La planète des fous

Publié le 29 Juillet 2016

La planète des fous

Oswaldo Guyasamin mural Equateur

J'ai bu trente et un cafés crème
En t'attendant
J'ai peine à dire que je t'aime
Je t'aime pourtant
Les gens du café me regardent en rigolant
Ils chantent ils boivent ils bavardent
J'ai froid dedans
J'ai froid dedans
Pour vaincre l'éphémère
Pour vaincre le néant
M'allonger sur la terre
Et lui faire un enfant
Un enfant sans mémoire
Un qui n'aurait pas peur
Qui prendrait la nuit noire
Pour un bouquet de fleurs
Pour un bouquet de fleurs

Un enfant aux mains nues sans espoir d'héritage
Qui ne serait pas moi qui suis déjà venu
Qui me prenant la main quand je ferai naufrage
Me crierait vis encore je ne t'ai pas connu
Qui n'accepterait pas la volonté des armes
Ni des dieux ni des hommes prêchant l'humanité
Et pour mon dernier cri découvrirait les larmes
Désespéré de voir ma non-éternité

J'ai bu trente et un cafés crème
En t'attendant
J'ai peine à dire que je t'aime
Je t'aime pourtant
Les gens du café me regardent en rigolant
Ils chantent ils boivent ils bavardent
J'ai froid dedans
J'ai froid dedans
Pour vaincre l'éphémère
Pour vaincre le néant
M'allonger sur la terre
Et lui faire un enfant
Un enfant sans mémoire
Un qui n'aurait pas peur
Qui prendrait la nuit noire
Pour un bouquet de fleurs
Pour un bouquet de fleurs

Et puis et puis qui s'en irait sans regrets pour nos fêtes
Pour devenir enfin enfant de l'univers
Se referait étoile se referait planète
Et nous contemplerait hors des espaces verts
Et puis de temps en temps penserait à sa mère
Et puis de temps en temps baissant les yeux sur nous
Dirait à d'autres mondes la plus bleue c'est la terre
La terre aux fleurs coupées La Planète Des Fous

J'ai bu trente et un cafés crème
En t'attendant
J'ai peine à dire que je t'aime
Je t'aime pourtant
Les gens du café me regardent en rigolant
Ils chantent ils boivent ils bavardent
J'ai froid dedans
J'ai froid dedans
Pour vaincre l'éphémère
Pour vaincre le néant
M'allonger sur la terre
Et lui faire un enfant
Un enfant sans mémoire
Un qui n'aurait pas peur
Qui prendrait la nuit noire
Pour un bouquet de fleurs
Pour un bouquet de fleurs

Puis reviendrait sur la terre pour sa dernière escale
Et là deviendrait femme le ventre mis à nu
Balaierait de la main temples et cathédrales
Remettant à genoux les dieux non advenus
Et dirait je reviens pour donner à la terre
Un enfant qui veut vivre qui veut vivre debout
Le droit divin est mort il est comme ses frères
Celui-ci aimera La Planète Des Fous

Lény Escudero

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chanson non crétinisante

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M
Très fort!
C
Oui, très fort, c'est ce que je me dis chaque fois que j'écoute Leny. Très grand poète, très grand interprète.