Terre dans la sierra et dans la plaine (Tierra en la sierra y el llano)

Publié le 30 Novembre 2016

Terre dans la sierra et dans la plaine

Tu es maître de ma terre,
des arbres et de la rivière,
je te verrai.

Tu es maître de ma vie,
ma vie qui n'est à personne,
sauf la mienne,
ni même à mes parents,
sauf la mienne.
Je te verrai.

Ay, de la tige jusqu'au rosier
et du rosier jusqu'à la tige,
ton poignard va plongeant.
Je te verrai,
ay, comme je vais te voir,
je te verrai.

Hier je t'ai envoyé une lettre
et je l'ai écrite avec mon sang,
je te verrai,
pour te dire que je veux,
je veux la sierra et la plaine,
je te verrai,
et la rivière que tu m'as volée,
et la rivière à côté des arbres,
les arbres dans le vent,
le vent plein d'oiseaux
et ma vie,
ma vie qui n'est à personne,
sauf la mienne.
Je te verrai.

Ay, de la tige jusqu'au rosier
et du rosier jusqu'à la tige,
ton poignard va plongeant.
Je te verrai,
ay, comme je vais te voir,
je te verrai.

Je vis sans terre dans ma terre,
sans terre j'ai toujours vécu,
je n'ai pas un mètre de terre
où m'asseoir pour mourir.
Je te verrai.

Avec Fidel qui m'accompagne,
avec Fidel vert et fleuri,
je viens te couper la main,
je viens prendre ce qui est à moi,
je te verrai,
terre dans la sierra et bien plus qu'une terre,
terre dans la sierra et la plaine,
je te verrai,
et la rivière à côté des arbres,
les arbres dans le vent,
le vent plein d'oiseaux
et ma vie,
ma vie qui n'est à personne,
sauf la mienne.
Je te verrai.

Nicolás Guillén

******
Eres amo de mi tierra,
de los árboles y el río,
te veré.
Eres amo de mi vida,
mi vida que no es de nadie,
sino mía,
ni siquiera de mis padres,
sino mía.
Te veré.
Ay, de la caña al rosal
y del rosal a la caña,
hundiendo vas tu puñal.
Te veré,
ay, como te voy a ver,
te veré.
Ayer te mandé una carta
y la escribí con mi sangre,
te veré,
para decirte que quiero,
quiero la sierra y el llano,
te veré,
y el río que me robaste,
y el río junto a los árboles,
los árboles en el viento,
el viento lleno de pájaros
y mi vida,
mi vida que no es de nadie,
sino mía.
Te veré.
Ay, de la caña al rosal
y del rosal a la caña,
hundiendo vas tu puñal.
Te veré,
ay, como te voy a ver,
te veré.
Vivo sin tierra en mi tierra,
sin tierra siempre viví,
no tengo un metro de tierra
donde sentarme a morir.
Te veré.
Con Fidel que me acompaña,
con Fidel verde y florido,
vengo a cortarte la mano,
vengo a coger lo que es mío,
te veré,
tierra en la sierra y más tierra,
tierra en la sierra y el llano,
te veré,
y el río junto a los árboles,
los árboles en el viento,
el viento lleno de pájaros
y mi vida,
mi vida que no es de nadie,
sino mía.
Te veré.

Nicolás Guillén

Traduction carolita

Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime, #Cuba, #Chanson du monde, #Fidel

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