !
N’oubliez pas la solidarité !
Oubliez les haines et les rancœurs !
Nettoyez vos plates-bandes des herbes rances et rancunières !
Éteignez la télé les médias et les donneurs de leçon et d’ordre !
Vivez heureux quoi qu’il arrive car la vie est courte et les fruits qui sont mûrs il faut savoir les cueillir !
Le reste n’a pas d’importance.

Carole Radureau (17/03/2017)









Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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almanito 17/03/2017 16:47

Hé hé j'aie bien la métaphore avec la situation actuelle! L'humanité est ainsi faite avec des zones d'ombres et de lumière. Nul n'est ni tout blanc ni tout noir mais c'est bien qu'il existe des rose-châtaignes humanistes pour toujours tendre vers le meilleur.

caroleone 17/03/2017 19:39

J'ai laissé faire la plume, elle avait en vie de voler, de voler, elle ne savait plus comment s'arrêter.......et puis, c'était rigolo cette histoire pas du tout prévue. J'aime bien quand j'ai la muse qui prend des libertés ainsi, ce texte est naïf, mais je crois que la naïveté c'est ce qui manque au monde. Par contre les idées de rose double ainsi, impossible de leur trouver une image correspondante !!