Mexique : Des Tarahumaras dénoncent des dépossessions et des abus dans la ville de México

Publié le 9 Décembre 2016

Ville de México | Desinformémonos. Des représentants des peuples autochtones de la Sierra Tarahumara, Chihuahua, sont arrivés dans la ville de México pour dénoncer les abus innombrables auxquels ils sont soumis dans leur entité, ainsi que pour réclamer le respect pour leurs droits en tant  que peuples originaires.

Les tarahumaras ont compilé les injustices contre leur peuple dans les 63 pages du Rapport sur les Droits territoriaux des Peuples autochtones de la Sierra Tarahumara, élaboré par trois organisations du Réseau en défense du Territoire Indigène de la Sierra Tarahumara.

Le texte révèle comment l'État mexicain dépouille de leurs terres la population indigène dans le Chihuahua, qui est l'une des régions les plus pauvres et les plus vulnérables du pays, ainsi qu'approuve et promeut les mégaprojets énergétiques et touristiques sans consultation préalable, tandis que, au contraire, il leur refuse l'accès à la justice et aux outils pour se défendre.

“Nous ,en tant qu'indigènes passons beaucoup de temps dans la lutte sociale, c'est une demande urgente mais habituelle”, a dit Miguel Manuel Parra, représentant de la caravane tarahumara dans un entretien avec Apro.

“Certainement ici nous venons en petit groupe mais il y a bien plus là-bas dans la Sierra. Pour les causes dont il n'y a pas de consultation de la part de la société civile, parfois chacun est de son côté, mais chacun défend la même cause”, a-t'il assuré.

Il a précisé que son espoir consiste en ce que l'État puisse réagir pour résoudre les problématiques qu'ils vivent quotidiennement dans la Sierra.

Selon Luis Pérez Enríquez, un autre membres de la caravane, les habitants Rarámuri, Ódami, Pima et Warijío, habitants de la Sierra Tarahumara, souffrent d'une manière directe des effets des projets touristiques de Barrancas del Cobre ou du Gazoduc  El Encino-Topolobampo, lesquels prétendent installer la Commission Fédérale d'Électricité (CFE) et  l'entreprise TransCanada.

Les autres risques auxquels ils sont constamment confrontés sont le trafic de stupéfiants et l'abattage des arbres, a -t'il indiqué.

D'autre part, Pérez Enríquez a dénoncé que des membres de groupes criminels ont dominé par la violence de grandes étendues du territoire de la Sierra pour semer des pavots et de la marijuana, à travers l'assassinat de leaders et de défenseurs de la terre, du vol de bétail et la provocation du déplacement interne forcé de communautés entières, le tout sous la protection de l'impunité.

Il a signalé que que ni la Coordination d'état de  la Tarahumara, une instance du gouvernement d'état, ni la Commission Nationale pour le Développement des Peuples autochtones (CDI) ont veillé sur les droits des peuples ancestraux de la région que le Secrétariat de Développement social (Sedesol) classe en situation de pauvreté extrême.

Dès 2014, des représentants des peuples originaires de la région tarahumara ont donné forme à une Caravane pour la Justice dans la Sierra Tarahumara, avec l'intention de donner une visibilité aux problèmes auxquels ils sont confrontés sous les menaces au nom du "progrès".

Traduction carolita d'un communiqué paru dans Désinformémonos le 7 décembre 2016 : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #indigènes et indiens, #Tarahumara

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