Les aigles te volent, libre

Publié le 21 Janvier 2017

Laisse ton regard, oiseau
Se porter au-delà des montagnes
Là-bas où le soleil brille sur les terres ancestrales
La pensée est une aile qu’on ne peut emprisonner.

Emportée par l’aigle des suées
S’évade la pensée
Etoile filante
File sans chaîne sans mur sans barrière
Pour irriguer les pensées-soeurs du monde.

Je veux te parler oiseau
Je veux te parler pensée
Je veux te parler fleur
Je veux te parler beauté
Je veux te parler de tout ce que j’aimerais t’offrir
Dans la vraie vie.

Où il est question d’espoir
Il est un aigle qui recouvre le monde carcéral
De ses ailes majestueuses
Où il est question d’espoir
Ne laisse jamais celui-là te quitter
Confie-le à l’aigle de la liberté.

Si je pouvais refaire le monde à ma façon
Il n’y aurait pas de prisons
L’injustice serait un mot banni
Et les amérindiens des êtres libres distillant
Dans le monde
Leur immense sagesse.

Le calumet de la paix est brisé
La catlinite a fondu son propos
Il n’est de paix sur terre que dans l’égalité
Il n’est de paix sur terre que dans la justice
Un jour Leonard tu sculpteras le fourneau du calumet
Dans une stéatite libre :
L’aigle te regardera, rassuré.

Si j’étais l’aigle des prisonniers
Je modulerais le vent de mes ailes
Vague intermittente
Houle destructrice
Si j’étais l’aigle des prisonniers
J’emporterais dans mes serres
Tous les êtres chers
Qui dorment chaque soir dans la prison de l’injustice.

Envole-toi
Sauge blanche répartie dans la fumée des lendemains meilleurs
Là où tu vas
Je veux aller
Avec Leonard Peltier.

Il était un oiseau sur le bord de la fenêtre
Il était un oiseau
Libre
Qui regardait le prisonnier
L’oiseau s’envole
Le ciel s’obscurcit tout à coup
Le cœur du prisonnier se serre
L’oiseau est parti sans lui.

Je serai la main qui tend la vie
Je serai la main qui distribue l’espoir
Je serai la cape d’invisibilité
Je serai le moineau des certitudes.

Il était un amérindien du nom de Peltier
Qui clamait sa vérité
Il était l’âme d’un grand leader
C’est pour cela, il leur faisait peur
Mener les amérindiens sur le sentier de la guerre
Mener les amérindiens sur le sentier de la paix
Avec sagesse
Avec témérité :
Ils ont voulu l’enfermer.

Et moi je crie chaque jour :
Free Peltier !
Et moi je crie chaque nuit :
Ouvrez-lui les portes :
Mon cri se noie dans la nuit des ombres perdues
Ma colère s’est brisée sur le mur des forces obscures.

Il était un sang pur
Fougueux cheval jamais dompté
Il était un nom pur
Vent-qui-chasse-le soleil
Tate Wikuwa
Laisse la vérité de ta naissance
Eclabousser leur soleil
Chevauche le vent dans la lumière du soleil
Jusqu’au monde du ciel.

Cœur-de-lion, Leonard
Dans ta crinière sacrée
Se tient haut perchée
Ta volonté
Cœur-de-lion, Leonard
Il n’est pas une seconde
Qui ne soit l’écho du rugissement
De la colère des anges.

Je serais l’opale pure de ton cœur
Brillant avec toute l’ardeur de la conviction
Je serais l’obsidienne sombre de la témérité
Exigeant avec force que se brisent les barreaux.

S’il est une chose que j’ai apprise avec toi
C’est le respect
S’il est une chose qui jaillit comme une évidence
C’est la nécessaire réconciliation
Reconnaissance des souffrances infligées
A tous les peuples premiers.

Ta vie a un sens
Il faut connaître ton parcours
T’en convaincre
Ta vie est un sens
Que je veux suivre
Les yeux fermés
Ta sagesse est un sens
Que je veux intégrer.

Accomplis ta danse du soleil
Leonard
Toi qui en es le détenteur
Laisse ton esprit libre
Irriguer la pensée libre
De Wakan Tanka le créateur :
Lui seul apporte la liberté.

Je serais le sourire de la nuit
La libellule porteuse d’eau
Je serais la grande puissance
D’une goutte qui s’écoule
Une goutte après l’autre
Dans le grand sablier de la vie.

Dans l’esprit de Crazy Horse
Je t’ai rencontré Leonard Peltier
J’ai vu la fumée j’ai compté les messages
J’ai vu les messages
Je les ai intégrés
Dans l’esprit de Crazy Horse
Galopent les chevaux libres des espaces libérés.

Tu es le message
La grande main tendue vers demain
Tu es celui qui porte le message
La grande vérité est écrite dans la paume de ton cœur.

Tu es moi et je suis toi
Et nous sommes eux et ils sont nous
Tu es le pendant de ma volonté
Je suis le miroir de ton espérance
Nous sommes leur inconscience et leur cauchemar
Ils sont nos terribles questionnements.

Je regarde le ciel écrire ton message de volonté
Je bois tes mots un à un
Je me les approprie
Et puis j’écris :
Que ta parole est belle Leonard
Que ton écriture fleure bon le foin d’odeur
J’ai appris par cœur ta leçon :
Je peux la réciter.

Et l’aigle emporte Leonard Peltier
Loin bien loin de ce qui fut la prison
Et l’aigle s’envole sans se retourner
Dépose Leonard chez les siens
Et moi je retourne rêver aux Grandes Plaines libres
Avec des amérindiens libres
Avec des chevaux libres
Avec des bisons libres
Avec des floraisons en forme de lunaisons.



Carole Radureau (28/12/2016)

Dans cette petite "campagne" de libération ou de clémence pour le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier, faite à l'issue de la présidence d'Obama, vous avez eu droit chaque jour à un extrait de ce poème qui a été écrit tel qu'il est sur cette page.

Si les mots avaient un pouvoir quelconque sur les décisions des hommes, ça se saurait, si les mots avaient le pouvoir de soulager les maux comme je m'obstine à le croire ou à le dire, ça se saurait également.

Ci-dessous la valise contenant les autres poèmes pour Leonard : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes, #prisonniers politiques, #Leonard Peltier

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almanito 21/01/2017 12:39

Quand j'ai vu ta bannière ce matin, j'ai compris que tu publiais un poème pour lui. Des mots forts qui ne sont pas inutiles, je le crois sincèrement. La nouvelle présidence ne présage rien de bon quand au sort de Léonard et des peuples Aérindiens, mais il faut garder espoir et continuer à les pilonner de mots.

caroleone 22/01/2017 10:44

C'est ce poème que j'ai découpé en 24 morceaux chaque jour pour revendiquer la libération de Leonard, et je collais des morceaux de poème chaque jour sur la page fb d'obama ou sur celle de la maison blanche.....j'ai même mis des messages mais bon, pas eu de réponse, j'en attendais pas d'ailleurs puisque je suis fâchée avec l'anglishe.....j'aimerais bien écrire à Leonard mais il faudrait que je fasse l'effort de le faire en anglais et dans ma tête les messages s'écrivent tous en espagnol. C'est bizarre comme j'ai plein de tendresse qui me vient dans cette langue, parfois j'écris certains textes en espagnol dans ma tête avant de le faire en français.