Peuples originaires et le droit à la terre par Leandro Antiman

Publié le 20 Novembre 2016

Je vous propose la traduction de cet excellent article mapuche.

carolita

 

Tous les peuples originaires nous avons une conception du monde dans laquelle l'homme est encore un être de la nature et en revanche la culture occidentale qui est éminemment anthropocentrique, conçoit l'homme comme centre de la nature et son travail est de dominer toutes les choses. Un aborigène sans terre n'est pas aborigène, pour nous la terre est sacrée, c'est pourquoi nous affirmons que nous ne sommes pas propriétaires de la terre mais d'une partie d'elle, que nous ne la voulons pas pour l'exploiter mais pour vivre avec elle, pour travailler en soignant la nature avec un développement équilibré pour le bien-être commun de l'humanité.

L'originaire a une relation mystique avec la terre, puisque c'est l'habitat de vie pénétrée de traditions et de valeurs, c'est le lieu où se concentrent les forces et reposent les aïeux. Cette manière de concevoir le sol comme espace sacré, lieu d'espoir et d'identité, c'est la base et le substrat de notre culture. La violence éminente exercée contre les peuples originaires, elle fut toujours liée à la terre.

Sans la garantie de terre il n'y a aucune condition de survie en tant que peuples porteurs de cultures originales. La nature nous offre tout le nécessaire pour survivre, c'est pourquoi il faut mettre en action une forme planifiée et communautaire, non sous la cupidité et le pouvoir du profit économique et la surconsommation irrépressible qui viole les fruits de notre terre.

Cette forme de pillage est ce qui a produit le déséquilibre que toute l'humanité vit aujourd'hui. Les catastrophes écologiques sont la réponse de la terre, ce sont ses mécanismes de défense mais c'est totalement ignoré ou semble ne pas se comprendre par la pensée occidentale.

L'originaire sait que si se casse l'équilibre avec la nature, c'est un manque de respect et par conséquent les conséquences se paient. Un originaire ne peut pas rester silencieux, en étant témoin du génocide qui est exercé sur notre terre, celui-ci, c'est l'un des motifs principaux qui nous mobilisent à nous opposer et à lutter contre le débarquement des multinationales sur notre territoire ancestral et à nous solidariser avec ceux qui, comme nous, sont dans cette lutte pour la vie.

Les civilisations préindustrielles ont duré des dizaines de siècles en maintenant en équilibre leur environnement naturel. Mais l'actuel mode de vie édifié sur un recours épuisable, le pétrole, se déchire avec une violence démesurée dans la tentative de contrôler sa possession, tandis qu'il dégrade l'atmosphère, les terres cultivables et l'eau de consommation et dérange avec des conséquences imprévisibles mais sûrement atroces “le climat de la planète”.

La pensée occidentale conçoit la nature comme un recours exploitable dont on peut sortir un intérêt économique. Sur le territoire qui se considère comme monde occidental, il existe aussi des personnes qui luttent contre une conception ethnocentriste, conquérante et colonisatrice, destructive de la vie et de sa diversité.

Ce type de pensée est celui qui s'incarne dans le pouvoir historique, évangélisateur et militaire de l'église catholique, des états nationaux et des capitaux économiques. Les originaires nous sommes contre ce dont les occidentaux appellent un progrès aux dépens des ressources naturelles, nous ne proposons pas de retour au passé.

Mais oui pour considérer sérieusement que tout le nouveau pour être moderne n'est pas meilleur, ni sûr, ni efficace, ni durable et par conséquent non plus désirable, non tout le vieux ou ancestral est inutile et inappliqué.

Les gouvernants ne comptent pas avec des politiques publiques qui sont conformes à la vision des peuples originaires et de leur milieu naturel, ne respectent pas le fait que les peuples originaires sont pré-existants à la formation des états et cela apporte de graves conséquences, les États actuels ont peint un masque hypocritement progressiste et capitaliste, complices des multinationales qui s'enrichissent avec nos ressources naturelles.

Pu weychafe witrapurakelu engun, kallfu wenu kellukeyu engun. Kakummeayafiyiñ wezake wingka! Marichiweo!!!

Par Leandro Antiman

Traduction carolita d'un texte paru sur Mapuexpress : 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #indigènes et indiens, #PACHAMAMA, #Mapuche

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