Colombie : Les Kogis

Publié le 17 Janvier 2017

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Sierra Nevada

Ils sont dans la Sierra Nevada.
Ils sont monothéistes, et Dieu est Femme.
D'abord il y avait la mer. Tout était obscur.
Il n'y avait ni soleil ni lune ni gens ni animaux ni
plantes.
Seule la mer était en tous lieux.
La mer était la Mère. (...)

Ernesto Cardenal (Hommage aux indiens d'Amérique)

Par Taggen — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18954722

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Au nord de la Colombie se situe la Sierra Nevada de Santa Marta qui est la plus haute montagne côtière du monde avec une altitude de 5800 mètres.

Elle borde la mer des caraïbes et se trouve à une quarantaine de kilomètres des terres.

La Sierra Nevada est aussi escarpée que le versant sud de l’Himalaya et les indiens savent habilement utiliser les différences d’altitude pour obtenir des récoltes à différentes époques de l’année.

Le climat est tropical , chaud et humide et de grandes variations climatiques peuvent se produire dans la même journée.

Au sein des 4 tribus qui vivent dans cette partie du monde, vivent les indiens Kogis.

Ils sont au nombre de 9911 personnes

Ils partagent les mêmes coutumes que les autres groupes indigènes qui sont les Arhuacos, les Arsarios et les Kankuamos.

 

Les ancêtres des indiens actuels, les Tayronas étaient des maîtres orfèvres moulant des figurines d’esprits, d’humains et d’animaux à l’aide de l’ancienne technique de la « cire perdue ». L’’or , extrait du sable des rivières, fondu et versé dans le moule prenait la forme de la cire. Les figurines étaient utilisées dans les rituels, placées dans les tombes ou enterrées en paiements à la « terre ». Pour les indiens ( comme pour nous d’ailleurs) l’or est un métal sacré et d’une grande importance rituelle. Les envahisseurs ont vite flairé ce « filon » et pillèrent tout ce qu’ils purent piller, affectant terriblement les indiens, héritiers de toutes ses pièces de leur passé et les affectant d’autant plus que les pilleurs n’avaient aucun respect pour le métal sacré.

Un Kogi ou Grand frère regarde les touristes, les petits frères - Par Luis Perez — http://www.flickr.com/photos/pe5pe/5344338290/sizes/o/in/photostream/, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19697150

 

LA LIGNE NOIRE

 

 

Elle délimite le territoire ancestral et est stipulée dans la résolution numéro 00002 de 1973 et modifiée par la résolution numéro 837 du ministère de l’intérieur. La ligne noire passe par les sites sacrés remis par la Terre mère comme héritage.

La Sierra Nevada est considérée comme la ville spirituelle, les indiens en sont les gardiens ainsi que de celui du monde.

Leur raison d’être est de prendre soin de la vie, les montagnes de la Sierra Nevada sont des Mamos ( chamans), ce sont les géniteurs de toute vie. Les indiens leur adressent leurs offrandes afin que la vie soit préservée.

HERMANOS MAYORES ( les frères aînés) : est le nom qu’ils se donnent.

Les autres peuples ( nous en l’occurrence) sont dénommés «  HERMANOS MENORES, les frères cadets, les petits frères.

 

Ils pensent que leur message doit être diffusé aussi largement que possible, ils savent qu’ils ont beaucoup d’alliés dans le monde et que de plus en plus d’individus défendent comme eux les valeurs humaines au détriment des valeurs économiques.

Par Uhkabu — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32173257

 

Les Mamos, prêtres, ou savants ou encore chamanes soutiennent le monde, ils conservent les forces en équilibre.

Ils chantent et dansent, célèbrent les cérémonies et font les « paiements » à la terre. Ils guérissent les maladies, gardent les objets sacrés, les bâtons, les masques, les pierres sacrées.

 

Ecoutons-les :

 

« Les blancs nous maltraitent et ne sont d’accord avec nous que lorsqu’ils veulent obtenir de nous quelque chose, comme nos votes pour leurs politiciens qui promettent beaucoup et ne donnent rien.

Ils nous ont enseigné des besoins nouveaux qui nous séparent peu à peu de nos traditions et de nos méthodes anciennes pour produire tout ce dont nous avons besoin.

Ils ont apporté leur propre façon de penser dans notre communauté. Mais leurs idées sont mauvaises et rendent certains d’entre nous honteux d’être indiens, ce qui devrait pourtant être notre plus grande fierté.

 

« Etre indien, c’est comme être à la racine des choses « 

Colombie : Les Kogis

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LA COCA

 

C'est une importante plante rituelle cultivée par de nombreux peuples indiens des Andes et de l’Amazonie. Ses feuilles contiennent des alcaloïdes ( au nombre de 14) dont la cocaïne.

Pour extraire l’alcalin actif de la feuille, les indiens de la Sierra réduisent des coquillages marins en fine poudre de chaux qu’ils mettent dans une gourde fermée par un bâtonnet. Chaque homme porte sa gourde ou « poporo » avec son sac de feuilles de coca et lorsqu’ils se rencontrent ils en échangent une poignée.

Ils mâchent une poignée de feuilles qui forme une chique, retirent de leur poporo le bâtonnet enduit de poudre de coquillage et le roulent précautionneusement dans la chique. Une partie de la poudre se mélange avec les feuilles mâchées et la réaction chimique peut commencer en libérant les alcaloïdes.

Avec le temps , l’orifice du poporo se couvre d’une fine couche de calcium durcie par le frottement répété du bâtonnet.

Les Arhuacos pensent que consommer la feuille de coca les rend plus vifs et lucides, plus résistants à la fatigue et à la faim.

Il y a un symbolisme sexuel dans ce rituel utilisé principalement par les hommes : l’usage du bâton ( mâle) et du poporo ( femelle).

LES KOGIS

Se prononce kogui.

Autres noms kággaba = les gens de la terre

Coqui- Kogi- Yoghi.

Coté nord de la Sierra Nevada, dans les départements de La Guajira, Cesar et Magdalena.

Langue : kogi de la familles des langues chibchanes.


 

 

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Des jardiniers qui n’ignorent rien de la permaculture

Les Kogis sont des agriculteurs ou plutôt des jardiniers, toutes les formes vivantes qui se déploient dans leur environnement sont travaillées avec une idée d’alliance avec la nature . Les produits de la terre-mère sont un élément essentiel de cette dernière et doivent composer l’univers des Kogis. Chaque élément est essentiel, une composante à ne pas négliger et qui permet d’enrichir naturellement par exemple la terre pour l’enrichir comme avec les coquillages ou qui permet d’obtenir une ombre diffuse avec le placement précis d’un jardin ou la plantation d’un arbre plus haut.

Il y a 2 saisons sèches dans l’année de décembre à mars et de juillet à septembre qui s’alternent avec 2 saisons des pluies comprenant des précipitations assez violentes et importantes.

En décembre et janvier les jardins sont nettoyés.

En février commencent les brûlis de bois auparavant abattus.

Les jardiniers cultivent de nombreuses espèces, ils sont persuadés que consommer des protéines animales est dangereux pour la santé du moins lors des rituels et pour cela leur agriculture comprend une grande variété de cycles végétaux qui sont répartis sur les différents étages de leur territoire.

Cela leur permet d’obtenir de quoi survivre toute l’année.

Certains pensent que la permaculture est une invention de la société occidentale et civilisée mais c’est bien les peuples premiers qui en sont les véritables détenteurs

Chaque famille dispose de lieux de vies sur les différents étages de la sierra . Ils se déplacent avec le peu qu’ils possèdent, leurs enfants et leurs animaux par un réseau de chemins ou bungula sillonnant la sierra et en parallèle des cours d’eau.

L’espace cultivé a été laissé auparavant en jachère, il est retravaillé et planté tout d’abord de tubercules.

Puis sont semées les céréales dont le maïs et des légumineuses.

Les tiges de maïs servent de support aux légumineuses comme c’est le cas dans le système de la milpa des Mayas.

Ils répartissent les plus grandes plantes comme les plants de banane plantain et les arbres fruitiers à des endroits demandant une ombre diffuse tout en protégeant les cultures du vent.

Chacun vient puiser dans ce grand garde-manger à ciel ouvert ce dont il a besoin.

La ressource principale est la banane plantain qui est un fruit salé consommé comme un légume toute l’année.

Ensuite vient la banane, les haricots, la pomme de terre (un produit qui est venu avec la colonisation), la canne à sucre, les oranges, les mangues, le manioc, le maïs ; la batata et le name.

Certains produits sont emportés à d’autres étages, ils sont échangés contre des produits agricoles.

Le stockage est peu répandu car il y a peu de matières à conserver et parce qu’ils pensent qu’il n’est pas nécessaire de produire plus que nécessaire.

 

Aluna

Aluna c'est la pensée ou l'énergie créatrice.

En toute chose est aluna, elle a sa place dans tout ce qui est vie, c'est un principe de vie

L'amour c'est aussi aluna, vivre c'est être en aluna (penser et aimer)

Aluna est le message des Kogis et des peuples de la Sierra Nevada de Santa Marta.

(...) La pensée ils l'appellent aluna
(et c'est aussi esprit, souvenir, âme, vie).
Aluna c'est l'esprit ou l'idée des choses.
Avant la création du monde la Mère Universelle
a existé en aluna
"elle n'était ni quelqu'un ni rien ni quoi
que ce soit
elle était aluna" (...)

Ernesto Cardenal - Hommage aux indiens d'Amérique

colibri coruscans- Par http://www.birdphotos.com — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4242900

 

Les animaux

Pour les Kogis ils sont considérés presque comme des personnes. Le colibri représente le paradoxe entre la beauté et le côté solaire de son plumage et la paresse ou l’instabilité. Cet oiseau est important dans les rituels, les danses, les cérémonies car il symbolise les voyages chamaniques d’un monde à l’autre.

La grenouille, la chauve-souris, le jaguar font également partie du bestiaire des Kogis.

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La musique

 

La musique tient une place importante dans le travail spirituel.

Les instruments utilisés sont la flûte ou quizi, les tortues ou kuiiguba, le tambour ou kaja.

La flûte est masculine, c’est alors kuizi sigi ou macho ou féminine, elle est alors kuizo bunzi ou embra. Les flûtes doivent parler ensemble, les mélodies des hommes, répétitives et simples se trouvent comme enroulées par les mélodies des femmes qui se développent de façon plus mélodieuse.

Chaque mamu a ses propres danses et chants qui sont utilisés lors ses mariages, des baptêmes et de la mort.

D’autres instruments sont utilisés comme sonnailles ou clochettes ou trompes fixées aux chevilles : maracas, petits tambours, coquillages, calebasses.

La mochila

Le tissage des mochilas ou tutu, ces petits sacs que portent les hommes en bandoulière et qui leur sert bien souvent à transporter des feuilles de coca est effectué par les femmes. Les femmes filent le coton que vont tisser ensuite les hommes sur le métier à tisser. Homme et femme tissent en relation avec la mère. La mochila est aussi la représentation de l’utérus féminin dans lequel nous avons tous grandi. Un homme porte toujours 2 ou 3 mochilas croisées sur sa poitrine, dans l’une il y met ses objets spirituels, dans une autre des objets courants et dans une autre le poporo.

 

Le tissage

 

Le tissage est une activité essentielle.

 

Le tissage est une activité masculine et personnelle. Les hommes ont toujours leur métier à tisser appuyé contre un mur devant chez eux.

La pensée nécessaire à la cosmovision Kogi s’exprime au sein d’un immense métier à tisser vivant et le territoire lui-même est un grand métier à tisser. C’est pourquoi pour les Kogis vivre c’est tisser et tisser c’est penser, se relier a aluna.

Le métier à tisser qui est le territoire exprime le symbolisme porteur des principes éthiques et les mamu au fil de leurs actes de méditation déplacent avec finesse les fils (ou relations) qui se régulent sur le territoire des Kogis.

Le métier à tisser en lui-même est de forme rustique composé d’un cadre carré en bois maintenu par 2 autres morceaux de bois croisés en diagonale tenant l’ensemble, il est appuyé contre le mur de la maison.

 

Dans le livre de Kathy Dauthuille on apprend à tisser les relations complexes de la cosmovision Kogi tout comme le fil navigue d’un motif à l’autre, suivant parfois des zigzags imprévus pour réaliser à la fin une œuvre complète ou chaque élément est à sa place.

Tisserand du soleil de Kathy Dauthuille

 

(..) Se déroule alors tout au long de ce poème aux trente-six mélopées, un collier de perles rares et lumineuses, tissage des quatre éléments qui se multiplient en restant toujours neuf. (…)

Par Thomas Dahlberg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18476413

Par Thomas Dahlberg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18476413

La  maison ou juzhui

La maison sert surtout à protéger lors des intempéries car la Sierra Nevada est considérée comme une grande maison. Regroupées par 2, une pour les hommes et une pour les femmes. Le toit est en palmes (représentation des arbres de la sierra), la pointe du toit c’est le cœur de la Sierra. La porte et le bois utilisés dans la maison représentent les sommets, les vallées. Chaque maison a un nom et une pensée.
La kankurua est la hutte sacrée, une reproduction de l’univers qui représente la porte d’accès à différentes dimensions (aluna l’énergie, yuluka l’équilibre, seiwa l’alliance, selda le contraire) et aux clés du savoir des Kogis.

Don et contre-don

 

En contrepartie de ce que donne la nature chacun doit réaliser un remerciement ou faire des dons. Ceci est au cœur du système social Kogi

« Tu m’aides et je t’aide sans contrepartie rémunérée » est le système régissant les relations entre frères, beaux frères et voisins. Un très puissant système de valeurs qui existe à travers le don et le contre-don et qui apporte l’harmonie, l’équilibre, la solidarité, l’engagement, la responsabilité, le respect et l’écoute.

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Le poporo

 

Le poporo est une calebasse surmontée d'une boule jaune qui est remise au jeune garçon qui a réussi le rite de passage pour devenir adulte et peut alors se marier.

Il est rempli de chaux extraite de coquillages calcinés et pilés qui, mélangée en bouche avec les feuilles de coco permet de libérer l'alcaloïde de la coca sur les muqueuses.

Il faut un morceau de bois fin de 20 à 30 cm pour sortir la chaux du poporo.

La calebasse et le morceau de bois représentent la dimension féminine et la dimension masculine de l'existence.

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Les cartes tressées ou tissées

Ce sont des cartes mais pour eux elles représentent également des calendriers, des supports de toute sorte qui nous amènent à avoir une lecture mentale spirituelle et matérielle de leur cosmovision.

Ces cartes physico-symboliques représentent le monde tel qu'ils le voit. Elles sont aussi le coeur du monde, reliées à la pensé fondamentale des Kogis et qui règle chaque chose de leur vie : Vivre c'est tisser la vie.

Cet article de Tchendukua apporte toutes les précisions essentielles sur le mode de vie des Kogis, c'est un documentaire d'une grande richesse.

Sous forme d'abécédaire tout y recensé avec savoir-faire et vous aurez toutes les explications nécessaires à votre intérêt pour ce peuple.

Les données apportées en grande partie dans la réalisation de cet article proviennent de ce document qui m'a servi de source.

Quelques sites et liens que je vous recommande en rapport avec les Kogis :

Association Tchendukua Ici et ailleurs

Créée en 1997 par Eric Julien, sous le parrainage de Pierre Richard, Edgar Morin et Jean-Marie Pelt, l'association Tchendukua réunit celles et ceux qui souhaitent préserver un mode d'existence basé sur le respect de la nature, des autres et la recherche de l'équilibre.

Passons aux choses sérieuses : L'association TCHENDUKUA créée par Eric Julien, spécialiste des indiens kogis propose de racheter des terres pour les indiens :

Acheter une terre

C'est un des objectifs principaux de notre association : restituer leurs territoires aux Indiens Kogis... En s'y mettant à plusieurs, nous pouvons racheter des terres dans la Sierra Nevada de Santa Marta, suffisamment grandes pour accueillir des familles, voire tout un village.

Un « carré vert », c’est un terrain d’environ 600 m2 dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Cet espace permettra aux Kogis, repoussés vers le sommet du massif, de retrouver des terres chaudes, et donc de conserver la diversité des cultures qui leur permet de vivre.

Acheter ce petit bout de terre par l’intermédiaire de Tchendukua contribue donc à rendre un territoire à une communauté, et lui permettre de conserver son identité. Pour nous, c’est l’occasion de s’enrichir de nos différences.

Opération « carré vert »

(numérotés de 1 à 1000) seront vendus afin de pouvoir racheter de nouvelles terres pour les Kogis et de planter des arbres pour « une forêt à venir ».

Acheter un carré vert

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Tisserand du soleil ouvrage poétique de Kathy Dauthuille

Extrait :

 

"Il tissait le fil, tissait la vie, croisait ses pensées dans le cœur oublié du monde.
C'est dans le silence et avec lenteur, qu'il exprimait ce lien intense aux choses. Et c'est par cette alchimie primordiale que le tissu deviendrait sagesse, mémoire et vérité.
Comme tant d'autres de sa tribu, il filait à son tour le temps, sa destinée. Maintes fois il passa par la porte solaire pour reprendre le fluide, le courant, l'énergie.

 

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Portraits d'une résistance indigène film de Myriam Laalej et Messaline Porcher Attinger

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Colombie, #Kogis, #Peuples originaires, #Antifascisme

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