Je suis demandeur de cœur chauffé au blanc de l’espérance

Publié le 27 Janvier 2017

Je suis demandeur de cœur chauffé au blanc de l’espérance

Toc toc !
Je suis petit oiseau
A la recherche d’un abri
D’un petit repas de vermisseaux
Servi sur un plat d’obsidienne
Toc toc !
Je suis un chat abandonné
Ma noire couleur m’a fait la peau
Et dans le coin d’un caniveau
Je dors
Le ventre vide.

Toc toc !
Je suis une âme perdue
Un chien perdu sans son collier
Je ne sais pas ce qu’on me trouve
Chacun me fuit
Chacun me hait
On ne sait pas ma destinée
Et dans la rue j’entends des rires
C’est comme une avalanche
Qui brise ma vie
Sans rien demander.

Toc toc !
Y’a-t-il ici une place libre
Un endroit où poser mes guêtres ?
Toc toc !
Y’a-t-il ici
Un toit de zinc de tuile d’ardoise
Un toit
Rien qu’un toit
Pour abriter mes maux ?

Je suis un vagabond
Un laissé pour compte de la vie
Je fuis
Je rêve
Je suis
La société refuse mon être
Et pour paraître
J’aimerais que l’on respecte
Ma dignité.

Toc toc !
Oiseau du quartier
En passe de briser son sermon
Chat errant
En passe de manquer le repas du soir
Toc toc !
Migrant
Fuyant
Exclus
Perclus
Refus
De la société
Sans mon collier
Je demande l’asile
Y ‘ a-t-il ici une place
Pour réchauffer mon cœur ?

Je suis demandeur de chaleur
Je suis demandeur de cœur chauffé au blanc de l’espérance
Je suis demandeur d’asile en forme de réconciliation
Je suis demandeur d’un secours qui est un mot d’amour
Je suis demandeur d’un regard qui en dit long
Je suis demandeur d’une vie qui souhaite s’étirer
Je suis demandeur de votre main douce sur la mienne
Je suis demandeur de votre attention

Sur la lune des questions
Dort la destinée des sans abris
Sur la terre des pierres chauffées
Dort le sort des déshérités

Il n’y a pas de questions qui se posent
Quand la raison a mis le doigt sur sa raison
Ouvrir une brèche
Ouvrir une porte
Offrir une mèche
Offrir un toit
Et sur le sol froid de l’ombre
S’écrit au pluriel la destinée
De ceux qui ont un toit
Pour penser
A demain.

Carole Radureau (26/01/2017)

A Myriam qui ouvre les brèches, qui ouvre les portes, qui offre une mèche, qui offre un toit.

Yep !
Hip Hip Hourra !
Il fallait être à la cour d'appel de Bordeaux aujourd'hui pour voir le même procureur qui nous avait condamné-e-s il y a deux ans, avec le même dossier, à 3 mois de prison avec sursis et 8000€ de dommages et intérêts, se lever et dire qu'il n'y avait effectivement rien dans le dossier et que par conséquent, il requérait LA RELAXE !!!! 
Le délibéré a été fixé au 9 mars prochain. 
Un compte-rendu plus complet est à venir mais d'ores et déjà un grand merci à vous toutes et tous pour le soutien, l'amour, le courage donné, la force ! Toutes mes pensées pour Antoine ! On lâchera rien !

 

m. le 27/01/2017 sur fb

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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almanito 27/01/2017 10:44

Quelle honte d'en arriver là dans un mays dit civilisé, j'avais vu la vidéo pour le DAL33 chez Serge.

Ton poème est chaleureux et très beau, j'ai bien aimé la transposition avec le chat, vagabond souvent exclu.

caroleone 27/01/2017 12:31

Avec cette affaire on est dans le même cas de figure que pour celui qui a hébergé des migrants, le délit de solidarité.
Oui les chats, les animaux sont des porte-paroles et puis aussi parce que pour moi, quand le froid est là, ça me ronge et me mine de penser à tous ceux qui ont froid, aussi bien les travailleurs que les sans abris que les oiseaux et les chats etc......ça me rend malade et de simples mots ça ne suffit pas pour compenser. Aujourd'hui c'était une vraie patinoire et le dégel arrive, avec lui le changement de température ce qui donne de drôle d'effets sur l'organisme.