"Ce fut 30 mille disparus" crient-ils à 41 ans du coup d'état en Argentine

Publié le 25 Mars 2017

Ville de México | Desinformémonos. Des milliers de personnes ont marché ce vendredi pour rappeler le coup d'État qui a ouvert le chemin de la dictature en Argentine il y a 41 ans et qui a provoqué la disparition de 30 mille personnes, avec l'intention de répondre, de plus, à la déclaration du président Mauricio Macri, qui a dit : “je ne sais pas si c'était 9 mille ou 30 mille”  en parlant des victimes de disparition pendant l'épisode cité de l'histoire argentine.

Conformément aux manifestants, l'indifférence de Macri face au chiffre des disparus est corroboré par quelques organisations des droits de l'homme , ce qui consiste à minimiser pour ceux-ci de façon indirecte l'horreur que la dictature a signifiée pour les argentins .

Chaque 24 mars, des milliers d'argentins protestent dans les rues du pays et principalement de Buenos Aires, pour exiger la justice pour les victimes du coup d'État de 1976 et pour crier 'Nunca más (jamais plus). Jamais plus l'abus d'autorité, jamais plus les disparitions, jamais plus la dictature.

Pendant la marche, les participants ont aussi applaudi et acclamé les Mères et les Grand-mères de la Place de Mai, qui sont considérées comme “un exemple pour tout le peuple argentin” par leur travail dans la recherche des bébés disparus pendant la dictature. “Je suis ici pour qu'ils ne reviennent plus jamais, pour qu'il n'y ait plus jamais de dictature ni un plan économique qui nous porte la misère”, a dit Amalia Blanco, une enseignante de primaire.

À la manifestation populaire se sont présentés des activistes, des défenseurs des droits de l'homme, des familles avec des enfants et des bébés, mais surtout des jeunes, des héritiers de l'esprit de lutte et de la conviction de continuer contre toute tentative d'abus d'autorité.

Il est important de maintenir la mémoire vive, surtout avec des gouvernements comme celui-ci”, a remarqué l'un des manifestants. “Les mères, les grand-mères, les organismes des droits de l'homme ont obtenu que les militaires soient emprisonnés, ils ont obtenu tout ce que nous voyons ici et maintenant nous avons un gouvernement qui directement le nie”, a-t-il ajouté.

Dans l'ensemble, les assistants à la manifestation ont appelé à l'unité, à ne pas perdre la mémoire, à ne pas pardonner les crimes pendant les années de la dictature et à ne pas permettre que l'actuel président, Mauricio Macri, soit le nouvel ennemi du pays.

Ce 24 mars, 41 ans s'accomplissent depuis que la dictature a débuté en Argentine avec le militaire Jorge Rafael Videla, dans laquelle toute action de participation populaire a été détruite et s'est imposée la répression sur toutes les forces démocratiques.

Seulement dans les trois premiers mois de la dictature, “des assassinats politiques ont été dénoncés dans un nombre équivalent au double des enregistrés avant cette date et pendant la même période. Le nombre de détentions et de séquestrations ont augmenté; la même chose est arrivée avec le nombre de plaintes de torture et l'incidence de morts de personnes sous surveillance”, a rédigé Amnesty International dans un rapport publié en 2016.

Plus de 30 mille personnes, entre autre des étudiants, des intellectuels, des syndicalistes et des professionnels ont disparus, entre autres séquestrés et assassinés, tandis que d'autres ont été exilés du pays.

Traduction carolita d'un article paru dans Desinformémonos le 24 mars 2017 : 

(...) je te réclame /
chaque jeudi je frappe de ton nom les bottes du dictateur /
je mets sur ma tête un petit foulard blanc comme toi /
le dictateur ne voit pas mes larmes, jamais il ne verra mes
larmes de toi / je le frappe avec ma fureur de toi / (....)

Juan Gelman - Lumière de mai

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Argentine, #Devoir de mémoire, #Dictature

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