Déclaration de la première rencontre Continentale de Femmes et Féministes de ALBA Movimientos

Publié le 3 Décembre 2016

Non, Fidel, tu n'es pas mort : Regarde ceci est ton fruit : 

 

Nous, femmes, lesbiennes et trans, indigènes, paysannes, urbaines, afros, travailleuses, étudiantes, féministes membres des Mouvements sociaux de l'Alba, réunies les 29 et 30 novembre dans la ville de Bogotá; analysant la conjoncture de lutte de nos peuples, nous sommes d'accord pour évaluer la place que nous assumons dans nos mouvements dans l'affrontement des politiques néolibérales ,extractivistes, du capitalisme patriarcal et colonial.

Nous faisons partie d'organisations féministes, de collectifs de femmes, d'organisations populaires mixtes, et de la diversité sexuelle, engagées depuis le début avec la proposition d'articulation des mouvements anti impérialistes, bolivariens, qui depuis en bas, engagent la création du socialisme du XXIe siècle que Chávez et Fidel ont rêvé. Nous croyons que sans le féminisme il n'y a pas de socialisme, et que sans le rôle principal des femmes, il n'y a pas de révolution.

Nous débutons la Première Rencontre Continentale de Femmes et de Féminismes de l'ALBA, avec le retentissement des adieux que le peuple cubain, et les peuples du monde ont fait à Fidel. Émues par les traces que Fidel et la Révolution écrivent dans l'histoire de Notre Amérique, nous saluons les femmes cubaines et tout le peuple, et nous leur exprimons notre amour, et l'engagement de suivre le chemin d'unité latino-américaine, de solidarité  internationaliste et du socialisme comme création héroïque des peuples.

Nous réalisons cette rencontre en Colombie, en solidarité active avec les femmes et les mouvements sociaux et populaires auxquels aujourd'hui s'affrontent les politiques de l'extermination qui atteignent le niveau d'un nouveau génocide. Nous exigeons de l'État colombien des garanties pour la mise en place des Accords de La Havane, pour qu'il commence la phase publique du processus de paix avec l'ELN, et qu'un grand dialogue national soit ouvert, auquel participent tous les acteurs de la société colombienne, les mouvements sociaux et politiques, et les femmes en particulier.

À cette rencontre nous nous sommes déclarées en Mobilisation Continentale Permanente pour la Paix avec la justice sociale et contre les féminicides et les violences machistes, qui sont une partie des violences structurelles dont nous souffrons quotidiennement.
 
Nous dénonçons qu'une majorité de gouvernements du continent, et des fondamentalismes religieux continuent de nier les droits sexuels et reproductifs des femmes, le droit de décider de nos corps, continuent de pénaliser l'avortement, des femmes meurent dans des avortements clandestins, il y a des femmes prisonnières pour des avortements. Il y a une répression des identités lgtbi, et s'établissent des moyens de contrôle de nos corps.

Nous exigeons que l'éducation sexuelle intégrale soit mise en application à tous les niveaux de la scolarité publique, et que se développe une communication non sexiste.
 
Malgré l'avance de la droite sur le continent, à travers des coups d'État, la militarisation, ou par la voie institutionnelle, et les menaces de déstabilisation de divers processus de caractère populaire, nous renforçons la volonté de la lutte que les femmes nous démontrons dans des mobilisations massives, dans l'organisation, et dans l'occupation des rues et des institutions.

Nous répudions les coups d'État au Honduras, au Paraguay et au Brésil. Ni coups d'État, ni coups sur les femmes.
 
Nous dénonçons l'agression impériale contre le Venezuela, le blocus silencieux des transnationales et des gouvernements de droite occupés à isoler la Révolution Bolivarienne, en attaquant spécifiquement les femmes, et en essayant de les accabler économiquement. La droite locale déploie diverses formes de violence contre les femmes, en cherchant à les démobiliser et à les éloigner du processus de construction de la révolution.

Nous accompagnons les luttes décolonisatrices et anti impérialistes des femmes et du peuple de Puerto Rico, une colonie des États-Unis depuis plus de 500 ans, qui réclament leur indépendance totale. Nous exigeons la liberté d'Ana Belén Montes, d'Oscar López Rivera et de tous les prisonniers et prisonnières de l'empire. Nous exigeons l'indépendance définitive des colonies distinctes existantes sur nos territoires, et l'inocupation de la Base militaire de Guantanamo.

Les troupes militaires nord-américaines et leurs bases dans nos pays sont venues violant des femmes, les contaminant par des maladies, et en générant différents types de violences. Nous exigeons l'abandon des bases militaires du continent. Nous exigeons le retrait des troupes d'occupation de la MINUSTAH en Haïti, et nous exprimons notre solidarité avec les femmes haïtiennes qui résistent à l'occupation et qui souffrent des violences de ces troupes dans leurs corps et territoires.

Nous rejetons la criminalisation et l'assassinat de femmes leaders des luttes en défense des territoires et des biens communs. Nous exigeons la justice pour Berta Cáceres, et pour toutes les assassinées dans nos pays, et que cesse la persécution militaire, paramilitaire et les crimes du sicariato (tueurs à gage).

Nous dénonçons les féminicides, qui sont en train de saigner le Mexique, l'Amérique centrale, et qui grandissent de façon alarmante sur tout le continent, avec la complicité des États, les réseaux du narco, de la prostitution, de la traite et de la criminalité organisée.
 
Nous convoquons pour organiser 24 heures de solidarité féministe contre la précarisation du travail pour le 24 avril conformément à la proposition de la Marche Mondiale des Femmes, et  “Ni Una Menos – VIVANTES NOUS NOUS AIMONS”  latino-américaine pour le 3 juin 2017.
 
Les femmes nous revendiquons notre droit au plaisir, à la liberté, et au désir.
 
Révolution dans les rues, sur les places et dans les lits.

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site Mujeres en la minga, articulation d'Alba movimientos : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Droits des femmes, #Colombie, #Révolution

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