Les ressources des peuples originaires d’Abya Yala (continent américain)

Publié le 9 Décembre 2016

 

carte simplifiée des modes de subsistance dans les Amériques  vers -1000 av JC -jaune : chasseurs/cueilleurs, vert : société avec agriculture simple, orange : société avec agriculture complexes (clans ou civilisations)Par Moxy sur Wikipedia anglais, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20724867

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Aux débuts des premiers foyers de peuplements du continent américain dont les origines sont sujettes de nos jours à quelques contradictions et dont la date présumée remonte à 40.000 ans avant JC, les hommes devaient se contenter de ce que la nature, leur environnement direct leur offrait comme possibilités d'autosubsistance.

Les hommes cohabitaient avec une faune pléistocène en extinction, ils vivaient en petits groupes familiaux se déplaçant pour trouver leur nourriture. Ils étaient chasseurs se servant d'outils très rudimentaires et insuffisants pour tuer directement de grosses proies aussi les suivaient-elles lorsqu'elles étaient blessées et qu'elles se vidaient de leur sang pour pouvoir les achever.

Les hommes étaient contraints de se nourrir de racines et de végétaux récoltés pour compléter leur alimentation.

Avec le recul de la première glaciation (période dite "Wisconsin" en Amérique du nord et 'Atuel" en Amérique du sud) le climat va influer sur les formations végétales. Les régions boisées se dessèchent, la toundra disparaît dans de vastes zones, les animaux sont obligés de migrer vers les régions polaires et les hommes à leur suite.

Les grands animaux sont de plus en plus rares et la faune alors se composait de bisons, d'antilopes, d'élans, de lamas, d'alpagas, de lapins et de rongeurs.

Vers 8000 avant JC,  c'est la période dite archaïque avec la fin du recul de la 4e glaciation, les hommes inventent de nouveaux outils pour s'adapter à la chasse d'autres animaux. Ils récoltent des racines, des semences, des fruits sauvages.

Près de la mer ils utilisent des instruments pour la pêche, ils ramassent les coquillages, ils chassent les oiseaux aquatiques.

L'alimentation humaine vit alors une période d'essai dans l'utilisation de certains végétaux sauvages, elle dépend de plus en plus d'eux en effet.

Un exemple : dans la vallée de Tehuacan au Mexique, en 6000 avant JC, des traces archéologiques démontrent l'alimentation humaine composée de végétaux sauvages.

Les hommes transportent de la nourriture dans leur nomadisme au gré des saisons. Les semences en tombant sur le sol donnent petit à petit une agriculture primitive.

Ils commencent à sélectionner les meilleures semences, l'homme devient un sélectionneur d'espèces.

Cette sélection constitue le fondement des espèces domestiquées.

Ils commencent à semer de petits champs auprès des huttes de leurs campements. Après les récoltes ils partent à la chasse et récoltent en parallèle des racines et des espèces sauvages.

alpaga, culture mochica - Par Larco Museum — Larco Museum, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20640100

 

La domestication des espèces

L'élevage d'espèces animales commence sans doute à cette période où l'homme commence à se stabiliser et où il domestique les plantes.

Vers 2500 avant JC, le chien est déjà domestiqué au Mexique, et le cuy (cochon d'Inde) dans la cordillère des Andes au Pérou.

Plus tard ils y ajouteront les camélidés, alpagas, lamas et vigognes.

Dans les zones montagneuses semi-arides, les oasis, les vallées côtières où les précipitations sont moins abondantes, ils utilisent le système de jachère forestière qui demande plus de travail, une surveillance des terrains et souvent une irrigation artificielle à l'aide de canaux et de digues. Ils maîtrisent déjà cette méthode.

Dans le système agricole intensif, le paysan se consacre essentiellement à la culture.

Dans le système agricole extensif, il est libéré pendant une période de 8 mois.

C'est le début des "seigneuries", les lignages se différencient entre eux, l'égalité des bandes et des tribus est brisés.

Au moment de la conquête, les amérindiens se nourrissaient essentiellement de végétaux cultivés complétés par les produits de la cueillette, la chasse et la pêche.

La base alimentaire était végétarienne.

 

La domestication des animaux

Un petit élevage d'animaux existait mais très limité et pas toujours à des fins alimentaires.

Il y avait l'élevage de chien, de "cuyes, cochons d'Inde", de volatiles (canards, dindons) dans les Andes de camélidés pour la viande, la laine, les excréments et comme bêtes de somme, la chasse à la vigogne (laine très fine), la chasse au guanaco ( pour sa viande).

La domestication du cochon d’Inde (cobaye) du dindon et du canard à caroncule sont bien moins connus et documentés que celle des camélidés. Leurs petits os en effet n’ont pas laissé beaucoup de traces sur les sites archéologiques au fil des siècles.

 

 

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es cuyes élevés dans la cuisine d'une maison traditionnelle des Andes- Par Mike & Amanda Knowles from Tacoma, WA, USA — Guinea pigs in the kitchen, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2661782

 

Le cochon d’Inde est le plus ancien des rongeurs domestiqués, ce depuis 4500 ans, élevé en liberté dans les habitations rurales des Andes où il a deux fonctions : celle d’éboueur car il est nourri essentiellement avec les épluchures des repas et celle de nourriture. C’est souvent la seule source de viande pour ces populations pauvres et isolées. Il était très certainement chassé avant d’être domestiqué, piégé à partir de 10.000 ans avant JC avant de devenir un animal apprivoisé vers -7700 à -6300 et être complètement domestiqué à partir de -5000 ans.

Le cochon d’Inde ou cuy (en quechua quwi) est très consommé de nos jours au Pérou (65 Millions de cuy par an, nourris avec les déchets de cuisine, procure un pat accessible aux plus pauvres).

 

vase au dindon- époque toltèque, postclassique 

 

La première domestication du dindon a eut lieu au Mexique vers -5000 ans et il est introduit en Europe à partir de 1520 où il acquiert très vite ses lettres de noblesse en tant qu’animal de ferme.

CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=984858

 

Le canard à caroncule est aussi peu référencé que le dindon au sujet de sa domestication. On l’appelle canard de Barbarie en France, il est représenté sur des céramiques précolombiennes à partir de -3000 ans. Cet animal semble avoir été domestiqué sur le littoral pacifique d’Amérique du sud.

xoloittcuintle CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=129922

 

Le chien est présent en Amérique du nord vers – 1000 ans. Il serait arrivé domestiqué par la voie classique de l’isthme de Béring et apparaît en Amérique du sud comme éboueur et auxiliaire de chasse vers – 6000 ans. Au moment de la colonisation espagnole, les peuples autochtones disposaient déjà de plusieurs races de chiens différentes pour la chasse, la consommation humaine et pour la compagnie.

Au Mexique il existait un chien qui servait de nourriture et qui a une histoire intéressante, c’est le xoloitzcuintle, le chien nu.

- Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=760333

 

Son nom en nahuatl fait référence au dieu Aztèque Xolotl dont il serait le représentant.

Il était sensé dans la religion aztèque, conduire les âmes des défunts vers le territoire des morts, le Mictlan. Les Aztèques ont élevé cette race pour la sacrifier lors des rituels funéraires afin que l’esprit du chien guide le défunt dans le Mictlan (états de Colima, Michoacán et Jalisco, des tombes ont révélé des statues du chien). Il servait également à chauffer les lits.

Aux Caraïbes, leur présence est également attestée (selon le journal de Colomb).

brûlis province de Veraguas, Panama - CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1063682

 

La domestication des espèces végétales

 

A la fin de l'archaïque, il y a de nombreux hameaux agricoles proches des côtes vivant de l'exploitation des ressources de la mer ainsi que sur les terres cultivables proches de sources d'eau.

Les hommes se sédentarisent progressivement, la population augmente et c'est le début de la spécialisation du travail qui demande la désignation d'un chef avec pour missions de distribuer les terres aux communautés, d'organiser le travail, de rendre la justice, de célébrer les cérémonies religieuses qui sont liées alors au culte de la fécondité.

De la culture des aliments dépend l'accroissement de la population.

Les groupes humains s'organisent alors en lignages, en clans et en tribus.

Vers 2000 avant JC, les systèmes agricoles sont extensifs dans les régions sylvestres, tropicales et tempérées et intensifs dans les autres régions.

L'agriculture extensive ou roza (essartage, abattis brûlis) demande peu de travail et procure un grand rendement surtout dans les zones tropicales mais il faut de grandes quantités de terres pour chaque famille.

 

la trilogie de la milpa : maïs, haricots et courges - De photo prise par Isabelle Fragniere - Trabajo propio, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8147732

 

La culture était celle de plantes comme le maïs et les haricots qui constitue déjà la base de la milpa (consommés cuits ou en grains), et des citrouilles.

Dans ce système que l'on nomme milpa ou les 3 sœurs en Amérique du nord, les mêmes plantes sont cultivées en association et s'apportent une complémentarité très judicieuse:

le maïs riche en hydrate de carbone sert de tuteur aux haricots qui apportent dans l'alimentation humaine une source de protéines et de matière grasse. La citrouille avec son feuillage protèle sol des rayonnements du soleil mais aussi des pluies, apporte à l'alimentation des vitamines et de la cellulose.

mazorca de maïs dans une milpera de la sierra Mazateca ( Mexique) - De Yavidaxiu - Trabajo propio, Dominio público, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2853658

 

Le maïs (zea mays) est la céréale les plus importante et la plus répandue : du fleuve St Laurent au Canada jusqu'à l'île de Chiloé au Chili, du niveau de la mer jusqu'à une altitude de 3900 mètres, il est cultivé. Cette plante est considérée soit comme la descendante de l’espèce sauvage nommée teosinte, soit une espèce sauvage domestiquée.

C'est une céréale dominante qui supplante d'autres céréales oubliées ou de faible rendement comme le quinoa, et le panicum.

Une fois le processus d'hybridation acquis, la culture se diffuse sur tout le continent :

3000 ans avant JC - Sud-ouest des EU

1800 avant JC-  Haut plateau andin central et Amérique du sud

1200 avant JC - Côte du Pérou

370 avant JC-  Nord du Chili

340/130 avant JC-.Savanes du Venezuela

élaboration du couac et de la cassave en Guyane - Par Unknown century XVIII — http://venezuelatina.com/2013/01/20/le-casabe-patrimoine-culinaire-precolombien/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24594544

 

Les tubercules ont aussi leur importance car ils sont source d'hydrate de carbone.

Ils poussent aussi bien dans les terres chaudes que les zones froides et tempérées.

On distingue la yuca ou manioc (manihot esculenta crantz) qui porte différent nom selon les régions (mañoco, cassave, tapioca)

Diffusé sur une très large zone tropicale, le manioc est peut-être une espèce sauvage sylvestre.

Les aborigènes doivent procéder à une sélection pour l'adapter au type de sol selon la vitesse de maturation et de le degré de toxicité.

La reproduction du manioc domestique dépend du bouturage naturel.

L'aire du manioc doux (non toxique) est très vaste : du Mexique aux contreforts argentins.

chuño noir - CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=474797

 

Dans les régions tropicales sont également cultivés les "batatas" (patates douces), ñame (dioscorea trifida, igname), dans les terres froides, oca (oxalis crenata), ulluco (ullucus tuberosa), añu ( tropaeolum edulis) voir ICI

Leurs qualités nutritionnelles sont assez médiocres, souvent cultivés en altitude.

La plupart de ces tubercules doivent être consommés après un procédé de déshydratation et de congélation, avec la technique du chuño qui permet également d'en retirer l'aigreur et l'acidité.

Le chuño consiste en la déshydratation de tubercules en les exposant au soleil puis au gel ce qui leur fait perdre leur eau. Ils peuvent ensuite être stockés, conservés sur de longues périodes mais aussi cela permet de rendre certains tubercules cultivés en altitude qui sont amers et contiennent des alcaloïdes toxiques d'entrer dans l'alimentation humaine.

Par Pollinator — Image copyleft:Image taken by Pollinator, released under GFDL Pollinator 17:05, Dec 7, 2004 (UTC) (), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4185540

 

En plus des tubercules et des haricots on peut ajouter des cultures fondamentales comme celle des courges et des citrouilles, des arachides , des légumes et des fruits.

La culture des cucurbitacées semble remonter à 7000 ans avant JC. Les graines fournissent un apport oléagineux important.

Les arachides (arachis hypogea) sont tout d’abord cultivées sur le territoire des indiens Guaranis en Amérique du sud puis elles se répandent vers le nord du continent et apparaissent au Mexique seulement au XVIe siècle.

L'arachide ou cacahuète, du nahuatl tlalcahuatl est en effet originaire du Mexique et cultivée dans les régions tropicales pour ses graines oléagineuses.

récolte de quinoa en Equateur - Par Dider Gentilhomme — Fairtrade Labelling Organizations International, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1580283

 

La quinoa (chenopodium quinoa), la cañihua (chenopodium pallidicaule) sont des graines spécifiques des climats andins, froids. Cultivées depuis au moins 5000 ans elles constituent la base de l’alimentation des peuples andins. Les Incas nommaient la quinoa chisiya mama ( mère de tous les grains).

La tomate (solanum lycopersicum), les piments ou chiles (capsicum), l’oignon (allium sp.), la vanille (vanilla planifolia) sont parmi les espèces végétales les plus répandues. Il y a de nombreuses variétés de fruits également :

Avocat, anone, chérimole, cacao, prunes, nopal (figues de barbarie) papaye, ananas, sapotes jaunes, blanches et noires, goyave.

maté - Par Dick Culbert from Gibsons, B.C., Canada — Ilex paraguariensis, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50110970

 

Les peuples premiers consomment des boissons alcoolisées ou non obtenues à partir de plantes.

La plus consommée semble être le maté ( ilex paraguaiensis), originaire des régions montagneuses du sud du Brésil, du Paraguay, de l’Uruguay et d’Argentine.

Une boisson consommée dans la selva amazonienne est la guarana.

Le cacao est consommé au Mexique et cultivé sur les terres irriguées de la côte pacifique de l’isthme de Panama.

Les boissons fermentées obtenues à partir de plusieurs plantes donnent la chicha, un terme générique qui s’applique à diverses formes de macérations, le plus souvent à partir du maïs.

La sève d’agave donne de l’hydromel ou pulque au Mexique.

feuille de coca- By Marcello Casal Jr./ABr - Agência Brasil [1], CC BY 3.0 br, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4053668

 

Les peuples consomment des plantes destinées à la mastiquation, des plantes médicinales stimulantes, hallucinogènes ou non.

La feuille de coca (erythroxylon coca) est la plante qui contient l’alcaloïde cocaïne, c’est une plante essentielle pour les peuples des Andes car elle leur fournit ses précieuses propriétés entre autre l’effet coupe-faim et la possibilité de vivre en des altitudes très élevées.

Le peyotl (echinocactus williamsi) est un cactus hallucinogène et une plante médicinale connue au Mexique et dans le sud-ouest des EU. Son alcaloïde est la mescaline.

D’autres plantes moins inportantes dans ce domaine des plantes hallucinogènes sont les daturas, les brugmansias, banisterops (ayahuasca).

La plante stimulante américaine qui se diffusera par la suite très largement dans le monde est le tabac, une solanacée du genre nicotiana, nicotiana rustica et nicotiana tabacum.

Nicotiana rustica serait originaire de la zone andine de l’Equateur, du Pérou et de Bolivie. L’espèce se répand ensuite dans toute l’Amérique tropicale.

Les peuples originaires cultivaient également des plantes textiles. Le coton (gosypium) connaîtra une large diffusion mondiale quand Colomb prendra connaissance de la plante lors de sa conquête des îles Caraïbes.

Le coton était également cultivé par les peuples de Mésoamérique, andins et du nord de l’Amérique.

D’autres plantes textiles cultivées sont la majagua (hibiscus tiliaceus) qui sert à fabriquer des nattes, des vêtements et le jute cubain ( sida rhombifolia) qui est une plante médicinale fort utile pour soigner le paludisme et aussi d’autres maux.

Les fibres dures pour fabriquer vanneries, chapeaux, nattes, toitures et autres ustensiles proviennent de l’agave, du sisal, de l’ixtle (agave lechuguilla).

mecapal fabriqué avec les fibres de l'ixtle

De Codex_Mendoza_folio_60r.jpg: Unknownderivative work: El ComandanteHasta ∞ - Codex_Mendoza_folio_60r.jpg, Dominio público, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15445302

coloration à l'indigo à Teotitlan del Valle - Oaxaca- Par Thelmadatter — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50635190

 

Des colorants végétaux servent à teinter les textiles mais aussi à se peindre le corps et le visage.

L’indigo sera largement repris et utilisé par les européens en remplacement du pastel des teinturiers plus difficile et onéreux à traiter.

L’indigo est un colorant bleu soutenu qui a des nuances allant jusqu’au violet.

Le bois de Campeche et le bois du Brésil donnent la couleur pourpre.

Le roucou (bixa orellana) donne une couleur pouvant aller du jaune au rouge.

Le Pérou offre une branche de quinquina à la science - Par The original artwork: ?. This picture file: Doruk Salancı. — Scanned from a page (number not indicated) of Rassegna Medica, March-April (No.2) 1955 issue., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8510382

 

De nombreuses plantes médicinales existent sur tout le territoire et dans la forêt amazonienne, les espèces qui y dorment encore et sont à découvrir tentent de nos jours la biopiraterie.

Les peuples premiers utilisaient le quinquina contre la malaria, le curare (chondrodendron) comme poison toxique pour la chasse et comme médicament (relaxant musculaire).

charbon du maïs ou huitlacoche- Par stu_spivack — http://flickr.com/photos/stuart_spivack/35645614/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=311437

Une petite parenthèse pour détailler ce que le Mexique possède entre autres ressources :

Le chía (salvia hispanica) source de fibres, antioxydant, super aliment.

L’amarante, super aliment également.

Les piments ou chiles – du nahuatl chilli- consommés depuis au moins 5000 ans et dont existe plus de 64 espèces au Mexique.

Les haricots- etl ou etle en nahuatl – consommés depuis 8000 ans, 50 espèces au Mexique sur les 150 qui existent dans le monde.

La tomatetomatl en nahuatl

Le nopal – figuier de Barbarie, 114 espèces endémiques.

La courge de Siam, cucurbita ficifolia ou chilacayote en nahuatl.

Huazontle (chenopodium)

Le haricot vert ou ejote ou exotl en nahuatl  - vieux de 7000 ans

Jicama  (pachyrhizus erosus)

La chayote, chayotli en nahuatl

L’épazote (dysphania ambrosioides) un condiment aux propriétés médicinales

Huitlacoche - charbon du maïs qui est un mets très recherché par les mexicains. Il est utilisé dans les tacos, les quesadillas, les soupes (en France ont dit que c’est la truffe mexicaine)

La fleur de courgette.

 

Comme on le voit le peu de ressources animales présences sur le territoire de Notre Amérique était largement compensé par les très riches ressources végétales avant la colonisation.

Leurs plantes seront diffusées très largement dans le monde, on se sait pas ce que l’on ferait sans elles, sur nos tables chaque jour, on s’est habitués à leurs bienfaits sans pour autant se poser la question de leurs origines.

La colonisation apportera le bétail, les sources de protéines (porcs, chevaux, bovins, ovins, caprins).

Je ne pense pas que ces protéines-là ont fait défaut dans l’histoire aux peuples premiers, qui avaient très bien su se contenter de ce que leur offrait leur environnement en adaptant judicieusement leurs recettes à ce que leur fournissait la pachamama.

Ils me semblaient néanmoins en meilleure santé que ce que l’on constate avec la sédentarisation forcée, les habitudes alimentaires industrielles, l’alcool, les drogues et les mauvais traitements que la colonisation a infligé à ces peuples qui vivaient en osmose parfaite avec leur milieu.

 

Sources : systèmes agraires en Amérique latine de Jacques Chonchol,

wikipedia,

Un aspect méconnu de l’histoire de l’Amérique : la domestication des animaux de Jean-Pierre Digard

PC  : tous les liens de cet article pointent vers des articles du blog que j'ai écris au fil du temps.

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Savoirs des peuples 1ers, #Les fruits de la pachamama

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