"Il n'existe pas de mot pour dire mur dans notre langue" Tohono O'odham, une tribu entre Mexique et Etats-Unis

Publié le 16 Mars 2017

Ville de México | Desinformémonos. La communauté indigène Tohono o’odham, dont la majorité des habitants vit en Arizona, aux États-Unis, mais dont les parents et les centres sacrés se trouvent dans le désert de Sonora au Mexique, ont présenté une demande de médiation devant le Ministère de l'Intérieur et la Commission pour le Dialogue avec les Peuples autochtones face au mur frontalier que le président Donald Trump cherche à construire.

Le vice-président tribal, Verlon José, a dénoncé que le gouvernement mexicain n'a jamais soutenu les membres de la communauté, puisque la tribu “a été très maltraitée”. “On nous a historiquement dépouillé des terres et des lieux sacrés et maintenant aucune attention ne nous a été prêtée”, a dit El País le vice-président de la tribu.

La nouvelle division matérielle de la frontière représenterait une nouvelle fragmentation pour la communauté, qui s'est fracturée en 1854 quand le Mexique a vendu le territoire de La Mesilla aux États-Unis, qui comprend le sud de l'Arizona et le sud-ouest du Mexique. “C'est un "non" sonore au mur parce qu'il affecterait nos territoires ancestraux, la flore et la faune de la région et ce serait comme nous éliminer, surtout les membres de la tribu au Mexique”, a remarqué Óscar Velázquez, l'un des gouverneurs de la communauté.

Nous avons besoin d'un front commun, que l'on unisse l'aigle au condor, qui comprenne tous les peuples originaires de l'Amérique”, a assuré Velázquez, qui est conscient que l'unité est fondamentale si on veut faire face à la Maison Blanche.

D'autre part, la directrice exécutive du Congrès National des Indiens Américains qui conseille la tribu dans la contestation, Jacqueline Pata, a expliqué qu'il y a un "limbe" légal autour de la décision de Trump de construire le mur dans des réserves indigènes sous la justification de renforcer la sécurité nationale.

La représentante des indigènes considère que le conflit peut trouver une solution négociée, et elle a écarté que l'unique sortie est une demande contre le gouvernement des États-Unis.

Nous sommes sûrs que les nations tribales sont des Gouvernements souverains, tout comme les autorités fédérales et étatiques des États-Unis, et nous croyons que nous avons le droit d'être écoutés dans le processus de prise de décision, sur nos gens et sur nos terres”, a remarqué le défenseur.

Pour la tribu, le mur représente un danger n'est pas une réalité pour leur vision collective, car ils ont déjà souffert de divisions décidées par les autorités du gouvernement mexicain et américain. Jacob Serapo, fermier indigène, a dit que, cependant, dans sa langue “il n'y pas de mot pour dire ‘mur‘”.

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 14 mars 2017 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #Les murs, #indigènes et indiens, #Tohono O'odham

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