Humble et émouvant hommage d'un peuple à un grand homme qui a écrit l'histoire de Notre Amérique

Publié le 5 Décembre 2016

« Et si quelqu’un prétend que nous sommes des romantiques ou des idéalistes obstinés qui rêvent de l’impossible, qu’il n’est pas possible de transformer les masses en êtres presque parfaits, dans ce cas, nous devons répondre mille et une fois que c’est, au contraire, possible et que nous avons raison »



CHE GUEVARA

collage Mustapha Boutadjine

 

Les neuf jours de deuil national à Fidel Castro se sont terminés hier, Fidel repose dans un mausolée très proche du monument de José Marti le libérateur et de ses compagnons d'armes de la Moncada à Santiago de Cuba.

Nous avons pu suivre (via les réseaux sociaux uniquement et en espagnol) le transfert des cendres tout au long d'un parcours qui suivait celui de 1959 de la caravane de la liberté.

Chaque cubain a ainsi pu faire ses adieux à celui qu'ils respectent, contrairement à ce que racontent en vomissant leur haine les médias internationaux ainsi que des personnes, toute obédience confondue qui se plaisent à entretenir le culte de l'impérialisme.

Fidel a demandé à ce qu'aucun culte de la personnalité ne soit fait après sa mort, ni qu'aucune statue ne soit érigée en sa mémoire, ni qu'aucun monument, rues ou autres lieux ne portent son nom. En cela il est resté très fidèle et lucide en respectant jusqu'à la fin de ses jours la pensée de José Marti qui était son exemple.

D'ailleurs dans cette vidéo des entretiens qu'il avait accordés à Ignacio Ramonet en 2003, il en parle avec beaucoup de passion, tel un professeur d'histoire à la mémoire vive et inépuisable.

collage Mustapha Boutadjine

Fidel, c'était un livre ouvert, une source vivante de connaissances, de plus il était juste dans ses analyses et avant-gardiste.

Cet hommage rendu par Cuba est exemplaire en cela qu'il rompt complètement avec le protocole des obsèques de gouvernants comme nous les voyons partout dans le monde.

Tout avait été bien pensé et les volontés du défunt ont été respectées à la lettre.

Avec humilité, le peuple a rendu son hommage, sans tricher, faisant par-là même mentir tous les déferlements haineux qui se sont déchaînés de par le monde dès l'annonce de la mort de ce grand homme.

La propagande battait son plein et nul qui n'eut saisi la perche tendue pour y aller de sa rengaine, pour salir encore salir un homme mais également à travers lui la lutte exemplaire d'autres hommes et d'un peuple qui ne s'est jamais avoué vaincu.

On ne comprend pas précisément à quoi les détracteurs sont propulsés, pour certains, c'est le bourrage de crâne médiatique appliqué par les médias aux ordres depuis un demi siècle (quel mal font-ils aux peuples ceux-là quand on y pense) pour les autres, rien qui ne soit très bien pensé pour détruire ce bastion qui est le seul à avoir tenu tête à l'empire, faisant vaciller par là-même et dangereusement le capitalisme international et ses rouages bien graissés du sang des masses.

Mais quand on y pense un peu, imaginons d'autres obsèques d'un dirigeant d'un état ou même d'une monarchie et son battage médiatique, sa diffusion, son lavage de cerveau, tout ce grand tralala pendant des jours et couvert par toutes les chaînes du service public !!

Comparons, l'humilité d'un côté et le bling bling de l'autre.

A grand renfort de fric jeté par les fenêtres, tout est mis en place pour dorer le blason d'hommes ou de femmes qui bien souvent ont plongés leurs peuples dans la misère.

Le culte populaire de l'adoration des grands de ce monde, de leurs beaux habits, de leurs couronnes, de leurs mœurs, de leurs vices, c'est un commerce très rentable pour les médias.

Avec Cuba, là où il n'y pas de ce bling-bling pour remplir la recette, il faut y trouver un autre ingrédient et quid de la propagande avec tous ces chiens de garde attitrés.

Mais voilà, Cuba est unique.

Cuba est unique car elle est anticonformiste, en cela je l'aime.

A mes yeux, seul le peuple peut et doit remettre les choses à leur place en déroulant son tapis humble à ceux qu'il aime et qu'il reconnaît avec pour seules "offrandes" ses fleurs et ses larmes.

En cela, Fidel tu as été comblé et je sais comme tu aurais été touché de cet hommage.

Certainement le fait qu'il n'y ait pas de noms en ta mémoire a été bien pensé et je crois, avec toi, que seule l'histoire et les faits qui ont nourris cette histoire marqueront à jamais les traces indélébiles de ta présence sur cette terre et de ce que tu fus capable de mettre en place pour tes frères et sœurs les hommes.

Que d'aucuns ne soient pas capables de reconnaître cela, avec objectivité ne m'étonne pas, car pour le faire il faut être capable d'amour, de réflexion et d'intelligence. Ce sont des ingrédients de révolutionnaire et nous avons constaté que peu en sont dotés dans le monde, que peu qui en sont dotés savent les cultiver.

Alors ici, en ce premier jour d'après-deuil officiel de Fidel, je voulais dire cela.

Je n'avais pas du tout prévu de suivre les 9 jours de deuil officiel, mais de jour en jour les choses à dire affluaient, les poèmes étaient traduits, les chansons étaient trouvées et attendaient de figurer sur le blog, les articles originaux et les hommages tombaient dans mon escarcelle et j'ai décidé de suivre le deuil des cubains. Je réalisais au fur et à mesure des jours de l'immense vide que laissait la mort de Fidel.

Je réalisais au fil des jours comme cela pouvait devenir un propulseur d'énergie aux luttes des peuples en cours (je songe en particulier à la lutte des indiens Sioux pour l'eau la vie à Standing Rock, je songe aussi à la lutte des femmes contre les féminicides en Amérique latine, je songe à la lutte anti-impérialiste contre les déstabilisations des pouvoirs socialistes encore en place de Notre Amérique ).

Mais, comme pour les autres qui nous ont quitté et qui veillent sur les vivants du haut de leur histoire, nous n'avons pas de limite pour honorer ceux que nous respectons et vénérons pour ce qu'ils ont fait bouger, même trembler dans le cas de Fidel ,ce qui fait vaciller dangereusement notre planète de la plus terrible conséquence de sa malfaisante pensée : le capitalisme et ses valets impérialistes.

N'oublions jamais que ce combat inégal se joue dans une cour réduite à ses humbles effets.

N'oublions pas que les loups en face ont des dents longues et si acérées que nul sang ne les fait frémir, que nul destruction de la terre-mère ne les faits trembler, que nulle autre que la fortune bâtie sur les cendres ne les intéressent.

Nous serons là pour veiller, parfois pour pleurer mais surtout pour transmettre toutes ces graines de la révolution, qui sont des graines au pouvoir germinatif non bloqué, des graines de maïs, des graines de sucre, des graines de tabac, des graines de vie, sans OGM et sans ceinture de chasteté impérialiste.

Hasta la victoria, Siempre !!

 

Carole Radureau

Nulle proue n’est capable de fendre un nuage d’idées. Une idée énergique, que l’on fait flamboyer à temps à la face du monde, stoppe, telle la bannière mystique du jugement dernier[5], une escadre de cuirassés. Les peuples qui ne se connaissent pas doivent se hâter de se connaître, tels ceux qui vont se battre côte à côte. Ceux qui se montrent les poings, tels des frères jaloux convoitant tous deux la même terre, ou celui à la petite maison enviant celui à la maison meilleure, doivent ajuster, de manière qu’elles ne fassent plus qu’une, leurs deux mains. Ceux qui, à l’abri d’une tradition criminelle[6], ont rapetissé, du sabre rougi du sang de leurs propres veines, la terre du frère vaincu, du frère puni au-delà de ses fautes, s’ils ne veulent pas que le peuple les appelle voleurs[7], qu’ils rendent ses terres au frère[8]. Les dettes d’honneur, l’honnête homme ne se les fait pas rembourser comptant, à tant la gifle. Nous ne pouvons plus être ce peuple de feuilles qui vit au gré de l’air, la cime couverte de fleurs, claquant ou bourdonnant selon que le caprice de la lumière la caresse ou que les tempêtes la fouettent et la ravagent : les arbres doivent se mettre en rang pour que le géant aux sept lieues ne passe pas ! C’est l’heure du dénombrement et de la marche unie, et nous devons aller en carré serré, comme l’argent à la racine des Andes[9].

José Marti

Extrait de Notre Amérique

Rédigé par caroleone

Publié dans #Cuba, #ABYA YALA, #Réflexions, #Fidel

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fanfanchatblanc 05/12/2016 20:22

Un très beau billet Caro. J'ai repris la vidéo sur tweeter. Merci à toi.
Bisous

caroleone 06/12/2016 10:44

Merci Fanfan et bisous.