Etats-Unis : La nation Ponca

Publié le 23 Décembre 2016

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Peuple autochtone du Midwest des Etats-Unis vivant dans les états du Nebraska et de l'Oklahoma et reconnu au niveau fédéral.

Ils font partie d'un groupe de peuples de langues siouanes aux caractéristiques un temps communes qui étaient dénommés selon le nom de la branche dhegiha de leur langue, originaires de la côte atlantique américaine.

 

Nebraska

Ponca tribe of Nebraska

15 comtés à travers le Nebraska, l'Iowa et le Dakota du sud.

Oklahoma

http://www.ponca.com/home.html

Population : 6700 personnes

Le mot ponca était le nom d'un clan parmi les Kansas, Osages et Quapaws.

Langue : ponca, du sous-groupe dhegiha des langues siouanes.

 

Cette petite tribu est entrée dans l'histoire des amérindiens d'Amérique du nord par le biais de son chef Standing Bear qui s'opposa à la politique de déplacement du gouvernement sur le territoire indien.

Les Poncas de nos jours forment deux tribus distinctes, les Poncas du nord et les Poncas du sud, car une partie des Poncas qui a suivi Standing Bear dans le Nebraska de retour sur leurs terres y est resté.

Ci-dessous 3 articles complémentaires : 

Indiens des grandes plaines : Us et coutumes

La nation Omaha

Des langues et des hommes : Les langues siouanes

By SMU Central University Libraries - https://www.flickr.com/photos/smu_cul_digitalcollections/4877371324/, No restrictions, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53438666

 

Organisation sociale et familiale

Le lignage était patrilinéaire, le nom des clans se donnant par le père. Les chefs de lignages formaient des conseils gouvernant les villages et la confédération des villages constitue la tribu.

La tribu elle-même se divise en clans familiaux avec dans chacun d'eaux des responsables de domaines différents comme les questions militaires, les questions religieuses, la chasse au bison, les récoltes etc....

Certains clans sont supérieurs à d'autres selon leurs responsables et leurs responsabilités, ils ont des droits et des privilèges que les autres n'ont pas.

Il y avait 8 clans Ponca jusqu'au XIXe siècle, organisés comme chez les peuples Omaha et Osage de même famille de langue, leur société reposant sur des organisations binaires. Les clans se séparaient par moitié, le terre et le ciel. Le camp traditionnel Ponca était dit Hu-thu-gah.

Les clans et leurs spécialités

Le clan du serpent, les Wazabe : gardiens de l'entrée, ils étaien de bons traqueurs. C'est le clan dont est issu le chef principal de la tribu.

Le clan des têtes chauves ou des crânes, les Nikapasna : ce sont les spécialistes des têtes humaines et des coiffures.

Le clan du sang, les Dixida : ils s'occupent de la magie et protègent la tribu de la famine.

Les guérisseurs et spécialistes des plantes sont les Miki.

Le chef fait respecter la loi tribale, il doit avoir certaines qualités comme être bon et généreux avec les personnes les plus faibles ( les anciens, les orphelins et nécessiteux).

Il n'y a jamais eu de femme chef chez les Poncas, pour autant rien ne leur interdisait d'accéder à cette place.

Division sexuée des tâches

 

L'homme s'occupait de la chasse, de défendre les villages et de la guerre si besoin ainsi que de ma fabrication des armes.

La femme s'occupait de l'entretien du camp, des travaux de couture et d'artisanat, de la culture des champs, du tannage des peaux, de l'éducation des enfants.

Le peuple est semi nomade avant 1750, l'apparition avec les européens à partir de 1750 des armes à feu et des chevaux va changer le mode de vie et certaines coutumes chez les amérindiens.

Le cheval est importé par les colons et les militaires et adopté très vite par les indiens des plaines qui deviennent des cavaliers émérites. Les armes à feu arrivent au même moment par le biais des blancs avec le commerce des peaux. Les tribus des plaines se sédentarisent et cultivent des champs, elles chassent le bison, chevaux et armes à feu les aident en cela. L'homme prend alors une place prépondérante dans les tribus Dhegiha car il est le maître de la chasse. L'utilisation des chevaux et des armes à feu favorise les guerres inter tribales (raids). Le cheval marque des différences dans l'égalité au point de vue des richesses et du privilège au sein de la tribu.

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Ressources

L'année se partageait entre la chasse au bison l'été, l'hiver la pêche dans les rivières (Niobrara, Missouri, Platte) qui étaient très poissonneuses : perches, poissons chats, carpes, barbues, chevaliers de rivière.

Mais ils sont avant tout des horticulteurs cultivant le maïs, les courges et les haricots.

Habitat

L'été ils vivaient dans les campements provisoires et campaient sous les tipis.

Le reste de l'année ils vivaient dans des villages composés de huttes en terre.

Règles de vie

L'adultère était sévèrement puni ainsi que le meurtre qui était prohibé en dehors de la guerre.

 

By Wolfgang Sauber - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9840258

 

Artisanat

Ils fabriquaient des objets utilitaires comme des couteaux en os, des houes, des pioches, des rouleaux en écorce, des pipes et des disques en catlinite.

Ils portaient des tatouages, des peintures faciales et corporelles aux vertus protectrices.

Les guerriers étaient souvent armés avec des armes de poing, massues, casse-têtes, haches, tomahawks.

 

Les Berdaches

Il y a des Berdaches parmi les Poncas comme cela existe également chez d'autres peuples amérindiens. Ces Berdaches ne sont ni hommes ni femmes, ils ont parfaitement intégrés au sein de la culture Ponca. On les trouve aussi sous le nom de bispirituel(le).

Dans leur croyance, au moment de la puberté la lune apparaît aux jeunes garçons et leur propose de choisir entre un arc et la sangle qui sert aux femmes pour porter des charges. Si le garçon hésite à prendre l'arc il reçoit la sangle, donc le style de vie féminin. Les Berdaches tiennent alors le rôle d'une femme toute leur vie, ils ne prennent pas part aux guerres mais néanmoins accompagnent les guerriers pour le soigner s'ils sont blessés. Certains seront des marieurs, souvent les épouses secondaires des guerriers les plus vaillants. Ils sont également des artisans renommés qui excellent dans le tannage des peaux, la confection de vêtements, les décorations de perles, la fabrication des tipis, toutes activités féminines.

Carl Bodmer, de gauche à droite Missouria, Otoe et Ponca - By Missouri_indian_Oto_indian_and_chief_of_the_Puncas_0040v.jpg, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7374381

 

Histoire

Avant 1500, ils vivaient sur la côte atlantique ainsi que les autres peuples de langue dhegiha (une branche des langues siouanes) Omaha, Osage, Kansa ou Kaw et Quapaw ou Arkansas en Virginie et dans les Carolines.

Après 1500 : ils migrent vers l'intérieur des terres, à la jonction des rivières Ohio et Wabash. Les Poncas et les Omahas se déparent des autres tribus et s'installent dans l'état du Minnesota actuel. Sous la pression des attaques des Dakotas, ils doivent se déplacer au sud-ouest du Minnesota puis vers les Black Hills dans le Dakota du sud, puis ils sont encore repoussés vers le Nebraska au XVIIIe siècle.

 

la rivière Niobrara à sa confluence avec le Missouri - By Chris Light - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48389773

 

Ils s'installent aux jonctions des rivières Niobrara et Missouri. Les Omahas descendent le Missouri et s'installent à l'est du Nebraska. Les Poncas sur leur nouveau territoire qui est compris entre les frontières naturelles représentées par la rivière White au nord, le Missouri à l'est, la rivière Platte au sud et les Black Hills à l'ouest, construisent des villages constitués de huttes en terre entourés de palissades en peuplier de Virginie. Ils deviennent semi nomades vivant dans des tipis pendant la période de la chasse au bison et le reste de l'année dans les villages pour cultiver. Ils maintiendront toujours de bons rapports avec les Omahas.

By Karl Bodmer - Library of Congress, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1343400

 

1701 : première mention du peuple sur une carte de Pierre-Charles Le Sueur qui les rencontrent le long du Missouri.

1789 : le commerçant en fourrures Juan Baptiste Munier reçoit une licence exclusive pour commercer avec les Poncas à l'embouchure de la rivière Niobrara.Il fonde un poste de traite à la confluence du Missouri. Il y a alors 800 Poncas qui résident dans la zone. La tribu peu de temps parès souffre d'une terrible épidémie de variole.

1804 : l'expédition de Lewis et Clark les rencontre alors qu'ils remontent le Missouri jusqu'à l'océan. Ils comptent 200 personnes, la tribu a été très diminuée à cause d'une forte épidémie de variole qui a été transmise par les marchands de fourrures. Cette épidémie comme les autres n'épargnera aucun peuple amérindien. Les Poncas subissent de plus les attaques des Sioux Brûlés qui déciment une grande partie de la tribu.

19e siècle : leur effectif remonte à 700 personnes.

1817 et 1825 : deux traités de paix et d'amitiés avec le gouvernement des EU. Les attaques des Brûlés continuent. Les Brûlés s'installent le long de la rivière White coupant l'accès des Poncas aux territoires de chasse. Les Poncas survivent grâce aux bisons et leur économie est liée à la vente des peaux.

1824 : tous les chefs Poncas sont tués lors d'une attaque des Sioux Lakotas.

Années 1840 : Les Poncas se dispersent dans l'ouest le long de la rivière Niobrara et disparaissent des documents historiques euro-américains. Ils ont quelques contacts avec les blancs.

Pendant le traité entre les Omahas (proches des Poncas) et les EU, les terres de la rivière Niobrara où vivent les Poncas sont incluses par inadvertance dans la cession de terres Omahas prévues lors de l'accord. Les Poncas sont dépossédés de leurs terres qui sont ouvertes à la colonisation.

Deux ans plus tard la ville de Niobrara est fondée par les blancs, un fort est bâti.

1855 : c'est leur dernière chasse au bison.

1856/1857 : Les Poncas brûlent la petite colonie mais non le fort. Les habitations réapparaissent, ils continuent de harceler les colons, détruisant leurs propriétés mais ceux-ci ne partent pas.

1858 : un traité est établi et leur attribue une réserve entre la rivière Niobrara et le Missouri. Ils obtiennent également 30 ans d'annuités, des maisons en bois, des manuels d'enseignement sur l'agriculture, de la mécanique, un moulin, un interprète et d'autres services. Ils doivent à présent vivre sur un territoire réduit à 38.850 hectares, un espace fortement réduit par rapport à leur territoire d'origine. Le gouvernement doit également leur assurer une protection contre les raids des tribus ennemis.

1865/1866 : Les récoltes sont bonnes, avec les contreparties obtenues par le gouvernement, ils s'imprègnent de la culture euro-américaine par le biais des missionnaires implantés sur leur réserve. Ils se christianisent peu à peu, vont à la messe et envoient leurs enfants dans l'école de la mission de la réserve.

1868 : Le congrès américain décide d'inclure la réserve des Poncas dans la grande réserve Sioux (ils sont leurs ennemis, il ne faut pas l'oublier). La protection du gouvernement contre les ennemis des Poncas était purement symbolique, les Poncas sont attaqués à nouveau. Ils combattent pendant 8 ans leurs ennemis tout en essayant de convaincre Washington de son erreur. Les récoltes dans ces années-là sont mauvaises, pour tous les agriculteurs, c'est la disette, la malnutrition s'installe.

déportation des Poncas en 1877- By Alex.detaxis - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49772056

 

1875 : sous le coup des attaques incessantes des Sioux, les Poncas demandent au bureau des affaires indiennes d'être déplacés avec leurs amis Omahas.

1876 : Les Chefs Poncas dont Standing Bear signent un accord avec les EU pour le transfert de la tribu sur le Territoire indien. Mais voilà qu'il y a une confusion avec ce nom de Territoire indien qui en effet est le nom que les Eu ont donné aux terres de l'état actuel de l'Okloma choisi pour recevoir la déportation de nombreuses tribus amérindiennes. Les Poncas comprennent trop tard cette confusion et que ce n'est pas la réserve Omaha qu'ils veulent rejoindre dont il est question.

Standing Bear alors s'oppose à l'inspecteur de l'agence indienne chargé de gérer la déplacement de la tribu en Territoire indien. Il réussit à obtenir le droit avec d'autres chefs d'aller voir sur place de quoi il retourne et ce qu'ils voient les consternent. Les terres qu'on leur attribue sont tout simplement impropres à la culture. Ils demandent donc de rentrer chez eux, mais les inspecteurs les obligent à choisir chacun une parcelle de terre pour y vivre. Standing Bear et tous les chefs en état de marcher retournent chez eux à pieds.

Arrivés chez les Omahas, Standing Bear écrit au président des EU, il écrit également dans des journaux pour dénoncer la situation de son peuple. Une fois rentré chez lui, il essaie de convaincre son peuple de ne pas céder aux blancs et refuser le déplacement. 180 Poncas malgré tout partent volontairement pour le territoire indien en avril 1877.

En mai 1877, 4 compagnies de soldats arrivent pour déplacer de force le reste de la tribu soit 523 Poncas. Une fois la tribu évacuée, les villages sont rasés par les inspecteurs : 236 maisons, des granges, des dépendances, le moulin à farine, l'école. Ils ne laissent que le bureau des affaires indiennes.

Sur le chemin de la déportation, Joseph La Flesche un chef Omaha et sa fille Susette La Flesche leur rendent visite pour les soutenir et constatent leur épuisement. Cette rencontre est décisive pour la suite. Susette Brigth Eyes La Flesche, diplômées de l'Elizabeth institute for young ladies défend la cause des amérindiens parmi les intellectuels américains. De nombreux Poncas meurent le long de la route.

Le 5 juin, c'est la fille de Standing Bear, Prairie Flower qui meurt d'épuisement et de maladie.

A leur arrivée, un agent constate que de nombreux Poncas sont morte durant le trajet : 158 membres.

Dans les deux années qui suivent leur admission en territoire indien, un tiers de la tribu va disparaître à cause des maladies.

En novembre 1877, Standing Bear, White eagle et d'autres chefs se rendent à Washington et rencontrent le président Hayes et le commissaire aux affaires indiennes. On leur promet de nouvelles terres. Aucun fond n'est débloqué en ce sens. La situation se dégrade encore, la difficulté à cultiver des terres caillouteuses et improductives, la mort du bétail, la tribu continue d'enregistrer une grande mortalité surtout chez les enfants.

Standing Bear - Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8370464

 

Standing Bear s'enfuit

Pendant l'hiver 1878, Bear Shield, le fils de Standing Bear âgé de 16 ans tombe malade et décède. Standing Bear a promis à son fils de l'enterrer parmi les ancêtres auprès de la Niobrara. En même temps, il n'en peux plus de la situation invivable et décide de quitter le territoire indien et de revenir sur ses terres natales.

Au début de 1879 il part avec des vives, des chevaux et une petite troupe d'hommes, de femmes et d'enfants.

Ils s'arrêtent sur leur route dans la réserve Omaha, où ils sont accueillis et soutenus par le chef Joseph La Flesche.

Le gouvernement considère cette fuite comme un délit et Standing Bear et les siens sont arrêtés dans la réserve Omaha. Joseph et Susette La Flesche défendent la cause de leurs amis. Le général Crook arrive à différer leur départ, prévient un journal local qui rend compte publiquement de la situation des Poncas.

Le journaliste trouve même un avocat pour défendre le peuple de Standing Bear, pour faire valoir leurs droits. Une pétition est mise en place pour demander l'habeas corpus pour la tribu.

Celui-ci est ordonné le 8 avril 1879.

Le 10 avril de la même année, le procureur du district rejette le jugement (les indiens sont des pupilles du gouvernement et soumis aux mêmes relations avec le gouvernement que des mineurs à leurs parents argument-t-il).

Le procès United States ex rel. Standing Bear v. Crook est ordonné pour savoir si les amérindiens peuvent demander l'habeas corpus.

Au cours du procès Standing Bear peut difficilement témoigner vu qu'il ne parle pas l'anglais jusqu'à ce soit autorisée la traduction de Susette La Flesche qui est bilingue et qui va porter au mieux la parole très émouvante du grand chef Ponca. Celui-ci réussit à émouvoir l'assistance.

Une des ces célèbres interventions lors de ce procès :

« Cette main n’est peut être pas de la même couleur que la vôtre mais si je la perce je vais ressentir la douleur. Si vous percez votre main, vous sentirez aussi la douleur. Le sang qui coulera de la mienne sera de la même couleur que celui qui coulera de la vôtre. Je suis un homme. Le même Dieu nous a créés"

Susette La Flesche Tibbles- By Nebraska State Historical Society La Flesche Collection, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2217992

 

Le 12 mai 1879, le juge Dundy rend son jugement considérant qu'un amérindien est une personne, qu'aucune autorité n'existe pour renvoyer les Poncas sur le territoire indien, que les amérindiens ont le droit inaliénable à la vie, à la liberté, à la poursuite du bonheur et qu'ils doivent être libérés sur le champ.

Standing Bear, Susette La Flesche et Thomas Tibbles son mari participent juste après à des tournées de conférences dans les EU pour défendre la cause amérindienne.

Susette traduisant toujours les propos de Standing Bear.

Ils ont beaucoup de succès, rallient à leur cause des personnalités diverses.

A la fin de la tournée en 1881, Standing Bear revient dans son clan le long de la rivière Niobrara, où il meurt en 1908.

Ce jugement est considéré comme le premier de la fondation de la citoyenneté des amérindiens aux EU.

Il faudra néanmoins attendre 1881 pour que le gouvernement accepte la décision de la cour !!

En 1881, le congrès reconnaît officiellement le tort qu'ont subi les Poncas dans le traité de Fort Laramie, on leur remet 10.520 hectares de terres et 165.000 dollars en guise de réparation.

A la suite de cela une loi va être votée connue sous le nom de General Allotment act ou Dawes act, le 8 février 1887, réglementant la distribution des terres aux amérindiens en territoire indien (qui deviendra l'état d'Oklahoma en 1907). Cette loi amendée en 1891 et en 1906 restera en application jusqu'en 1934.

Cette loi voulue et pensée par des amérindiens comme Susette La Flesche et des défenseurs des amérindiens va pourtant se retourner contre les nations et avoir un effet contraire à celui d'origine.

 

Par Xasartha — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31903853

 

Les Poncas du nord

2783 personnes

 

 

Dans les années 1890, les Poncas du Nebraska, les Osni-Ponkas sont victimes des effets néfastes du Dawes act qui permet une répartition individuelle des terres des réserves indiennes à chaque membre de la tribu qui y vit. Cette loi portée pourtant sincèrement par des amérindiens comme Susette La Flesche et des défenseurs des amérindiens comme Dawes, pensant que le fait de répartir les terres entre chaque famille indienne permettrait une meilleure reconnaissance par la loi va se retourner contre eux. Auparavant les terres étaient gérées en commun par les membres de la tribu et sont à présente divisées en lots de 65 hectares par famille, 32 hectares pour un célibataire de plus de 18 ans et 16 hectares pour un mineur. Ce système isole les peuples qui se retrouvent seuls face aux spéculateurs fonciers et aux blancs qui lorgnent sur leurs terres. Les structures des tribus s'affaiblissent, certains amérindiens sont expropriés, le statut de la tribu s'érode au fil des décennies, le lien est détruit. La politique indiennes d'assimilation s'achève par la reconnaissance des Poncas du Nebraska comme une tribu amérindienne assimilée. Ils ne peuvent alors plus être considérés comme une tribu ni revendiquer ce statut, le reste des terres ne leur appartient plus.

La création de partis politiques pan-indianistes comme l'AIM (indian american movement) va partir alors à la reconquête des reconnaissances perdues par les peuple amérindiens pour qu'ils retrouvent leurs statuts premiers.

Les Poncas du nord sont rétablis dans leur statut de tribu indienne par le Ponca restauration act, mais une partie de l'héritage culturel s'est perdu.

Les Poncas du nor possédaient en 2014 une terre de 73 hectares avec un petit troupeau de bisons, des espaces de pow wows, des habitations traditionnelles en terre à des fins culturelles et éducatives. Ils étaient au nombre de 3500 personnes.

White Eagle - By Unknown or not provided - U.S. National Archives and Records Administration, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17208434

 

Les Poncas du sud

 

3581 personnes

Le chef White Eagle s'est installé avec les siens, les Poncas du sud sur une terre de 40.870 hectares dans les actuels comtés de Kay et Noble en Oklahoma dans les années 1890. Les Poncas du sud ou Maste-Ponkas souffrent aussi du Dawes act. Des terres Poncas sont rachetées et loués par un ranch qui est une sorte de parc d'attraction représentant la conquête de l'ouest américain à l'instar de Buffalo Bill.

La perte des terres entraîne le délitement de la tribu, accélère le processus d'assimilation à la culture américaine. Les agents de la réserve ainsi que les missionnaires les encouragent bien entendu à abandonner leurs danses traditionnelles, les mariages tribaux et les coutumes rituelles.

Du pétrole est découvert dans le sous-sol d'un terrain loué par des Poncas. Les blancs arrivent par milliers et spolient les terres amérindiennes. Les compagnies pétrolières déversent leurs eaux usées dans les rivières, empoisonnant les cours d'eau.

En 1919, d'anciens combattants Ponca du sud qui ont participé à la première guerre mondiale forment un groupe nommé Buffalo post 38 qui relance les pratiques traditionnelles dont la danse de la guerre et dans tout l'Oklahoma, les Poncas seront connus pour leurs chants et leurs danses. Ils contribuent fortement au développement de la culture du pow-wow.

 

source : wikipedia, 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #indigènes et indiens, #Ponca, #Oklahoma, #Nebraska

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