Guatemala - San Juan Sacatépequez, des femmes vêtues de fleurs affectées par la militarisation

Publié le 8 Mars 2017

Par Quimy De León.

 

Semaine des Femmes en résistance :

Pendant la semaine de commémoration du jour International de la femme le 8 mars nous voulons rappeler les luttes des femmes dans le pays, les luttes que nous avons accompagnées depuis quelques années déjà et dont nous considérons important de se rappeler : les femmes kaqchiqueles de San Juan Sacatepéquez, qui ont défendu avec leur corps et leur vie le droit de vivre en paix et en harmonie sur le territoire où elles sont nées, face à l'introduction d'un mégaprojet routier et d'une cimenterie qui a dépouillé des centaines de femmes de leurs terrains alors qu'elles-mêmes en était les propriétaires légitimes.

Ceci est le premier d'une série de reportages.

Brefs antécédents :

Les Douze Communautés Kaqchikeles de San Juan Sacatepéquez dès 2007 ont souffert d'une série d'agressions dont la majorité autour de l'installation de la cimenterie. Il y a eu des assassinats de communautaires opposés à ceci, l'emprisonnement de leaders communautaires et la poursuite d'encore 36 personnes des communautés qui font partie de l'opposition à la façon violente d'opérer de l'entreprise et aux deux projets en construction; la route privée “Anillo Régional” et la construction de la Planta San Gabriel.

Nous ne pouvons pas oublier de mentionner l'État de droit imposé en 2008 par le gouvernement d'Alvaro Colom, avec ces précédents six ans après le président Otto Perez qui a décrété l'État de Prévention pour quatre communautés de San Juan Sacatepéquez (Santa Fe Ocaña, Los Pajoques, El Pilar I et Pilar II) au travers du Décret Gouvernemental 9-2014, en vigueur depuis le 21 septembre à San Juan Sacatepéquez.

Derrière cela il y a l'intention de disposer d'excuses pour déclarer l'État de Prévention à San Juan Sacatepéquez, et ainsi pour arrêter les leaders de la mobilisation contre la cimenterie depuis 2006 et la construction de la route privée lAnillo Régional, comme cela a déjà commencé à être fait. à peu près dès 2007 par le gouvernement et l'entreprise Cementos Progreso,quand on a donné le droit d'accuser et de criminaliser différents acteurs sociaux qui mettent en doute leurs actions à travers certains de leurs médias et opérateurs corporatifs.” [1]

Les femmes kaqchikeles disent Ya Basta ! :

Les femmes sont fatiguées de tant d'abus et car avec l'introduction de l'État de Prévention, le territoire kaqchikel est militarisé  et se maintient un état de siège, et menace également le corps des femmes.

Elles sont venues dénoncer dans une conférence de presse le 7 octobre à capitale des centaines de cas de violations des droits de l'homme commises par des forces de sécurité de l'État guatémaltèque et d' autres commises par des travailleurs ou des promoteurs de l'entreprise de ciment.

Après une visite à trois ded quatre communautés affectées directement par la militarisation, Santa Fe Ocaña, Los Pajoques, El Pilar 1 et 2, après avoir écouté leurs témoignages, nous avons pu constater ce qu'elles ont aussi dénoncé devant la Procuratie des Droits de l'homme :

Menaces d'emporter les enfants.
Abus sexuels.
Harcèlement sexuel des femmes et des adolescents.
Avortements provoqués par la militarisation.
Menace d'avortements.
Effractions.
Appropriation illégale d'outils et des ustensiles de cuisine.
Pollution de l'eau de quelques puits en usage par les forces de sécurité.
Maladie.
Impossibilité de couper du bois de chauffage et de chercher de la nourriture.
Abandon en cours d'études par la peur d'interrogation et d'intimidation des petits garçons et des petites filles.
Déplacement inévitable.
Détentions arbitraires.
Les forces de sécurité défèquent et salissent quelques terrains des gens, ceci peut générer des maladies ou des épidémies.
Scandale de la police dans la nuit (les empêchent de dormir).
Expropriation ou occupation de terre pour mettre un détachement (propriété privée d'une dame dans la communauté El  Pilar 2).
Ils ont photographié des femmes, des documents et des maisons.
Des personnes sont frappées.
Interrogatoire d'enfants.
Ils ne peuvent pas exercer leur religion, ils ne peuvent pas réaliser des activités religieuses.
Occupation illégale de mairies auxiliaires pour des chambres à coucher de la PNC.
Occupation illégale du salon commun à Santa Fe Ocaña pour installer un poste de commandement militaire.
Occupation des églises pour des chambres à coucher de la PNC.
Ils ont obligé des femmes à signer des documents.
Vol de l'eau ou occupation de puits.
Vol de locaux commerciaux.
Vol de cultures.
Perte de la récolte.
Peur et tristesse.
Pertes économiques par fermeture de commerce.
Séquestration d'une personne d'Ocaña tandis qu'elle travaillait.
Des travailleurs de l'entreprise de ciment habillés en policier et en signalant la maison de communautaires.
Des travailleurs de l'entreprise de ciment en prenant une mesure des terrains.
Crainte de violation sexuelle.
Usage d'aires communes sans autorisation.
Violation sexuelle de femmes

 

Traduction carolita d'un communiqué paru dans prensacomunitaria.org  :

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