Irrémédiablement le temps

Publié le 16 Novembre 2016

Irrémédiablement le temps
Dépose un à un cheveu d'argent
Si les tempes semblent réceptacle privilégié
Le sable aussi tient son propos
Peu à peu la vue se couvre d'un champ de brume
Rien qui ne soit épargné
Quand les sons de la vie s'enfuient
Tu cours après chaque propos
Quand la lumière elle aussi s'enfuit
Tu cherches le quiproquo envers les années trop lourdes de sens
Qui ont volé jusque ta naissance
Celles qui ont marqué dans le marbre des ans
Une à une couche de cire
Bougies trop consumées
Couches de paraffine usées.

Irrémédiablement la vie
S'enfuit par chaque pore
Et tu survis tu ne t'endors
Sur des lauriers trop top tissés
Et tu résistes
Et tu t'adaptes
Car ton cœur tes veines ton sang
Sont trop ardents
Sont trop contents
D'être encore présents.

Avec le blanc qui s'insinue
Avec le sable qui glisse son miel ténébreux
Avec le long terme qui te sembles aventureux
Avec cette énergie du désespoir
Tu t'accroches au noir
Tu t'accroches au soir
La vie coule en toi comme un torrent
Sa fougue est une perle de temps
Sa vigueur est une perle de peur
La peur n'est pas au plat du jour
Il convient de garder toujours
La tête haute le cœur pur
Se ranger dans des préoccupations
Dignes de la vie dignes de son temps.

Irrémédiablement le temps
A fixé en toi son papier d'amant
Tu vis tu souffres tu aimes tu cries
Tu vis tu vis tu vis
Et tu aimes la vie
Comme on te l'a permis.

Tout va bien quand le sablier de la vie
Diffuse une à une ses gouttes de pluie
L'eau recouvre le sable de l'arène
L'eau couvre de son doux son l'extinction de la nuit
L'eau est une mère
Et son enfant se laisse faire
Ecoutant le bruit qui fuit
Comme une petite belette rousse et jolie
Qui frétille glisse vit et vend
Son âge à l'amant du vent.
Le temps.

Carole Radureau (16/11/2016)

Poème inspiré par ce tableau de Siqueiros vu à l'expo sur le Mexique : je n'y ai vu que du feu !! On ne se rend pas compte sur la photo mais le tableau est trouble comme une vue qui s'éteint, c'est parfaitement ce que je ressens de la vie : fumée qui s'insinue comme le temps dans nos ans.

David Alfaro Siqueiros - Feu

David Alfaro Siqueiros - Feu

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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A
Si, je te confirme, le tableau est trouble! <br /> <br /> Ton poème est très beau, doux et si triste...triste parce que je commence à ressentir tout cela. Mais il y a beaucoup de force aussi dans tes lignes et on y ressent le souffle de la vie. Tu vas dire que je te le dis souvent mais c'est là l'un de tes plus beaux poèmes.
C
Quand j'ai vu (sans mes lunettes parce que je fais de la résistance aux lunettes) et en m'approchant de près que c'était ça le nom de l'oeuvre: feu, je me suis dit que mon ressenti était complètement à l'opposé, et même si j'ai vu après coup que c'était de la fumée, c'était trop tard mon cerveau et ma muse étaient sensibilisés. C'est rigolo ce qui peut déclencher de l'inspiration, c'est toujours très aléatoire. Pour ce qui est de tous ces petits maux des ans, quand tout s'y met, c'est vrai que parfois ça pèse un peu mais quand on a bon moral et que ça change beaucoup des années passées, c'est moins lourd à porter et la poésie est là pour soulager et pour soutenir la carcasse. Je souhaite à chacun de pouvoir vivre cette expérience de l'écriture parce que c'est un petit plaisir de la vie.