Les incendies de forêt n'en finissent plus au Chili - Où l'on voit les dégâts des monocultures de pins et d'eucalyptus

Publié le 25 Janvier 2017

La semaine dernière se sont déclarés 75 foyers d'incendies de forêt le long de 6 régions depuis la Région Métropolitaine, la Quinta, La Sexta (la plus affectée avec presque 80 % de zone affectée), la Septima, la Octava et la Novena, desquels 38 étaient contrôlés et 36 se maintenaient actifs, ce qui a provoqué, jusqu'à présent, plus de 90.000 hectares affectés comme a confirmé le Ministre de l'intérieur Mario Fernández. Selon la CONAF, cette vague d'incendies de forêt est l'une des pires des 50 dernières années, ce qui a amené le gouvernement a décréter certaines de ces zones  sous État de Catastrophe (exception constitutionnelle) et l'État d'Émergence. extrait de cet article

 

Ci-dessous, j'ai traduit un article de 2015 qui dénonce les catastrophes que provoquent les monocultures au Chili de pins et d'eucalyptus, je crois que l'on est dans ce scénario précisément .

Incendies de forêt et crise hydrique dans le centre sud du Chili : Pas plus de plantations de pins et d'eucalyptus

 

Ceci est une débâcle sociale causée par des entreprises forestières, qui entretiennent de nombreux incendies de forêts incontrôlés qui année après année dévastent des milliers d'hectares du centre sud du Chili, tandis que des personnes des entreprises et certains politiques essaient d'éviter leurs responsabilités, en levant des rideaux de renseignements sur “des attentats organisés et planifiés”.

Cependant, un fait indéniable consiste en ce que les plantations de monocultures de pin et d'eucalyptus, par leur composition et leur structure, favorisent les incendies qui causent d'énormes dommages sur les territoires. En plus, l'état chilien année après année investit d' énormes quantités de ressources financières pour subventionner les entreprises, à travers des institutions publiques ou des universités, comme c'est le cas pour la biotechnologie, les études de marché, la lutte contre les ravageurs, les primes pour développer et étendre les terres des paysans et des communautés Mapuche, d'énormes contingents policiers pour protéger leurs propriétés dans le cadre de plaintes pour les terres et de forts contingents brigadistes pour pallier les incendies.

Malgré le panorama désastreux, au Chili, le Pays continue de provoquer l'augmentation du reboisement en monoculture d'espèces exotiques au moyen de la prorogation du décret 701 qui a été créé au début de la dictature militaire et qui cherche à présent, sournoisement, à doubler les monocultures de plantations exotiques de pin et d'eucalyptus, ce qui intensifierait les graves impacts que cette industrie cause et cherchent à l'étendre sur des terrains des secteurs les plus vulnérables,  estimant arriver à 5, même 6 millions d'hectares arborés avec les monocultures.

Aujourd'hui, ce cadre législatif, met sur la table, la projection de l'hérédité et le modèle de la dictature militaire basé sur la déprédation, sur l'assassinat de la vie rurale et l'accumulation des richesses pour certains groupes privilégiés (principalement des entreprises comme Mininco et Arauco), par rapport à des possibilités de définir les nouvelles formes de développement qui revitalisent la vie rurale et qui fortifient les économies locales et d'ailleurs, de mettre une priorité sur la sécurité du Pays, puisque par un modèle non viable, il continue de mettre en péril la vie de milliers de personnes, en plus de la destruction des biens naturels et matériels.

En janvier 2012, plus de 70 organisations de tout le Chili, à travers une lettre publique ont alerté les divers territoires des tentatives des entreprises forestières et des institutions publiques de l'état de promouvoir l'introduction d'espèces exotiques de pin et d'eucalyptus qui, comme ils l'ont remarqué “apporteront seulement de graves conséquences pour la vie rurale, une plus grande sécheresse, de plus grands impacts, et une grave exposition à l'infection de fléaux (comme la guêpe perforeuse du pin) avec des pertes totales”. Pour de telles raisons, ils ont fait appel à ne pas accepter les bénéfices supposés. “Aujourd'hui, il y a plus de 3 millions d'hectares au centre sud du Chili de ces plantations et à court terme ils cherchent à doubler cette quantité. Leur objectif c'est l'introduction de ces plantes sur les terrains des paysans chiliens et des communautés Mapuche avec une remise de bénéfices supposés, comme plantes offertes et même des dons en argent pour des coûts”, remarquaient-ils.

Dans un autre point ils signalaient : “Les entrepreneurs forestiers ont des fortunes en milliards de dollars aux dépens de la mise à sac des territoires. Les pins et les eucalyptus sont des espèces exotiques qui ponctionnent à grande échelle de l'eau des estuaires et des nappes souterraines, qui érodent les terres et par leur introduction remplacent des terres agricoles et ancestralement productives, comme également des forêts natives. C'est ainsi qu'ils tuent progressivement la vie rurale. Par conséquent, avec le manque croissant de terres cultivables plus la perte d'eau,cela oblige plus de population rurale a émigrer dans les villes, qui sont paralysées à leur tour par le manque d'emploi, de vraies opportunités”.

Pins et eucalyptus favorisent des incendies

Sergio Donoso, un Ingénieur forestier de l'Université du Chili et président du Groupement d'Ingénieurs Forestiers pour la Forêt Native (AIFBN) a informé la Radio de l'Université du Chili ce 18 février 2015, que l'un des éléments facilitant pour la propagation d'incendies est l'excès de plantation d'arbres exotiques, comme le pin et l'eucalyptus :“ C'est un élément facilitant, quand il y a une grande quantité de combustible et que c'est très homogène, bien entendu dès que démarre l'incendie, le contrôle de ceux-ci devient beaucoup plus complexe, coûteux, difficile et en ajoutant que ce type de plantations de pin et d'eucalyptus, des espèces de croissance rapide demandent une grande consommation d'eau, étant donné le taux de croissance qu'ont ces arbres. Par conséquent, le niveau de sécheresse et le manque d'eau qui se présente dans ces environnements est beaucoup plus intense et facilite donc le processus de propagation de ces incendies, dans ce sens ce ne sont pas clairement des éléments qui permettent de calmer, mais dans de nombreux cas ils facilitent la propagation” a-t-il condamné.

Comme elle s'est déjà distinguée dans d'autres publications, Mary T. Kalin Arroyo, prix national des Sciences 2010 et directrice de l'Institut d'Écologie et de Biodiversité (IEB) de l'Université du Chili, a publié en avril 2014 dans le quotidien La Tercera une note d'opinion à l'égard de l'incendie qui a touché les collines de Valparaiso et la relation avec les plantations forestières, en signalant :“ Un aspect peu mentionné (à l'égard de l'incendie dans le port) est la composition de la végétation naturelle des collines de Valparaiso, qui est un buisson typique chilien, bien qu'inflammable,mais pas autant que les espèces exotiques (eucalyptus, pin et acacia) qui ont été semées sur la zone. L'Eucalyptus globulus est considéré comme l'une des plantes les plus sensibles aux incendies de forêt au monde. Les feuilles contiennent les composés volatils qui produisent localement des incendies explosifs. Une fois allumée, l'écorce se détache, en produisant des foyers additionnels. Les pins ont une haute contenance de résine dans les feuilles. L'Acacia delata qui est commun au Chili central est inclus dans la liste des plantes les plus inflammables de la Tasmanie, d'où elle est native”.

Crise hydrique

La majorité des communautés du Maule, de Bio Bio et de l'Araucanie qui présentent des concentrations forestières se trouvent affectées par le déficit hydrique qui s'abat dans cette partie du pays. Une grande partie du problème comme l'ont dénoncé des comuneros, découle de la présence de plantations forestières d'entreprises privées, qui consomment une grande partie des eaux souterraines, ce dont souffrent dans leur chair les familles courageuses, à qui une solution intégrale n'est pas offerte.

Tandis que divers secteurs politiques et patronaux jouissent de leurs vacances, des milliers de familles n'ont pas d'eau basique et l'agriculture à moindre échelle a littéralement disparu dans ces zones.

Une étude de 2010 sur “l'Effet des plantations de Pinus radiata et d'Eucalyptus globulus sur la ressource en eau dans la Cordillère de la Costa de la région du Biobío, Chili”, détermine certains niveaux d'impact que les plantations ont sur les ressources en eau au centre sud du Chili. Les auteurs et les enquêteurs de l'Université Australe de Valdivia, Anton Huber, Andrés Iroumé, Christian Mohr, Cristian Frêne, ont déterminé les niveaux d'impacts, dont l'analyse de base sur les hypothèses suivantes :

les caractéristiques distinctes qu'ont les canopées des plantations forestières affectent les pertes d'eau par interception et, par conséquent, la quantité totale d'eau qui atteint le sol dans chaque bassin; les quantités inégales d'eau impliquées dans l'évapo-transpiration se répercutent sur le débit des effluents; et, que les différences entre les valeurs des différents composants du bilan hydrique et les particularités des bassins définissent la quantité de sédiments transportés.

La situation que vivent de nombreux territoires fait voir qu'il n'est pas possible de continuer avec l'expansion de plantations de pin et d'eucalyptus et, pour une question de sécurité et de bien-être collectif, on fasse changer en urgence les modèles de développement pour qu'ils tendent à la revitalisation de la vie rurale et non à son élimination, comme ce qui est fait jusqu'à présent. Pour cela, il semble indispensable que les législateurs et les secteurs politiques qui ont promu l'affaire des forestières, changent leurs comportements selon les principes et les valeurs qui s'occupent des droits de l'homme.

Informations en relation (en espagnol) :

Polémica desatada en la Araucanía por responsabilidades en incendios forestales / http://issuu.com/tiempo21_ediciondigital/docs/321#sthash.06lB0svt.l8OZabh2.dpuf

Efecto de plantaciones de Pinus radiata y Eucalyptus globulus sobre el recurso agua en la Cordillera de la Costa / http://mingaonline.uach.cl/scielo.php?pid=S0717-92002010000300006&script=sci_arttext

Los incendios del negocio forestal - Ver Video / https://www.youtube.com/watch?v=X0qIfit2WTg

Crisis hídrica en la región Araucanía, Chile / https://www.youtube.com/watch?v=DIHrTV4AnGg

Los Mega Incendios Forestales son crímenes de Lesa Humanidad / http://www.mapuexpress.net/content/news/print.php?id=8042

Organizaciones de todo Chile hacen un llamado a Sectores Campesinos y Comunidades Mapuche a No introducir más Pinos y Eucaliptus en los territorios / http://www.mapuexpress.net/content/news/print.php?id=8073

Las plagas que desde 2001 arrasan con las forestales del sur de Chile / https://www.veoverde.com/2012/01/las-plagas-que-desde-2001-arrasan-con-las-forestales-del-sur-de-chile/

En la ONU: El caso de Empresas, Incendios forestales y montajes al Pueblo Mapuche / http://olca.cl/articulo/nota.php?id=103416

Ecoportal.net

Equipo Comunicaciones Mapuche

 

Traduction carolita d'un article de Eco portal.net du 19/02/2015 : 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Chili, #PACHAMAMA, #pilleurs et pollueurs

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Sergio Medina 27/01/2017 15:43

quelque precitions: ce ne sont pas moins de 140 foyers d'incendies, et 270 mil hectares qui sont parties en fumée.D'autre part, ce sont deux familles qui contrôlent le 70% de plantations de la monoculture. Les principaux béneficiares des incendies ce sont les foréstiers en premier lieux puis les immobiliers, à ceci vient s'ajouter ceux qui désirent déstabiliser le pays pour revenir au pouvoir. Il est urgent de revoir toute la politique forestière.et l'organisation de la lutte contre les catastrophes, car elle est vieille de 40 ans avec des équipements anciens, dépassés, et pas assez nombreux.

caroleone 27/01/2017 16:04

Merci pour les précisions Sergio.