Hasta otro día Chicho Sánchez Ferlosio - Amancio Prada

Publié le 23 Janvier 2017

Je vous présente ce petit bijou de musique avec deux grands chanteurs que j'aime et le texte ci-dessous que j'ai traduit et qui exprime bien qui était Chicho Sánchez Ferlosio......que vous retrouverez  ICI  avec quelques chansons traduites .

 

Le monde que je ne vis pas


Ce disque est le fruit de mon amitié avec Chicho et il est dédié au chanteur qui avait le plus d'humour et de talent que j'ai connu. Certaines de ses chansons sont devenues très populaires dans les années soixante et les gens les chantaient en pensant qu'elles étaient "anonymes", cet état de grâce d'une célébrité supérieure. Un auteur ne peut pas aspirer à une plus grande gloire. Il est seulement arrivé à publier un LP, en 1978 : “A contratiempo”.

Les chansons interprétées dans ce disque représentent une petite partie de son vaste répertoire. La majorité sont signées de sa musique et de ses paroles; il a composé les autres sur des poèmes d'Agustín García Calvo; j'ai mis “La vecina” musique d'il y a quelques années; il y a aussi quatre chansons traditionnelles qu'il m'a apprises adaptées à ma manière. D'une façon ou d'une autre, toutes sont de Chicho Sánchez Ferlosio. Elles forment l'empreinte sonore qu'il a laissée dans ma vie et dans celle de tant d'amis : sa mémoire.

Chicho a été l'une des personnes les plus intelligentes et bonnes que j'ai connues. Il s'intéressait à tout, savait presque tout, Ainsi je lui disait un jour. “Ce qui se passe, ce qui se passe, c'est que cela consiste en ce que où les autres ont des lagunes moi j'ai des îlots” …, m'a-t-il répondu. Il était élégant dans son négligé, éduqué et généreux, doucement anarchiste et bénévole; bénévole dans le sens de vouloir trouver le bien, la bonté et le plaisir. “La différence entre un cigare et un joint consiste en ce que le premier te fait perdre l'anxiété, et le deuxième te donne du plaisir. La même différence existe entre un analgésique et un massage.”

Il attirait mon attention, son regard réfléchissant, toujours brillant, qui te faisait voir les choses depuis une perspective distincte. Mais, pour très critique qu'il était, cela ne jaillissait jamais de lui avec rancune ni amertume. Sérieux et souriant. Respectueux avec tout le monde : “Les idées sont pour les personnes, et pas contre. Il faut plus respecter les personnes que les idées, parce que les personnes souffrent et les idées non”.

C'était Agustín García Calvo qui m'a parlé de lui pour la première fois. À Paris, aux alentours de l'année 70. C'était moi qui commençait à surveiller musicalement sa poésie et Agustín à l'époque m'a passé une bande de magnétophone avec quelques chansons de Chicho, ““poniendo mis delirios en solfa”, pour qu'il prenne de bonnes notes, je suppose. Quelques années plus tard, je l'ai personnellement connu chez Carmen Martín Gaite, la Calila de “Caravel de Caraveles“. Je me rappelle que cette après-midi-là nous sommes restés tous les trois chantant jusqu'à tant et plus. Certaines de ses chansons il les connaissait déjà de Carmiña et les avaient entendues : Por el camino viene, Si las cosas no fueran, Hoy no me levanto yo.

C'était en février 1978 que nous nous rassemblons pour la première fois sur une scène Chicho, Agustín et moi, au Collège Universitaire de Zamora. De ce jour c'est précisément la photo que Pablo Sorozábal a faite de nous, quelque temps avant de commencer le récital. Quelques années après, en 1982, José Luis Gómez, qui dirigeait le Théâtre Espagnol, nous a invité à donner là-bas quelques récitals.

En ces dernières années, quand il a commencé à avoir sa santé dégradée nous nous voyions avec une plus grande fréquence, quelques fois dans sa maison, les autres fois à l'hôpital. Il passait des saisons à La Paz et là je venais le voir. En sa compagnie j'apprenais toujours des choses, sa conversation était gratifiante. Tu ne t'ennuyais jamais avec lui. “J'ai observé qu'il y a cinq types d'infirmières : les maternelles, qui traitent le malade comme un fils; les parentales, qui le traitent comme un parent; les poupées qui te traitent comme si tu étais un baigneur; les professionnelles, qui traitent les malades comme des êtres humains; et les infirmières budú qui te traitent comme un baigneur mais pour ton malheur! Les meilleures, bien sûr, ce sont les professionnelles.”

“Cette cohabitation est une non expérience” … Et il racontait comme la vie du coucou est piquante , libre de responsabilités familiales, la chance qu'il a de ne pas avoir à supporter d' exercer aucune autorité, puisqu'il ne connaît pas ses parents ni ses enfants … Et il te parlait d'autres animaux culottés qui existent dans la nature, comme la chenille, le cochon, ou le poulpe mimétique … je l'ai déjà dit, impossible de s'ennuyer avec lui.

A une certaine occasion ils ont à lui faire quelques épreuves assez douloureuses. Le médecin l'avertit ainsi. Bon, en avant. Après avoir terminé, le médecin lui dit “vous vous êtes très bien comporté vous êtes très bien, oui monsieur”. – Eh bien, c'est que je suis un professionnel …, répond Chicho. – “Ah: êtes-vous médecin ?”. – Non, non, je suis malade, un malade professionnel.

“Le rythme unique que sent notre corps est celui des jours. Celui des années est un cycle qui suit le soleil, mais non notre corps”. Et il te l'explique. Encore une fois, après nous avoir congédiés, il m'a dit “Ah, il te sera agréable ce quartet qui m'est venu à l'esprit” :

Parce que dans ma tête
commande le coeur
parfois je me tais
ayant raison.

Ainsi c'était Chicho. Un crâne privilégié. Un caractère et une figure.
Ni mieux ni pire”, dirait-il.

 

traduction carolita d'un article paru sur le site d'Amancio Prada en 2005 au sujet de Chicho Sanchez Ferlosio et de cet album :

El cantar tiene sentido- Don Din- Pa la sangre- Dulce vino de olvido- La vecina- or el camino viene- Si las cosas no fueran- Baraka- A tocchi a tocchi- Ladinadaina- Permitame usted que hable- Brave marin- Hoy ne me levanto yo- Tu, cuya, mano- Villancico laico gitano- Guambrita- Carcel por dentro- Pene de muerta- El mundo que yo no viva

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chanson du monde

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