Chili - Sirex Noctilio : l'espèce invasive qui pourrait être derrière les incendies de forêt

Publié le 10 Mars 2017

Traduction de la première partie de ce document puis ensuite un petit résumé perso pour comprendre ce qu'est sirex noctilio.

 

Les habitants de la région du Maule, ainsi que ceux du Bio Bio, demandent une “investigation sérieuse et compétente” de la part de l'État, en ce qui concerne l'invasion qui a dévasté la zone et qui menace des plantations forestières et des communautés entières.

Ensuite, nous ajoutons un reportage édité par la Radio Université du Chili

Le Sirex noctilio, connue aussi comme la guêpe perce bois du pin pourrait être l'un des facteurs déclencheurs des incendies de forêt qui en janvier ont affecté la zone centrale sud du pays. Des voisins de la zone exigent que l'on enquête sur comment ce fléau accélère la propagation du feu, ainsi que sur les grands entrepreneurs marchands de bois qui avec l'incendie évitent de perdre la production infectée par l'insecte.

Des habitants du Maule et du Bio Bio exigent que l'on enquête sur la relation entre les incendies de forêt avec les invasions de sirex dans les plantations

 

Par Mariano Rivera 

Radio Universidad de Chile 

 

Les habitants de la région du Maule, ainsi que ceux du Bio Bio, demandent une “investigation sérieuse et compétente” de la part de l'État, en ce qui concerne le fléau qui a dévasté la zone et qui menace des plantations forestières et des communautés entières.

Il s'agit de “Sirex Noctilio”, connu aussi comme la “guêpe perce bois du pin”, insecte qui est arrivé en Amérique du Sud dans les années 80 et en Amérique du nord à partir de 2000. Sur le territoire qui nous accueille - et favorisé par de propres facteurs de l'actuel modèle de développement au Chili - Sirex Noctilio a fortement pénétré le centre et le sud du Chili, avec l'objectif de phagocyter la terre. De cette façon, actuellement existent des dizaines de propriétés forestières infestées,en quarantaine et même avec un ordre d'abattage, présentes en Araucanie, dans le Bío-Bío, le Maule et Valparaiso.

Comme le confirme officiellement le Service Agricole et d'élevage, “la région du Maule maintient en activité un insectarium spécialement habilité pour la production massive d'insectes contrôleurs biologiques comme les guêpes Megarhyssa nortoni et Ibalia leucospoides qui aident au contrôle de Sirex Noctilio, pour être ses ennemis naturels qui parasitent l'insecte dans son état de larve ou d'oeuf”.

Dans la passé il y a eu une partie du plan d'action de contrôle et une diminution de cette invasion pour qui, comme le publie la CONAF dans son Rapport Technique [1], il faut se soumettre à des méthodes d'"éclaircissement"“ et jusqu'à la “coupe ou l'exploitation finale” de la propriété si 50 % sont contaminés. Si cela est le cas, il faut appliquer l'abattage en rasant les cultures, et les produits résultants de la coupe doivent être soumis à un traitement de quarantaine autorisé par SAG, et éliminés sous un procédé d'assainissement, grâce à l 'incinération, le séchage artificiel, le broyage, etc., qui protège de plus la condition hydrique du sol et atténue la contamination des nappes souterraines des propriétés contaminées après avoir été brûlées.

Ces données éveillent le soupçon des habitants, surtout quand cet aspect n'a pas été inclus dans le débat national, ils remarquent même que les incendies pourraient coïncider avec des cultures contaminées par Sirex Noctilio, en résolvant de plus le problème du fléau, d'une manière rapide, efficace et "bon marché".

Les affectés disent que le contrôle peu abondant des propriétés louées, la politique inexistante de mur coupe-feu et les facteurs de risque dans les propriétés, méritent une investigation terminée. Même, l'ensemble des voisins affectés par la même catastrophe dans la région du Biobío a judiciairement interpellé les entreprises forestières pour les forcer depuis à vivre sous “une haute menace” d'incendie parce que leurs foyers sont contigus des propriétés forestières.

Il y a quelques jours, Manuel Aravena, un ex-travailleur forestier qui s'est acquitté depuis plus de 30 ans dans l'industrie “de mar a cordillera” pour les forestiers Celco, Arauco et Mininco, a soutenu dans un entretien avec Cerro a la Izquierda, qu'il y avait peu de contrôle des organismes d'état en matière agricole et forestière, sur les entreprises dominantes qui ont a leur crédit des milliers de propriétés louées, qui sont la cause réelle des incendies qui se sont abattus au centre et au sud du Chili. Dans son accusation il assure que “parfois ils plantent dans les cours des maisons et sans coupe-feux, sans personne qui fiscalise”.

Dans ces conditions, aussi bien le Biobío, la région d'O'higgins, le Maule et l'Araucanie  se trouvent doublement menacées, en raison du danger de la quarantaine et les aires étendues du fléau massif Sirex Noctilio dans la zone. Ceci, en plus des motivations purement capitalistes comme minimiser les coûts,ont mené des habitants et des habitantes à mettre en rapport l'"opportunité" pour les entreprises d'incendies intentionnels. L'incendie représenterait un processus d'assainissement du sol pratiquement gratuit pour les grandes corporations forestières, et d'une certaine manière, remboursable pour les petits agriculteurs et paysans qui louent actuellement leurs propriétés à des corporations comme Forestal Arauco S.A. et CMPC.

Ainsi, un habitant de la zone et source de ce reportage a commenté que le bon sens des voisins pointe chaque fois plus à l'idée d'un lien éventuel de ces phénomènes (incendie et invasion), parce qu'ils ils feraient des économies - avec un grand impact sur l'écosystème - des milliers de dollars sont associés au processus d'assainissement artificiel en vigueur dans la réglementation officielle et publique du SAG, et recommandé internationalement par la FAO pour le contrôle du Sirex.

On peut remarquer que comme le publie la Protection Phytosanitaire Forestière S.A (CPF), “le 1er novembre commence la période de survol pour le mouvement du bois dans les zones en quarantaine du Sirex noctilio, et qui prend fin le 30 avril (la date est à confirmer par le SAG annuellement) donc il recommande et rappelle aux acteurs du monde forestier d'éviter les tailles pendant la période de vol du fléau, puisque Sirex Noctilio se trouve prêt à voler et son expansion potentielle est aussi vorace que l'impact qu'il laisse dans les cultures.

Selon la Situation et  le cadre de réglementation au Chili (2012) sur Sirex Noctilio, publié par le Ministère d'Agriculture “dans la zone pré-cordillère de Alto Biobío, où l'invasion a été initialement détectée, des niveaux d'attaque se sont présentés jusqu'à 80 %, et quelques peuplements dans cette zone avec des attaques autour de 50 % des arbres”. Selon le récit d'habitants, la situation à la présente date serait en augmentation. Si bien que l'année présente, "CPF S.A. fait face au défi de produire 12.090 doses du biocontrôleur de Sirex noctilio”, pour combattre l'invasion, ratifie l'organisme.

La communauté comprend que selon la réglementation en vigueur, le SAG serait empêché d'en finir avec l'invasion, donc il consacre ses efforts et les ressources à combattre Sirex avec des contrôleurs biologiques comme des guêpes Megarhyssa nortoni et Ibalia leucospoides, dont les opérants se trouvent en développement. Ceci puisque la massification de Sirex Noctilio pourrait augmenter après les incendies intentionnels enregistrés pendant les dernières semaines et qui ont consumé plus de 600 mille hectares, en plus d'une partie du bois natif en danger d'extinction.

A ceci s'ajoute l'information au sujet des difficultés qu'auraient les corporations forestières au Chili sur le marché international et le danger constant qui touche les plantations. Seulement dans la région du Biobío 68 % de la surface cultivée avec Pino Radiata se trouve sous le contrôle officiel de Sirex Noctilio, et selon les habitants, la situation serait similaire dans les autres localités immergées dans l'industrie forestière.

De plus, malgré les dires des portes-paroles d'Arauco S.A. et CMPC, Charles Kimber et Hernán Rodríguez respectivement, en ce qui concerne les pertes et la rentabilité peu abondante que directement ou indirectement peuvent rapporter les entreprises du secteur, selon une information publiée officiellement par Conaf, en matière des remboursements sur des cas d'incendies de forêt, l'organe a ratifié la validité des allocations, et on a officiellement signalé que “cet instrument a été régularisé grâce à la Loi N ° 20.326 de date le 29 janvier 2009, Décret de Loi  modifié 701 et du Décret Suprême Nº 192”. Cela, avec l'objectif de couvrir “les pertes de reboisement face à un sinistre climatique de sécheresse; une pluie excessive ou hors saison, une inondation, une gelée, une grêle, une chute de neige, du vent ou un incendie”.

Dans le cas spécifique d'un incendie,  la Conaf précise qu'il sera compris par incendie “le dommage expérimenté par la plantation forestière par l'action directe du feu”, des affections à “des pertes, des diminutions ou des dommages à la plantation forestière qui sont la conséquence d'actes intentionnels et(ou) malveillants de tierces personnes, peu importe que soit son origine ou sa motivation”.Comme l'organisme l'exprime sur sa page officielle, “l'assurance paiera les coûts de replantation si le dommage causé par les risques couverts est plus grand au déductible c'est-à-dire le dommage constaté est plus grand à 25 % de la plantation”; la situation qui arriverait en grande partie aux propriétés incendiées jusqu'à cette date.

Tout le précédent renforce l'hypothèse des habitants, en ce qui concerne les motivations de tiers de brûler les propriétés et l'opportunité éventuelle des corporations de l'industrie forestière du Chili qui ont un  mauvais entretien des terrains et d'autres facteurs de risque fournis par l'industrie.

Traduction carolita d'un article paru dans mapuexpress :

SIREX NOCTILIO, pour en savoir un peu plus 

Sirex noctilio

Sirex européen du pin

Les sirex sont des hyménoptères de la famille des siricidés dont les larves mangent le bois en creusant des galeries dans les écorces y compris dans le bois ou les charpentes.

Sirex noctilio est une guêpe au corps cylindrique, trapu de 9 à 36 mm.

Il parasite les pins qui sont l'hôte principal, des genres abies et picea.

Ils parasitent les arbres sains et stressés par différentes raisons comme les blessures lors des coupes, la sécheresse, le feu ou ils parasitent des tiges mortes.

sirex noctilio mâle - abdomen orange et arrière des pattes noir - By Sirex_noctilio_male.jpg: David R. Lance, USDA APHIS PPQ, United Statesderivative work: Toter Alter Mann (talk) - Sirex_noctilio_male.jpg, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9584598

sirex noctilio mâle - abdomen orange et arrière des pattes noir - By Sirex_noctilio_male.jpg: David R. Lance, USDA APHIS PPQ, United Statesderivative work: Toter Alter Mann (talk) - Sirex_noctilio_male.jpg, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9584598

femelle de sirex noctilio couleur bleu-acier avec ovipositeur caché - By Michaellbbecker, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9037298

femelle de sirex noctilio couleur bleu-acier avec ovipositeur caché - By Michaellbbecker, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9037298

 

 

galerie creusée dans le duramen du bois de pin- By Gyorgy Csoka, Hungary Forest Research Institute, Hungary - www.invasivespecies.org, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9032966

Avec leur ovipositeur en forme de scie, les femelles pratiquent plusieurs encoches dans la couche externe de l'aubier et du duramen et y injectent les spores d'un champignon symbiotique responsable d'une carie blanche sui sert à nourrir les larves, ainsi qu'un mucus toxique. Les effets conjugués du champignon et du mucus entraînent la mort de l'hôte et crée ainsi un environnement idéal pour les larves.

Les galeries mesurent de 5 à 20 cm de long selon si l'arbre est pourvu de quantités d'eau ou non.

Elles sont remplies de fragments de bois mâché et de poudre fine.

Les symptômes d'une attaque de sirex noctilio incluent la présence d'une résine qui s'écoule des encoches de ponte, au flétrissement des aiguilles puis à leur jaunissement qui devient par la suite brun rougeâtre.

 

 

megarhyssa nortoni- By Laura Evans - Own work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16271639

Le parasite a des ennemis naturels constitués par différents oiseaux, dont les hirondelles, le pic noir, le grand pic qui consomment les larves mais ne se spécialisent pas.

D'autres insectes sont des contrôleurs biologiques nommés parasitoïdes idiobiontes.

Sur les espèces de la famille des siricidés on trouve ces deux espèces :

megarhyssa nortoni

Ibalia leucospoides

Un parasitoïde est un organisme qui se développe sur ou à l'intérieur d'un autre organisme dit hôte mais qui tue ce dernier au cours de son développement.

Dans le cas d'un parasitoïde idiobionte, la femelle parasite, tue ou paralyse l'hôte adulte avant d'y pondre son oeuf.

Ces parasites sont utilisés dans le cadre de l'agriculture bio ou dans la lutte intégrée car ils contribuent efficacement à limiter les populations d'insectes ravageurs sans avoir à utiliser de pesticides, ce sont des alternatives naturelles.

 

genre de dommages sur les pins - By Paula Klasmer, Instituto Nacional de Tecnologia Agropecuaria, Argentina - This image is Image Number 1349007 at Forestry Images, a source for forest health, natural resources and silviculture images operated by The Bugwood Network at the University of Georgia and the USDA Forest Service., CC BY 3.0 us, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9034493

 

Il est évident dans le cas des incendies au Chili que la monoculture favorise la parasitisme des espèces de sirex.

L'implantation d'espèces non indigènes sur des espaces très étendus fragilise également l'écosystème.

On ne peut que constater dans le cas du Chili que les monocultures de pins et d'eucalyptus sont en train de s'autoréguler naturellement et même de se détruire à plus ou moins court terme.

Mais que les incendies soient d'origine humaine motivée ou non pour des raisons économiques ou d'origine naturelle, des bois natifs d'espèces parfois protégées sont victimes également ainsi que des populations autochtones qui n'ont rien demandé et subissent, l'invasion des compagnies forestières expansionnistes.

L'état qui promeut l'expansion des monocultures au détriment de l'environnement et de la population, au profit des grands capitaux de quelques groupes hyper privilégiés est responsable de ce scandale environnemental, il ne faut pas se leurrer que derrière ces incendies se cachent des intérêts et que ce ne sont certainement pas ceux des plus humbles.

Mais l'avenir nous en dira plus long assez rapidement car la nature reprend toujours ses droits, et je crois qu'au Chili, la nature a amplement raison d'être saturée des affronts qu'on lui inflige depuis la naissance du capitalisme mondialisé.

Sirex noctilio se trouve en Europe, en Afrique du nord, en Mongolie, en Sibérie, en Turquie, en Australie, en Nouvelle Zélande, en Afrique du sud, en Argentine, au Chili, au Brésil , en Uruguay, et dans l'est de l'Amérique du nord.

extension - en vert espèce native- en bleu foncé, espèce introduite- en bleu clair future extension - ou introduction-By BlankMap-World-large2.png: Rokederivative work: Toter Alter Mann (talk) - BlankMap-World-large2.png, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9036756

extension - en vert espèce native- en bleu foncé, espèce introduite- en bleu clair future extension - ou introduction-By BlankMap-World-large2.png: Rokederivative work: Toter Alter Mann (talk) - BlankMap-World-large2.png, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9036756

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Chili, #pilleurs et pollueurs, #Espèces invasives

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