La feuille au sang de lune

Publié le 29 Janvier 2017

Dans sa coupe échancrée de copal
Dort de tout son vibrant métal
La feuille de vérité
Qui avait puisé son sang de sève
Au cœur de la lune la mère-opportune.

Ni diamants de lisières et d’orées
Ni opales de rus fougueux et fugueurs
La feuille était une folie nomade
Un déversoir de rocambolesques et fécondes
Onomatopées.

Une goutte ronde de cristal
Dans sa parure transparente
Sonnait la bonne aventure
En tressant des lignes de vie au crochet.

La liane de jade
Enroulée de toute sa volupté
Tissait le nid des amoureux
Avec au cœur le sel du palmier en robe des vents.

Dans la profonde émanation de la forêt
Se buvaient des tonnes de nectar fertiles
De roses coupelles aux fêlures éconduites
Recevaient le précieux présent en sa robe de certitude.

Ni silex évolué en sa cape de volutes infinis
Ni galet lissé au semblant des roucoulants va-et-vient
La menthe pouliot avait découpé une à une
Ses veines
Et dans le doux murmure de son agonie
Elle avait laissé échapper son miracle
Dans la bouche bée de la feuille au sang de lune.

Carole Radureau (27/01/2017)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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almanito 29/01/2017 10:50

De très belles images qui se dessinent au fil de tes lignes, j'adore le palmier en robe des vents, entre autres et je me fais la réflexion que tous tes poèmes sont très visuels en fait.

Pas d'illustration pour celui-ci ou bien ça vient encore de mon navigateur...?

caroleone 29/01/2017 11:24

Oui j'écris pour représenter les images dans ma tête et aussi les chants, la poésie est tout cela a la fois et fait de nous,en restant modestes, des artistes complets, du moins il me semble. Je n'ai pas mis d'illustration car je n'ai vraiment pas su comment faire, ce texte part un peu dans tous les sens.