Guatemala - Briser le silence et la recherche de la justice ; la demande de nos compañeros et compañeras massacrés le 31 janvier (Ambassade d'Espagne)

Publié le 1 Février 2017

Ce 31 janvier il y a  37 ans que nos compañeros et compañeras massacrés à l'ambassade d'Espagne, ont donné leur vie pour la recherche de la justice. 


Leur arrivée à la capitale était dans le but de dénoncer la répression contre la population indigène et paysanne, au nord du Quiché; en particulier le dénommé Massacre de Chajul dans lequel l'armée a séquestré 7 paysans d'Uspantán, les a emmenés dans des hélicoptères jusqu'à Chajul, et quand ils sont arrivés ils les ont tous habillés avec des uniformes vert olive, ils leur ont donné de vieux fusils qui ne fonctionnaient pas et ils les ont fait marcher seuls sur la route, vers  le chevet municipal. Sur ce chemin les soldats embusqués les ont tous tué en disant qu'ils étaient des guérilleros qui avaient voulu assaillir le détachement; après leur assassinat, les paysans l'ont appris à tous les gens qui passaient par la route.

Pour dénoncer ces faits, pour faire prévaloir la justice et demander que cesse la répression, les compañeros et compañeras ont réalisé diverses conférences de presse, des communiqués ont été distribués et des visites ont été réalisées à des organisations distinctes; cependant, dans aucun moyen de communication l'information n'est apparue. La censure de fait qui existait, imposée par la terreur gouvernementale, a empêché que cette information arrive à la population.
C'est devant le silence des médias et la négation à la liberté d'expression qu'ils ont décidé d'occuper l'Ambassade d'Espagne pour de là faire connaître la répression et la violation des droits de l'homme.

L'impunité avec laquelle agissaient les forces gouvernementales en complicité avec le système judiciaire a permis que la police, en violant la loi, assaille l'Ambassade d'Espagne et ils ont brûlés vifs des indigènes et des paysans, des étudiants, des ouvriers, des chrétiens et des habitants, sans que l'on n'enquête et que l'on juge les coupables; plus de 30 ans ont été nécessaires pour que l'on commence à juger les responsables.

Maintenant nous sommes confrontés à une situation similaire : ceux qui bénéficient de l'impunité qui facilite la corruption, la désobéissance aux lois et la violation des droits de l'homme, s'opposent avec toutes leurs forces aux transformations du système de justice et en particulier s'opposent aux changements dans la Constitution qui fortifieront le système de justice.
De la même manière, au moyen de la peur on cherche à limiter la liberté d'expression pour que n'arrive pas l'information à la population, que ce soit déjà en menaçant ou en assassinant des journalistes, en intimidant les défenseurs des droits de l'homme ou en manipulant les peurs pour qu'il y ait une opposition à ces moyens qui fortifient la justice.
Dans ce nouvel anniversaire du Massacre de l'Ambassade d'Espagne, nous nous rappelons nos compañeros et compañeras  et avec leur exemple nous réaffirmons qu'ils ne nous nous ferons pas taire, nous défendrons notre droit de nous exprimer et de faire connaître nos propositions pour la justice, le plein respect des droits de toutes et de tous et la défense de nos territoires.

Cabeza Clara, Corazón Solidario et Puño Combativo des Travailleurs del Campo
Comité de Unitad Campesina-CUC -


Guatemala, le 31 janvier 2017 sur fb

 

Traduction carolita communiqué fb du CUC du 31 janvier 2017  lien

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Guatemala, #indigènes et indiens, #Quiché, #Devoir de mémoire

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