Mexique - La lutte pour la mémoire et la terre du peuple Cochimi

Publié le 17 Janvier 2017

Pendant de nombreuses années les peuples originaires de la Basse-Californie ont été dans une espèce d'invisibilité dans la conformation du projet de nation de l'État mexicain et dans les études et les investigations des sciences sociales. Quand l'Indépendance du Mexique avait été consommée et, surtout, après le mouvement révolutionnaire de 1910 les politiques d'intégration des peuples autochtones ont été dirigées en général au centre et au sud du pays puisque la configuration culturelle des peuples originaires du nord était substantiellement opposée au discours de la nouvelle nation mexicaine dans laquelle s'est exalté le passé préhispanique "glorieux" du Mexique central de celui qui a repris quelques éléments culturels qui ont été considérés éminents pour la conformation d'une identité nationale qui pouvait offrir un sens de possession commune en tant que Mexicains, ainsi qu' “ordre et progrès” de l'État mexicain naissant.

Les cochimís sont l'un des peuples originaires de la famille ethnolinguistique yumana péninsulaire; ils habitent le territoire du désert central de la péninsule de Basse-Californie depuis 2500 av. JC. bien que gráce à la haute mortalité pendant la période des missions ce peuple originaire fût déclaré éteint puisqu' avait été perdu, la langue et la majorité des éléments culturels – matériels - de ce groupe. En ajoutant à cela, le manque de services basiques comme l'eau, l'énergie électrique et l'éducation dans leur communautés ce qui les a obligé à migrer dans des lieux comme Guerrero Negro, Mulegé et Loreto, en Basse-Californie du Sud, à la recherche d'un travail salarié. Cependant et malgré les impacts du système de missions, ainsi que de la diminution et de la désagrégati décembre on de la population sur tout le territoire péninsulaire, les cochimi de Santa Gertrudis, spécifiquement disent :“ nous n : ons pas abandonné notre communauté, puisque nous nous organisons pour que les uns sortent pour travailler tandis que les autres restent dans le lieu, en prenant soin et en travaillant dans les vergers et en élevant à une petite échelle son bétail.” (María Villa Poblano, cochimi)

Actuellement, après un long processus de changement socioculturel, les Cochimí se trouvent à un moment de revitalisation culturelle intéressante puisque, dans le but d'obtenir la reconnaissance de leur ascendance indigène, en 2008 ils ont créé l'association Milapá (le nom en cochimi d'une cactée du désert central que les Espagnols ont nommée cierge,et  comme on le connaît actuellement) façonnée par des natifs des communautés de Santa Gertrudis de Kadacamán et de San Francisco de Borja Adac. L'une des problématiques qui les mènent à être organisés dans l'association précitée est relative à la question du territoire, spécifiquement en ce qui concerne le régime foncier dans la communauté de Santa Gertrudis. Les Cochimí racontent qu'en 1969 l'ejido Indépendencia a été créé avec prés de 128, 000 hectares, desquels, par la loi, ont été exemptées cent hectares qui appartiennent à la communauté de Santa Gertrudis, juste pour être une communauté indigène et pour avoir, dans leur espace, la mission du même nom :“ L'ejido s'est constitué par un décret présidentiel avec 30 originaires qualifiés, tous appartenant à la communauté et aux campements voisins” (Maria Villa Poblano, cochimi). Cependant, l'ingérence de la Commission Agraire Mixte sur l'ejido a dérangé les relations de celui-ci, puisqu'en 1975 et en 1985 a été réalisé une série d'épuration sans notifier la et les parties lésées. Jusqu'alors, et bien que la majorité des familles fondatrices de l'ejido aient été épurées, la communauté de Santa Gertrudis continuait de se maintenir en dehors de la juridiction de celle-ci mais avec la création du PROCEDE et la réforme de l'article 27, les 100 hectares qui définissent la communauté ont passé pour un usufruit de l'ejido, sans la connaissance de la communauté indigène cochimí.

Ainsi, et malgré les problématiques auxquelles ils sont confrontés au fil du temps ils continuent dignement dans leur processus de revitalisation culturelle et de revalorisation de ce qu'elle était, dont ils sont  les natifs, en livrant peu à peu de petites batailles comme celle de recommencer à être reconnu comme l'un des peuples originaires vivants de Basse-Californie et de dire : Waá pyi, penemu, cochimi / Ici nous sommes, nous, les cochimi.

* Blanca Alejandra Velasco Pegueros, Posgrado Desarrollo Rural, UAM-X.

Traduction carolita d'un article de Desinformémonos du 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #indigènes et indiens, #Mexique, #Cochimi

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