Etats-Unis / Québec : La nation Mohawk

Publié le 16 Octobre 2016

Une nation qui fait partie de la confédération des 6 nations iroquoises.

Autodésignation : kanien’kehá :ka.

Elle peut signifier « peuple de la lumière », « hommes éclairs » ou « peuple des silex ».

Autodésignation actuelle : mokawk.

Dans la langue de leurs ennemis Algonquins ce mot voulait dire « mangeurs d’homme ».

Les français quand à eux les appelaient Agniers.

Ces deux articles pour compléter leur histoire :

 

Population 

Québec : 23.682 personnes, 2700 hors réserve

C’est l’un des plus importants groupes autochtones du Québec.

Etats-Unis : 5632 personnes

Langue : mohawk, une langue iroquoienne dont il existe 3 dialectes principaux : Occidental (Ohswé:ken et Kenhté:ke), Central (Ahkwesáhsne), et Oriental (Kahnawà:ke et Kanehsatà:ke).

15.000 locuteurs

Territoire

Autrefois leur territoire était situé dans la vallée de la rivière Mohawk, tributaire principale du fleuve Hudson et s’étendait au nord vers le lac Champlain et le St Laurent, au sud jusqu’à la Susquehana, à l’est au territoire des Mohicans.

Il y avait 4 bourgades ou villages : Ossernenon (Ste Trinité), Anagaron, Tionnontogeu, ossaragué. Il y avait également 3 clans : l’ours, le loup et la tortue. Les deux derniers fusionnaient lors des assemblées consultatives. Chaque clan élisait des représentants aux réunions fédérales.

 

Les communautés

 

-          GANIENKEH – état de New York.

-          KANATSIOHAREKE – Etat de New York.

-          TYENDINAGA (placer le bois ensemble) – 13 km de Belleville, Ontario.

-          WAHTA – Ontario

-          Réserve des 6 nations en Ontario. C’est la communauté la plus importante de la réserve.

Située à Brantford Ontario. Nom officiel Six Nations 40.

Les nations Iroquoises Onondaga, Seneca, Cayuga, Oneida, Tuscarora , Mohawk et des membres de la nation Delaware.

 

    KAHNAWAKE

Réserve amérindienne Mohawk au Québec dans la région administrative de la Montérégie.

Il y a 8000 personnes dont 6500 sur la réserve.

La première mission iroquoise en Nouvelle France est établie en 1667. Elle va être déplacée et renommée à plusieurs reprises  avant d'atteindre son site actuel en 1716.

Dès 1760, les iroquois de Kahnawake réclament une portion de territoire, la seigneurie du Sault St Louis qui a été annexée à la seigneurie voisine de La Prairie de la Magdeleine.

En février 2010, le conseil de bande de Kahnawake a décidé d'expulser toute personnes non Mohawk de la réserve y compris ceux qui ont un conjoint de cette tribu et interdit aux étrangers de s'y installer. Cela relève d'une ancienne coutume de leur peuple qui en 1850 stipulait :

« il n'est pas permis a un blanc qui se marie à une sauvagesse de jouir des droits des Sauvages, qu'en se mariant a un blanc elle perd ainsi que ses enfants, tous droits comme membres de Tribu a la quelle elle appartenoit [...]; un Sauvage qui se marie à une blanche peut emmener sa femme dans sa cabane et elle et ses enfants jouissent de tous les droits des membres de la Tribu a laquelle appartient, le Sauvage avec qui elle se marie [...]; il n'est pas permis a un blanc de s'établir parmi nous et de jouir de nos droits. [Ces] droits nous ont été transmis par nos pères, ils ont toujours été respectés. »

De même Kahnawake refuse de participer aux recensements du Canada depuis plusieurs années et on ne connaît donc pas les données démographiques pour cette communauté

-          AKWESASNE (là où la perdrix bat des ailes) Réserve indienne  à cheval sur la région administrative de la Montérégie au Québec, l’Ontario et l’état de New York. 11.49km2- 2686 habitants.

 

    KANESATAKE Kanehsatà:ke

Etablissement amérindien Mohawk enclavé dans la municipalité d'Oka au Québec, à la confluence de la rivière Outaouais et du lac des Deux Montagnes.

Le territoire a une superficie de 11.88 km2 et accueille 327 maisons et 1349 personnes qui y vivent.

696 personnes vivent en dehors de la communauté.

Kanesatake a connu des tensions politiques au cours de son histoire récente dont l'une d'elle est connue comme La crise d’Oka. En 1990 cet évènement opposa la nation Mohawk aux états québécois et canadien. Les tensions sont encore vives 20 ans après entre les gens de la communauté et les blancs.

Par Illustrator: M. L. Kirk — http://www.gutenberg.org/files/31926/31926-h/31926-h.htm, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32853002

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1985 : reconnaissance officielle par l’assemblée nationale du Québec comme l’une des 10 nations autochtones du Québec.

 

Les Mohawks font partie de la ligue des 6 nations iroquoises.

Les iroquois est le nom donné généralement à une confédération regroupant 5 puis 6 nations au sein d’une ligue créée au sud de l’Ontario e du St Laurent en 1570.

Ces 6 nations étaient liées entre elles par une constitution commune nommée : gayanashogova (grande loi de l’unité).

L’origine de la ligue remonterait à un prophète légendaire du nom de Deganawidah qui vers 1570 aurait mis un terme aux guerres déchirant les 5 tribus en concluant la paix qui régna ensuite sur la région.

Le prophète était guidé par un rêve au cours duquel il vit un arbre perçant le ciel pour l’élever jusqu’à la terre de maître de la vie. L’arbre vigoureux représentait le sonorat( la société iroquoise était de type matrilinéaire) et ses racines les 5 tribus iroquoises.

La légende dit également que le prophète et son disciple, Hiawatha , un mohawk, partirent prêcher la paix de tribu en tribu jusqu’à ce que de leurs effort naissent la ligue. Le récit ne possède aucun fondement historique et même si la date de la constitution de la ligue et les grandes lignes coïncident, les raisons en sont toutes autres. Elles semblent être en partie dues à une riposte à l’invasion européenne, au besoin de constituer un front contre les nouveaux arrivants.

Société matrilinéaire

 

Article 44 de la constitution iroquoise : » La descendance se fait par le lien maternel. Les femmes sont la source de la Nation, elles possèdent le pays et sa terre. Les hommes et les femmes sont d’un rang inférieur à celui des mères ».

Les iroquois représentaient un bel exemple de société matriarcale, matrilinéaire et matrilocale.

 

Les femmes transmettent la parenté et l’identité clanique.

L’usage d’un objet entraînant sa possession chez les nations sauvages, la Mère, qui a charge de la demeure et de ses provisions, est maîtresse de la maison et de ce qu’elle renferme ; l’homme ne possède que ses armes et ses instruments de pêche et de chasse. Les enfants appartiennent à la mère, qui les a engendrés, nourris, élevés et logés ; la fille lorsqu’elle se marie, ne quitte pas la demeure maternelle ; le mari est un hôte, qui doit lui procurer des vivres. Le foyer servant à la préparation des aliments est propriété de la Mère et de sa fille aînée, quand elle meurt. Les matrones de la longue-maison contrôlaient la répartition de la nourriture et des autres marchandises qui assuraient le bien-être du groupe.

« Parmi les Iroquois…les enfants sont de la tribu de la mère, dans la majorité des nations; mais la règle, même si elle était universelle depuis l’antiquité, ne l’est plus aujourd’hui. Quand la descendance de la lignée maternelle prévalait, elle était suivie par d’importants résultats, dont le plus remarquable était que la lignée paternelle était constamment déshéritée. Puisque tous les titres ainsi que les propriétés descendaient de la lignée maternelle, et étaient héréditaires, strictement, dans la tribu elle mêle, un fils ne pouvait jamais succéder au titre de son père en tant que Sachem, ni hériter de sa médaille ou de son tomahawk »– McLennan 1970 [1865]:51 

 

https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/iroquois/

 

 

Ressources

Le maïs est l’aliment de base, préparé de différentes façons, il est lessivé et séché, broya pour en faire de la farine, il entre dans la composition de plats mijotés.

Les trois sœurs étaient à la base de l’alimentation des Mohawks et des nations Haudenosaunee (les 3 sœurs sont le maïs, les haricots et les courges).

Les champs étaient préparés par les hommes et cultivés par les femmes.

Un lien pour en savoir plus  ICI

La chasse

 

 

Elle était productive car leur territoire regorgeait de gibier de toute taille et de tous poils et plumes.

images.jpgLe wapiti, l’ours noir, le castor, l’orignal, le cerf, le petit gibier (loutre, martre, lièvre, écureuil).

Les petits oiseaux consommés : grues, pélicans, cygnes, bernaches, oies, canards, dindes, pigeons, tourterelles tristes, goélands, plongeons…

 

Le gibier ne servait pas qu’à la consommation, il permettait grâce à sa peau de fabriquer l’habillement et l’équipement. Les cornes, les os et les tendons, les coquilles des mollusques servaient à fabriquer et décorer les ustensiles divers.

 

La saison de chasse était l’hiver, les hommes partaient en clans pour plusieurs mois. Les prises étaient partagées entre les membres des villages

La chasse du gibier à plumes avait lieu en automne et au printemps et les piégeages avaient lieu toute l’année.

La chasse se pratiquait à l’arc qui était de la taille d’un homme, construit en bois de genévrier durci au feu et muni d’une corde en chanvre ou en tendon de cervidé.

Les flèches étaient longues d’un mètre parfois empennées de deux plumes, les pointes étaient en pierre, parfois en bois en os ou en corne.

Les pièges et les collets étaient fabriqués en cordes de chanvre ou d’écorce.

La pêche

 

 

Elle offrait également de belles ressources, les eaux des rivières étant poissonneuses : carpes, achigans, esturgeons, saumons, anguilles, moules d’eau douce….

Les harpons étaient en corne ou bois, le filet pour la pêche en chanvre ou fibre d’écorce.

 

La cueillette

 

Elle concernait les racines et les plantes sauvages ainsi que les fruits frais et secs offerts par de nombreux arbres présents dans leur écosystème : caryers, châtaigniers, noyers, chênes. Le sirop de l’érable à sucre était récolté.

Les petites fruits rouges à foison : framboises, myrtilles, fraises, canneberge, raisin de vignes sauvages, pommetiers, pommiers de mai, asiminiers.

 chefs des 6 nations

Par Hale, Horatio (collector) — Smithsonian Institution, Call no. NAA PHOTO LOT 86-58, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7229119

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Un passé de résistance, un présent qui la continue

Dans l’histoire, ce peuple est considéré comme une terrifiante puissance guerrière, très craint des autres peuples indigènes.

Ils étaient les ennemis des Hurons et des Algonquins, alliés des premiers colons français vivant sur le fleuve St Laurent.

1609/1610 : ils sont défaits par leurs voisins du nord aidés par Samuel de Champlain. Ils partent vers l’est et chassent les Mohicans de la vallée Mohawk, obtiennent l’accès aux commerçants hollandais du fort Orange (Albany de nos jours à New York).

1640 : pillage des flottilles de fourrures qui arrivent pour faire du commerce avec les français.

1645 : trêve entre la Nouvelle France et les Mohawks. Ils s’unissent aux Sénécas pour chasser les Hurons de leurs terres natales.

1666 : les français incendient les villages Mohawks avant d’insister sur la nécessité de la paix. Fondation d’une mission jésuite, on encourage les indiens à se convertir et à fuir l’influence anglaise en s’installant sur les rives du St Laurent.

Années 1670 : les Mohawks établissent des communautés sur les rives du St Laurent.

1693 : guerre de nouveau entre les Mohawks et la Nouvelle France, les villages indiens sont incendiés. Certains Mohawks se tournent contre leurs parents et aident les français.

1701 : la confédération Haudenosaunee négocie des traités de paix et de neutralité avec les français et les britanniques.

1710 : 3 chefs Mohawks et un Mohican vont à Londres et sont présentés à la reine Anne. Elle leur promet la venue de missionnaires anglicans pour contrer l’influence des jésuites et leur donne des pièces d’argent pour construire une chapelle.

A partir de 1780 : c’est le début d’une longue résistance des Mohawks qui s’inscrit dans la continuité de leurs luttes contemporaines.

Au cours du XXIIIe siècle : les Mohawks sont regroupés dans deux villes principales et sont de plus en plus entourés par les colons blancs. Ils adoptent le même type de maisons que leurs voisins et se lient avec l’administration britannique. Les britanniques utilisent les guerriers Mohawks contre les français dans le guerre de Sept ans, ou French and indians war.

21 juin 1877 : apogée de la résistance avec l’insurrection de 250 Mohawks armés.

Après la guerre, Joseph Brant et ses partisans s’installent sur une concession accordée par le gouverneur (à présente réserve des Six Nations), d’autres d’établissent dans la baie de Quinte. La plupart sont anglicans, l’argent donné par la reine Anne a été partagé entre les deux réserves. Les Mohawks installés en Ontario et sur le St Laurent s’intègrent dans le monde des blancs. Ils sont d’habiles navigateurs, ceux de Kahnawake sont recrutés pour transporter l’armée du général Wolseley sur le Nil en 1884/1885.

Fin du XIXe siècle : plusieurs Mohawks de la réserve Six-Nations sont des fermiers accomplis.

Dans les années 20/30 : des résidents de Kahnawake et Akwasasne retournent à la religion de Handsome lake et fondent des communautés Longhouse à Kahnawake et Akwasasne

 

 

Monteurs de charpentes en acier

 

 

Le métier national des Mohawks depuis plus d’un siècle est devenu celui de l’acier de l’acier de construction (Kahnawake en particulier).

En 1886, la Dominion Bridge company construit le pont ferroviaire du St Laurent qui traverse une partie de la réserve de Kahnawake.

Elle emploie les Mohawks pour le projet et se rend compte de leurs compétences dans le domaine.

Le métier de monteur de charpentes en acier fait à présent partie de la tradition autochtone et ce depuis plus de cent ans.

Le métier passe de génération en génération et c’est une source de fierté dans les familles autochtones du Québec et du Canada.

Les Mohawks sont agiles et ont un grand sens de l’équilibre, cela leur offre des capacités de manœuvres pour marcher sur les poutres élevées. Ce qui n’a pas échappé aux constructeurs et aux entrepreneurs.

Cela a permis de trouver du travail aux monteurs de Kahnawake, d’Akwesasne et des Six Nations quand au début du XXe siècle sont apparus les ponts en fer et les gratte-ciel. Ils ont travaillé sur l’empire State Building, l’édifice Chrysler , le siège de l’ONU, le Word trade center.

ont commencé dans l’industrie au début du XXe siècle en allant à New York pour la construction des premiers gratte-ciel et ponts en fer. Ce sont eux les premiers monteurs sur les lieux du Word trade center pour sa reconstruction en 2001. Ils ont également construit dans leur réserve plusieurs ponts et immeubles, une usine de fabrication et une épicerie.

 

Les Mohawks d’Akwesasne ont commencé dans l’industrie au début du XXe siècle en allant à New York pour la construction des premiers gratte-ciel et ponts en fer. Ce sont eux les premiers monteurs sur les lieux du Word trade center pour sa reconstruction en 2001. Ils ont également construit dans leur réserve plusieurs ponts et immeubles, une usine de fabrication et une épicerie.

 

 

La nation Mohawk de Kahnawake

Canada.  Les Mohawks de Kahnawake sont reconnus pour leur agilité et leur bravoure en hauteur et les monteurs en acier de cette nation sont souvent désignés comme les « cowboys du ciel ». dès le début de la construction du pont Victoria dans les années 1880 la collectivité entière est touchée par ce métier. Le revenu familial annuel grâce au métier est un peu plus élevé que dans les autres collectivités autochtones du Canada.

Le territoire des Six Nations

Les travailleurs des Six Nations se lancent dans le métier dans les années 1920 et se déplaceront par la suite au Canada et aux EU pour travailler sur les ponts et les gratte-ciel en acier. A ce jour environ 25% de la collectivité gagne sa vie dans cette profession.

 

http://www.aboriginalironworkers.ca/fr

 

 

Militants dans la défense de leurs terres et de leurs droits contre l’empiètement, ils poursuivent leurs revendications foncières de terres qui leur ont été prises illégalement.

 

source wikipedia, encyclopédie canada

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Québec, #Mohawk, #Matrilinéarité, #Peuples originaires

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