Guatemala - Arrestation de Jovel Tobar Rodriguez défenseur de la Laguna del Tigre au Péten

Publié le 1 Avril 2017

Par la Rédaction.

Jovel Tobar Rodríguez âgé de 49 ans, résidant dans la communauté La Mestiza dans la Laguna del Tigre, a été arrêté de façon arbitraire le 28 mars 2017 par des agents de la Police nationale Civile (PNC). Jovel Tobar, représentant des communautés affectées dans la Laguna del Tigre, a été arrêté quand il se rendait de l'hôtel Esplendido vers Le Secrétariat de Planification et de Programmation de la Présidence (Segeplan), ils ont réalisé son arrestation en face du centre commercial Maya Mall.

Parallèlement dans cet hôtel situé à Flores, Petén, quelques fonctionnaires se sont réunis à huis clos pour discuter du conflit dans la Sierra Lacandona et dans la Laguna del Tigre (Petén : L'État continue de nier le dialogue avec les communautés), quelques minutes après que Jovel Tobar ait été arrêté après avoir dénoncé la criminalisation contre les communautés dans le même événement où se trouve la procureure générale Thelma Aldana.

D'autres autorités communautaires ont été mobilisées pour aider Jovel Tobar. La PNC n'avait pas d'ordre d'appréhension au moment de l'arrestation. Les autorités policières ont indiqué de suite que Jovel Tobar apparaissait sur un ordre d'appréhension en date du 21 mars 2017, émis par le Tribunal B Pluripersonnel de la Première Instance Pénale, de Narco-activité et de Délits Contre l'Environnement de San Benito, Petén, signé par Karla Damaris Hernández García.

Depuis que les détentions illégales contre les autorités communautaires sont devenues une mode au Guatemala, il est devenu facile pour les autorités gouvernementales de dicter une poursuite et la répression. La criminalisation continue dans le pays, les communautaires sont traités comme des envahisseurs, des prédateurs par des autorités du Conseil national des Zones Protégées (Conap) et d'autres organismes. Jovel Tobar est criminalisé pour défendre les droits de la communauté.

On l'a accusé de “Usurpation de zones protégées”, quand lui et plus de 60 mille habitants habitent le territoire de la Laguna del Tigre depuis la décennie des années soixante.

Pourquoi l'arrestation arbitraire contre un leader de la Laguna del Tigre ?

Les communautés de la Laguna del Tigre et de la Sierra Lacandona ont constamment dénoncé qu'il y a des intérêts à réaliser un nouveau déplacement forcé contre la population de ces territoires. Il y a des sociétés privées et des personnes qui veulent s'approprier la terre en utilisant la loi des zones protégées. L'État simplement les "déprotège", il est refusé à la population d'établir une table de dialogue et de résoudre les problèmes.

Jovel Torres est arrivé le 28 mars à l'Hôtel Espléndido avec quelques habitants des communautés voisines de la Laguna del Tigre, et il a dénoncé les abus commis par des représentants de quelques institutions étatiques comme la Conap, la PNC, l'Armée et des ONG étrangères. Ces plaintes ont été faites à travers une conférence de presse, dans laquelle ils ont dénoncé différentes problématiques que vivent leurs communautés. Dans la conférence citée ils ont parlé de la criminalisation mise en place contre eux par l'état, pour affirmer que les communautés ne sont pas envahissantes, comme l'ont affirmé différentes autorités le 27 mars dans le IIe Congrès Environnemental de la Biosphère Maya organisé par l'Organisme Judiciaire avec l'appui de l'Agence des États-Unis pour le Développement International, USAID.

Dans cette activité ont assisté des magistrates et des magistrats de la Cour Suprême de Justice (CSJ), la Cour Constitutionnelle CC, le Ministère public (MP), la procureure générale Thelma Aldana, Maria Eugenia Morales Aceña, Josué Felipe Baquiax Baquiax l'ex président de l'Organisme Judiciaire, Carlos Gálvez, la directrice de l'IDPP Nydia Arévalo Corzantes, Ken Maclean de l'USAID, Dr. Jorge Nery Cabrera Cabrera directeur de l'INACIF, Dr. Carlos Alvarado Cerezo Recteur de la San Carlos, d'Elizabeth Mercedes García Escobar, entre autres.

De façon contradictoire tandis que la procureure générale Thelma Aldana était en train d'inaugurer une rencontre sur la justice au même endroit, le système de justice a réalisé un nouvelle arrestation arbitraire.

L'un des représentants est apparu du gouvernement départemental de Petén, il a observé qui nous étions dans l'hôtel et tout de suite ils ont commencé à faire des appels téléphoniques. Tout de suite nous avons vu comment la police s'est agitée, ils sont arrivés à l'hôtel et ils marchaient dans les rues en courant d'un côté et de l'autre. C'est ainsi qu'ils ont arrêté Jovel. Ce qui est étrange c'était de voir les personnes marcher, et lui, sans ordre d'appréhension il a été arrêté, affirme un témoin.

Les communautés ne sont pas écoutées

Les communautés de la Laguna del Tigre et de la Sierra Lacandón vivent tous les jours la répression et sont vulnérables avec tant de poursuite et de criminalisation. Cependant, le 28 septembre 2016 les communautés ont présenté devant l'État du Guatemala une proposition de Développement Intégral et Soutenable pour solliciter la certitude juridique de la terre sur ces zones, en conséquence avec cette proposition les communautés s'engagent à travailler de façon soutenable et à protéger la diversité biologique. Cependant, jusqu'à présent ils n'ont pas réussi à mettre en place une table de dialogue avec l'État. 

Jovel Tobar et les autres communautaires sont arrivés pour remettre ce communiqué aux autorités judiciaires au IIe Congrès Environnemental de la Biosphère Maya.

Stigmatisation et criminalisation

Les évacuations continuent, le Gouvernement et le Conap, signalent les communautaires d'être membres des structures criminelles. Aussi dans les médias corporatifs de communication ils sont stigmatisés. Par exemple : Prensa Libre le 26 mars a affirmé : “Depuis août 2014, des paysans d'Alta Verapaz et du Quiché se sont illégalement installés sur une zone protégée et ont créé la communauté La Mestiza, signalés d'être les responsables de la destruction de 45 hectares de forêt et le pillage de tombes mayas”.

Dans un autre paragraphe de cette note sans auteur ils affirment : “Des autorités du Conseil national des Zones Protégées (Conap),des environnementalistes de la Société pour la Conservation de la Vie Sylvestre et du Forum de Justice Environnementale du Petén ont récemment dénoncé qu'un groupe d'envahisseurs cause des dommages dans la zone protégée, connue Le Peruito, placée dans le Parc national la Laguna del Tigre”. [1]

Avec le communiqué les communautaires démentent ces accusations et exigent que l'on enquête sur ces personnes qui les accusent et les diffament dans les médias, parce que ce sont ces personnes qui ont des affaires illicites, et qui pourraient avoir une relation avec le trafic de stupéfiants.

Les communautés affirment que les communautaires sont étrangers à cela. Pour cette raison, dans une conférence de presse, ils sollicitent que l'on enquête sur les entités de l'État qui sont impliquées dans des faits illicites dans la Zone de la Laguna del Tigre, spécialement madame Alma Yadira Polanco Solís, la directrice régionale du Conap, qui provoque la diffamation par les médias. L'actuelle directrice Polanco Solís du Conap au Peten a une accusation d'abattage illégal, il y a aussi des accusations pour corruption dans cette direction. [2]

“Parmi les raisons, vous savez qu'il y a un an j'ai déposé une plainte contre la directrice régionale pour l'extraction de guano et de bois de manière illégale dans la biosphère maya. Malheureusement, un an plus tard, le Ministère public n'a pas bougé”.

Corruption dans le Petén : “des autorités de Conap ne signent pas d'accord pour obtenir même un million de dollars US d'un donateur pour la protection du parc, donc il a sollicité sa liquidation avec prestations”. [3]

Les communautaires soulignent qu'ils sont fatigués et qu'ils ont besoin de réponses favorables de l'État, ils sont actuellement intimidés par les militaires, par les menaces d'évacuations et maintenant par les détentions illégales.

Le député Leocadio Juracán a dénoncé l'arrestation arbitraire de Jovel Tobar à travers un communiqué (en espagnol)

 

Traduction carolita d'un article paru dans km169 Prensa comunitaria : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #indigènes et indiens, #Guatemala, #pilleurs et pollueurs

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