Déclaration publique de la communauté et de la famille de la Machi Francisca Linconao Huircapán

Publié le 23 Décembre 2016

Jeudi 22 décembre 2016 :

Quand le monde chrétien et occidental se prépare à célébrer et à commémorer la fête maximale de l'amour et de la paix, beaucoup de familles du peuple mapuche ne les célébreront pas! les familles qui ont passé par mille et une difficultés imposées avec violence, qui ont vu leurs chers accusés et inculpés durement, maltraités avec rigueur et écrasés par la loi antiterroriste qui les condamne depuis le premier moment: comment les enfants mapuche pourraient-ils célébrer dans cette époque ?: qu'est-ce qui se passera avec l'enfance des enfants qui vivent dans des communautés constamment forcées ,guettées par les policiers et qui ont été des rejetons de la jeunesse mapuche, Alex Lemun, Matias Catrileo et bien d'autres qui sont de jeunes martyrs, actuellement Brandon Hernandez Huentecol qui est un autre jeune homme mapuche qui a souffert d'une attaque lâche de la police chilienne qui ne redoute pas de se cacher petitement en tirant dans le dos.

Dans différentes prisons de notre pays vivent des prisonniers, des hommes et des femmes mapuche imputés injustement de graves accusations, en attendant un jugement dont nous savons qu'il n'est pas impartial, puisque le racisme judiciaire est une loi obscure non reconnue appliquée depuis longtemps et que la machi Francisca Linconao Huircapan cherche à condamner entre autres.

Nous sommes convaincus que ces violations ont comme objet d'effrayer notre peuple avec pour objectif de freiner les actions de revendication territoriale qui menacent le pouvoir de l'État et de la grande propriété rurale (latifundio).

Une diversité d'actions ont été réalisés pour dénoncer et pour essayer de casser des cercles médiatiques, révélant à un niveau national et international cette injustice et cette poursuite permanente envers notre peuple.

Pour cela le 12 octobre de l'année présente nous avons remis une lettre à la ministre Claudia Pascual en sollicitant son intervention dans l'emprisonnement injuste de la machi Francisca Linconao, jusqu'à cette date il n'y a pas eu de réponse à la pétition précitée, ni plus de nouvelles de l'audience sollicitée par la famille.  La situation  du cas de la machi Francisca nous préoccupe d'une façon particulière, alors qu'il n'existent pas des preuves contre elle, à cette date cela fait presque neuf mois de prison et son état de santé empire chaque jour. En dénonçant cette situation on a écrit des lettres à la Présidente de la République Michelle Bachelet, à la ministre de la Femme et de l'Équité de Genre Claudia Pascual et on a parlé directement à Bárbara Eittel directrice régionale SERNAM Araucanía, toutes ces tentatives de communication formelle ont été manquées: Pour un cas mapuche la femme n'a-t-elle pas droit à une défense de la part de ce Ministère ? Pourquoi n'y a-t-il pas de prononcé au sujet d'une femme mapuche spirituelle, une autorité du peuple mapuche ?

Aujourd'hui à cause de son grave état de santé la machi se trouve internée à l'hôpital Interculturel d'Imperial sous la condition d'un arrêt à domicile, cependant c'est la quatrième fois qu'ils font appel en demandant son retour à la prison, en la considérant comme un danger pour la société, sans considérer qu' elle est une autorité ancestrale mapuche qui a donné à chaque instant les garanties d'écouter la justice.

La situation complexe de la santé et la judiciarisation de la machi Francisca maintient sa famille, ses voisins et le peuple mapuche en général dans un état de souci constant et d'incertitude. Il est important de rappeler qu'elle risque la prison perpétuelle,ce qui signifierait pour elle la condamner à mort. L'État Chilien assumera-t-il cette responsabilité ?

 En ce qui précède nous exigeons les points suivants :

1-Que le Gouverneur de l'Araucanie en sa qualité de principale autorité régionale, établisse une posture claire devant les graves collisions aux droits de l'homme dont souffre le peuple mapuche, en terminant avec le harcèlement et la violence policière dans les communautés. Nous lui demandons spécifiquement de se rapprocher de la machi le plus tôt possible et de connaître la dure réalité qu'elle traverse.

2-Que le pouvoir judiciaire établisse des conditions d'égalité devant la loi en permettant aux prisonniers politiques mapuche le droit dû au procès, en mettant fin à l'application de la loi antiterroriste et à ses témoins sans visage. – Respecter l'accord 169 en considérant la qualité d'autorité ancestrale de la Machi Francisca et son état actuel de santé délicat, en lui permettant d'attendre le jugement dans son foyer.

Et 3-Nous interpellons à nouveau la ministre de la Femme et de l'Équité de Genre Claudia Pascual à se prononcer au sujet des cas terribles qui sont arrivés dernièrement à des femmes mapuche comme ceux de Macarena Valdez, Lorenza Cayuan et Francisca Linconao.

Nous exprimons notre solidarité avec toutes les familles mapuche qui traversent des situations si dures,comme la famille de Brandon Hernández Huentecol. Nous demandons la justice dans son cas et que le carabinier coupable soit jugé avec une rigueur maximale.

Nous faisons un appel à tout le peuple mapuche et non mapuche pour appuyer ces revendications, lesquelles s'adaptent au propre droit mapuche (AZ MAPU),et de la même façon à être vigilant face aux criminalisations futures du ministère de l'Intérieur sur des actions associées à la juste protestation sociale.

Nous voulons dire finalement que nous sommes un peuple qui a résisté pendant des siècles à l'invasion et nous continuons plus vifs que jamais, disposés à nous maintenir pour encore de nombreux siècles. S'ils frappent un mapuche ils nous touchent tous et toutes.

Marichi weu!!

 

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site Mapuexpress le 22/12/2016 :

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