Etats-Unis : Les Mandans

Publié le 14 Octobre 2016

Par Edward Sheriff Curtis — http://lcweb2.loc.gov/cgi-bin/query/S?pp/ils:@FILREQ(@field(SUBJ+@od1(Mandan+Indians--Subsistence+activities--1900-1910+))+@FIELD(COLLID+ecur)), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3740517

Par Edward Sheriff Curtis — http://lcweb2.loc.gov/cgi-bin/query/S?pp/ils:@FILREQ(@field(SUBJ+@od1(Mandan+Indians--Subsistence+activities--1900-1910+))+@FIELD(COLLID+ecur)), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3740517

 

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Réserve Fort Bertold

Par M. Readey — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18059573

 

Peuple autochtone des rives du Missouri et de ses affluents la Heart river et la Knife river dans les états actuels du Dakota du nord et du Dakota du sud.

Ils se distinguent des autres tribus de la région des grandes plaines qui menaient alors une vie nomade en suivant les troupeaux de bisons par le fait qu'ils vivaient dans des villages permanents.

Population : 1171 (2010)

Langue : mandan de la famille des langues siouanes

 

Sur la rive ouest du Missouri se tenait le pays du "peuple des faisans", des Sioux pacifiques appelés aussi "les polis et amicaux Mandans".

Réserve Fort Berthold reservation

 

Les noms

 

Mandan est un nom anglais issu du mot exonyme des langues sioux voisines comme le mot Teton ou Miwatani.

 

 Avant 1837  Rųwą́ʔka•ki = les hommes, le peuple. En version ocidentale : Numakaki ou Numankake

 Fin du XIX e si : Wį́ʔti Ų́tahąkt =l'east village en version occidentale : Metutahanak ou Mitutahanskish.

Rų́ʔeta = nous-mêmes, notre peuple, nom utilisé à présent.

Peinture d'un village mandan par Catlin

Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=470506

 

Histoire

 

On ne connaît pas avec précision l'origine de ce peuple tout comme les autres peuples amérindiens.

La langue mandan est liée aux langues parlées par les Winnebagos de l'actuel Wisconsin. Leur mythologie précise qu'ils sont venus de l'est et les études des ethnologues pensent que comme pour les autres peuples sioux ils sont originaires de la partie sud du fleuve Mississipi et de la rivière Ohio. Ils auraient donc si c'était le cas, migré vers la vallée du Missouri et de son affluent la Heart river dans l'actuel Dakota du nord. C'est ici que les rencontrent les premiers européens.

La migration des Mandans à pu se faire entre l'an 1000 et le XIIIe siècle.

Une fois arrivés sur la Heart river, ils construisent 9 villages, 2 sur la rive est de la rivière et 7 sur la rive ouest. Le peuple Hidatsa migre à la même période dans la région. Ils laissent leur statut de nomades pour se fixer comme les Mandans qui leur transmettent l'art de construire des villages fixes et de cultiver la terre. Ils resteront toujours en bons termes.

- XIII e siècle : acquisition des chevaux qui les aident à se déplacer et à chasser. Ils étendent leur territoire

- 1738 : Premier contact avec les français, le sieur La Verendrye : il y avait alors 15.000 Mandans répartis dans les 9 villages de la Heart river.

Par George Catlin — anagoria, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47006571

Par George Catlin — anagoria, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47006571

barrage Garrison sur la rivière Missouri

Par Harry Weddington, U.S. Army Corps of Engineers — U.S. Army Corps of Engineers Digital Visual LibraryImage pageImage description pageDigital Visual Library home page, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1877883

 

 

- 1796 : Visite de l'explorateur gallois John Evans qui pense trouver la preuve de leur ascendance galloise dans leur langue. Il passe l'hiver avec eux et ne trouve aucune preuve de l'influence galloise.

- 1804 : Exploration de Lewis et Clarke, ils constatent que le nombre de Mandans a fortement diminué après les 1ers contacts suite aux épidémies de variole et aux attaques des Assiniboines, des Lakotas et des Ankara. Neuf villages sont regroupés en deux. Lewis et Clarke trouvent l'hospitalité dans les villages pour l'hiver.

- 1833 : George Catlin rencontre les Mandans près de Fort Clark. Il peint des scènes de leur vie, des portraits de chefs (Ma-to-toh-pa), il assiste à la cérémonie de l'okipa.

- 1833/1834 : Séjour du prince Maximilien Zu Wied-Neuwied , prince allemand et naturaliste et de l'artiste suisse Karl Bodner.

- XVIe siècle : épidémie de variole

- 1837 à 1838 : épidémie de variole dans la région, la tribu est pratiquement décimée. Les estimations de survivants vont de 27 à 150. Ils se regroupent avec les voisins Hidatsa en 1845 et créent le Like- a Fishbook village.

- 1862 : Les Mandans se joignent aux Arikara, le village Fishbook est un centre commercial de la région.

- Seconde moitié du XIXe siècle : Diminution progressive de la population des 3 tribus (Mandans, Hidatsa, Arikara).

- 1851 : Le traité de Fort Laramie attribue 12 millions d'acres (49.000 km2) de terres au territoire détenu conjointement par les 3 tribus.

- 12 avril 1870 : Création de la réserve de Fort Berthold, le territoire concédé n'est plus que de 8 millions d'acres (32.000 km2).

- 1er juillet 1880 : un décret exécutif prive encore les tribus de 7 millions d'acres (28.000 km2) à l'extérieur des limites de la réserve.

- Début du XXe siècle : le gouvernement saisi encore d'autres terres.

- 1910 : La réserve est réduite à une superficie dérisoire : 900.000 acres (3600 km2). Elle est située dans les comtés de Mackenzie, McLean, Mercer Mountrail et Ward (Dakota du nord).

- 1951 : Construction du barrage Garrison sur le fleuve Missouri qui crée le lac Sakakawea inondant une partie de la réserve de Fort Berthold et les villages de Fort Berthold et d'Elbowoods. Les habitants sont déplacés et on crée New Town pour eux. Mais cela n'enlève en rien les dommages irrémédiable infligés aux fondements sociaux de la réserve, à son économie. Les terres très fertiles ont été inondées par le barrage, toute leur économie en découlait. Les eaux ont englouti les villages et les sites archéologiques, les lieux de leur mémoire.

 

Sha-kó-ka (mint) Par George Catlin — Some book (published in several)., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2094299

Les Mandans ne ressemblaient pas physiquement aux autres Sioux, ils avaient le teint plus clair e, la peau presque blanche et leurs yeux pouvaient aller du brun au bleu pâle. Leurs cheveux déclinaient toutes les nuances sauf le roux et certains jeunes avaient les cheveux gris argenté parfois blonds (ce qui était considéré comme une anomalie chez les hommes qui se teignaient alors, les femmes, elles en étaient fières).

Les guerriers faisaient de leurs cheveux une longue queue de cheval divisée en petites nattes durcies avec de la glu et de la terre rouge. Les femmes tressaient deux nattes retombant de part et d'autre de leur visage. En signe de deuil, elles pouvaient sacrifier leur chevelure.

Ressources

 

Agriculture

 

 

Les plaines proches du fleuve étaient enrichies par les crues printanières, riches et fertiles elles produisaient de bonnes récoltes de légumes. Les légumes étaient séchés pour en faire des réserves pour l'hiver.

La culture du jardin était l'affaire des femmes. Elles y cultivaient du maïs, des haricots, des tournesols, des courges, du tabac, des citrouilles. Les jardins étaient la cible de razzias de chiens de prairie et des oiseaux.

Les jardins leur appartenaient et c'étaient elles qui les cultivaient.

La nourriture était complétée par du gibier, du poisson, des baies et des racines, des plantes sauvages.

Les hommes faisaient la guerre et protégeaient leurs villages. Leur façon de se vêtir et de se peindre le corps avait valeur de signification de leurs exploits.

La chasse tenait une place importante dans leur emploi du temps. Ils chassaient les bisons, les wapitis, les cerfs de Virginie, les antilopes, les oies et canards sauvages nombreux sur le fleuve.

Le garçon apprenait tôt les rudiments avec un arc et des flèches confectionnés par son grand-père. A 7 ans, il savait chasser des lièvres et des perdrix.

By Gooseterrain2 - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14606237

By Gooseterrain2 - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14606237

 Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15706001

Le village

 

Le village mandan était le centre social , spirituel et économique de la culture. Il était construit de maisons rondes recouvertes de terre, leur forme était celle de bols renversés. Elles étaient serrées entre elles.

Les maisons pouvaient abriter jusqu'à une quarantaine de personnes et les villages comprenaient environ 120 maisons.

Au milieu du village se tenait un mât représentant l'homme solitaire (Lone man) un héros de la mythologie. La place servait aux cérémonies et aux danses. Au nord de la place se tenait une hutte réservée aux cérémonies.

Par Gooseterrain2 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=23737230

Par Gooseterrain2 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=23737230

 

Par Karl Bodmer — U.S. National Archives and Records Administration, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17066611

Les cérémonies/ les croyances

 

La danse du bison mâle

Cette cérémonie religieuse avait lieu chaque année avec 12 danseurs. 8 se présentaient peints et nus sous des peaux de bison où demeuraient les cornes et les sabots. Pendant la danse, ils imitaient les gestes du bison. Ensuite, ils exécutaient des figures compliquées symbolisant la nuit, le jour, le firmament et les 4 points cardinaux. Le ballet était répété 40 fois en 4 jours.

Le medicine man apparaissait plusieurs fois en poussant des cris. Ensuite surgissait le démon peint en noir avec un aspect terrifiant, il était maîtrisé par le medicine man.

 

 

 

Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=643895

 

 La cérémonie de l’Okipa

George Catlin a pu observer cette cérémonie s’ouvrant sur la danse du bison et continuant sur diverses épreuves au cours desquelles les jeunes guerriers devaient prouver leur courage et recevoir l’approbation des esprits. C’est dans cette cérémonie que les guerriers sont accrochés aux mâts de la maison par des liens fixés dans les chairs de leurs muscles et ce jusqu’à l’évanouissement.

La dernière cérémonie aura lieu en 1889 et sera ressuscitée sous une forme différente en 1983. Ce rituel est apparenté à la danse du soleil pratiquée par les tribus des plaines lors du solstice d’été pour célébrer le renouveau du monde terrestre, et adorer le bison dont dépendent leur quotidien.

 

Lone man joue un rôle important dans les mythes de création et le mythe du déluge.

Dans leur croyance traditionnelle chaque personne à 4 âmes immortelles :

La première est l'âme blanche assimilée à l'étoile filante.

La seconde est colorée par une lumière brune et se présente sous la forme d'un passereau, la sturnelle de l'ouest.

La troisième est l'esprit du foyer et reste dans la maison après la mort.

La quatrième est noire et après la mort, voyage loin du village.

Ces âmes ont une existence réelle et comme les personnes vivent et résident dans les villages, pratiquent l'agriculture et la chasse.

Par Toxicotravail — http://lcweb2.loc.gov/cgi-bin/query/S?pp/ils:@FILREQ(@field(SUBJ+@od1(Mandan+Indians--Spiritual+life--1900-1910+))+@FIELD(COLLID+ecur)), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5812779

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Quelques coutumes

La société mandan était matrilinéaire comme chez les Crows et les mariages étaient arrangés. Les jardins et les maisons étaient les propriétés des femmes, celles-ci les transmettaient aux femmes de leurs lignées.

La nation Mandan était divisée en 13 clans organisés autour des meilleurs chasseurs et leurs familles.

Chaque clan devait prendre soin de tous ses membres, personne n'était mis à l'écart y compris les orphelins et les personnes âgées et ce jusqu'à la mort.

Les clans étaient les gardiens des faisceaux sacrés, des objets ayant des pouvoirs. Les détenteurs des faisceaux étaient les chefs du clan de la tribu.

Les enfants recevaient un nom 10 jours après leur naissance au cours d'une cérémonie d'accueil.

Les filles apprenaient les tâches domestiques, la culture des champs et à tenir une maison.

Pour traverser les rivières ils utilisaient une petite embarcation en forme de parapluie renversé, taillées dans une peau de bison, elle était maintenue par une charpente de saule. Cette embarcation légère pouvait être menée par les femmes, elle servait uniquement à traverser la rivière.

Ils fumaient une pipe bourrée de "k'nick-k'nick", une variété de tabac indien mélangé à de l'écorce d'aulne rouge ou de cornouiller de même couleur.

Par Sailko — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33889061

 

La chasse

 

La chasse au bison était importante dans les rites et la cérémonie Okipa dont le but était d'appeler les bisons près du village au début de chaque été.

Tout était utilisé dans le bison, la chair pour la consommation, la peau pour fabriquer des fourrures étaient tannées et le cuir servait également dans la confection d'objets utilitaires, les os taillés servaient d'aiguilles et d'hameçons, en agriculture l'omoplate de bison servait de houe. Ils étaient réputés pour leurs peaux de bisons peintes servant de parchemin et racontant des faits historiques.

Les petits mammifères étaient piégés, les plumes des oiseaux étaient utilisés dans les parures et les bois de cerfs faisaient des râteaux.

Par Karl Bodmer — Library of Congress, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1343366

 

Tenue

Le vêtement traditionnel était en peau de bison ou de cerf, parfois de mouton.

Ils portaient des tuniques, des robes, des couvertures de fourrure, des mocassins, des gants, des pagnes, des ornements de plumes d'oiseaux et parfois de scalps des ennemis.

Les robes descendaient jusqu'à la cheville, confectionnées en peau de daim, serrées à la taille par une large ceinture. En dessous les femmes portaient des jambières en cuir, des mocassins montant jusqu'à la cheville. Leurs cheveux étaient tressés.

Les hommes en hiver portaient des tuniques, des jambières en peau de daim, des mocassins et un manteau en fourrure de bison. L'été ils portaient un pagne en peau de daim ou de mouton, des ornements dans les cheveux qui étaient séparés en haut du crâne en 3 mèches pendant vers l'avant. Les cheveux étaient très longs dans le dos formant une queue de cheval. Ils étaient enduits d'argile et de résine de pin et attachés avec des cordons en peau de cerf.

les mocassins

Par Wolfgang Sauber — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27859982

 

A présent

Les Mandans et les deux tribus apparentées ont réussi à conserver leurs traditions ancestrales malgré le choc de la colonisation. Même si le dernier mandan de race pure est décédé en 1971, les membres de la tribu se sont relevés du traumatisme du déplacement dans les années 50 et ils ont pu se rétablir dans deux extensions de la Nouvelle Ville.

En 1993 ont été construits le casino et le lodge de Four bears qui attirent les touristes ce qui permet d'apporter des revenus aux pauvres de la réserve.

Un pont enjambant le fleuve Missouri a été construit en remplacement de l'ancien pont et inauguré, ensuite ouvert à la circulation en 2005.

Ce pont qui est le plus grand de l'état du Dakota du nord est décoré de médaillons célébrant les cultures des 3 tribus.

source : wikipedia, livre perso

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mandan, #Dakota du nord, #Matrilinéarité, #Peuples originaires

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