Guatemala : Le peuple Chalchiteko

Publié le 3 Juillet 2016

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Peuple autochtone du Guatemala qui fait partie des 21 peuples descendant des mayas du pays.

Ils vivent à Chalchitán dans la municipalité d'Aguacatán, Huehuetenango.

Chalchitán est à l'origine et du nom du peuple et du nom de sa langue.

Population:

30 à 35.000 personnes

Ils partagent la ville d'Aguacatán avec le peuple d'origine maya également des Awakateko.

Langue

chalchiteco , langue maya de la famille de la branche quichean-mamean.

Elle a longtemps été identifiée comme un dialecte de l'aguacateco. Dans les années 90, les Chalchiteko ont entrepris d'exiger la reconnaissance de leur langue mais cela échouera plusieurs fois jusqu'au décret du 17 juin 2003 qui modifie la loi au sujet de la reconnaissance des langues autochtones et porte à 22 les langues mayas officiellement reconnues par le Guatemala.

Méthode kumatzij en chalchiteko pour l'apprentissage de la langue comme seconde langue

Aguacatacán

 

Chalchitán

Du nahuatl, chalchituitl= pierres de jade vert et han = lieu et abondance.

Les vestiges archéologiques démontrent que cette ville était occupée 800 ans avant l'arrivée des espagnols, elle existait à la période maya préclassique (-1500 av JC) jusqu'à la période postclassique .

Son nom d'origine était Cuacul, ses habitants venaient de Tullan au Mexique.

A l'époque classique maya (300 à 930) elle était identifiée comme "Casa Jaguar" et après la conquête comme Cuacutec.

Les autres grandes villes de la société Chalchiteko étaient Xolchum et Pueblo Viejo.

Organisation sociale

Les tribus et les noms

Le terme tribus pour la plupart fait partie de l’histoire ancienne cependant ils considèrent qu’il a toujours une validité car il fait partie de leur organisation sociale.

Les noms de famille sont générés d’après le nom de la tribu et ils les conservent en tant que groupe ethnique malgré le fait que dans le registre municipal leurs noms sont attribués en espagnol. Cette pratique a lieu depuis 150 ans, elle a été menée par l’église catholique. Dans la tradition indigène, ils ont déjà nommé leurs enfants mais l’église leur impose un nom en espagnol.

Les noms des plus grandes tribus sont Wa’n, Pix’, Mantu’, Kxtin, Xo’k, Wich, Wukyin. Les petites tribus portent les noms de Lukx , Kolyo’, Marquin et Xalu’.

Ce sont les noms de famille préhispaniques avec lesquels les Chalchitekos devaient nommer leurs enfants en y ajoutant plus tard un nom.

Exemple : l’enfant porte le nom de Pal, on y ajoute le nom de la tribu, par exemple, Wa’n = Pal Wa’n. L’église catholique de son côté l’appellera Gaspar Velásquez.

Tzolkin, codex de Dresde

By Lacambalam - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35577671

 

 
Quelques données succinctes sur leurs coutumes

Cosmovision

Ils consultent toujours le calendrier maya pour connaître les jours favorables aux cultures.

Le contrôle du temps maya fonctionne avec 3 calendriers :

Le Tzolkin qui est le calendrier des comptes courts.

Le Tzolhab qui est le calendrier des comptes moyens.

Le Tzoltún qui est le calendrier des comptes longs.

Le feu sert de communication entre les vivants et ceux qui sont passés dans une autre dimension.

L'eau fait partie intégrante de l'être humain, nourrissant les corps, la nature et la communauté.

Le soleil est la divinité principale et le père car sans lumière il n'y a pas de vie.

La lune est la mère et selon ses éclipses, le soleil saura ce qui se passera au cours de l'année.

Les étoiles aussi tiennent une place de choix dans leur cosmovision.

Activités productives

Ils se consacrent à la culture des oignons et de l’ail pour l’exportation vers l’Amérique centrale et l’Amérique du sud ainsi que de l’élaboration de tissus (sacs à dos, chapeaux, costumes de laine).

Organisation politico-religieuse

La hiérarchie chalchiteka avec des caractéristiques politiques et religieuses est l’une des nombreuses manifestations préhispaniques se perdant au fil du temps. Les différentes charges et grades au sein de cette organisation sont :

  • Miyor (major shérif) : ce rang donne un certain degré de pouvoir sur les commandants inférieurs. La charge principale est de servir de gardien à l’ordre public, a rendre une justice de moindre importance.
  • Ajlawe (gardien des clés) : cette charge implique de grandes responsabilités au sein de la société. C’est lui qui prend soin des biens de la hiérarchie, les maintient en ordre et en bon état.
  • Axtol (administrateurs) : leur plus grand devoir est lié à l’administration municipale. Ils sont au service du maire Katanum et du maire ladino.
  • Maire Katanum (maire naturel ou indigène) : ce rang donne la plus haute responsabilité dans l’administration publique pour atteindre la justice.
  • Nak Alcalango Crinsipal (anciens maires ou directeurs) : il s’agit d’une place honorifique attribuée à ceux qui ont servi dans toutes les charges de la hiérarchie politique, religieuse du peuple Chalchiteko. Ils sont situés dans la maison de la Vierge qui est le siège actuel du pouvoir local. Leur fonction permanente est de prendre des décisions en conseil des anciens et par consensus.

Relations avec les autres groupes ethniques

Ils étaient liés au peuple Aguateco, politiquement, socialement, ethniquement, économiquement, culturellement, pour autant les liens s’effritent entre eux depuis longtemps en raison de l’annexion de chalchitán.

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Fêtes et cérémonies

Le mariage

Autrefois le père devait chercher une épouse pour son fils âgé de 14 ans. Aujourd’hui le fils décide avec quelle jeune fille il désire se marier. Quand le fils a réussi à convaincre son père de sa décision, ils partent chercher le prêtre qui est celui qui va servir d’intermédiaire entre les 2 familles et qui doit convaincre la famille de la future mariée. Après la demande, les futurs mariés subissent un test que réalise le prêtre en leur posant des questions (il connaît bien les personnes) pour vérifier de leur bonne foi. Si ce test est réussi, l’union a lieu 4 à 5 mois plus tard.

Les vêtements

Le costume féminin

Le güipil

Il est composé d’une étoffe blanche avec des broderies au cou, sa forme est ronde et les couleurs sont vives (rouge, orange, jaune), les figures sont géométriques (losanges et fleurs colorées). Dans la zone inférieure du col et entourant tout le güipil se trouvent des broderies faites avec un fil plus fin, composant des figures zoomorphes (chevaux, papillons, oiseaux quetzales, cerfs) ainsi que des fleurs, des éléments géographiques (volcans). Le modèle n’a pas changé en dehors de l’incorporation de rubans et de fils brillants.

La jupe (corte) elle conserve son modèle traditionnel, le tissu de couleur noire, orné de rayures horizontales colorées, avec des broderies latérales en forme de croix.

La ceinture

Elle mesure 1m à 1m50 de long et 20 cm de large. Le fond est rouge, la broderie est précise et délicate, représentant des figures géométriques, des glands sur le côté. Elle distingue les femmes Chalchitekas de celles qui vivent à Aguacatán.

Le costume masculin

Les hommes par contre ont perdu leur costume traditionnel depuis 2 ou 3 générations. Ce costume se composait d’un pantalon blanc, d’une chemise à carreaux noir et blanc, d’un ceinturon en drap fait à la main avec des couleurs vives sur fond rouge.

Les sandales ou caites sont en cuir de vache sans aucun travail de la semelle.

Aujourd’hui les hommes portent des vêtements achetés dans les magasins.

Activités

Les femmes fabriquent les habits sur un métier à tisser, elles fabriquent également une poterie en argile.

Les hommes sont agriculteurs, cultivant les aliments de base des peuples maya, le maïs et les haricots et d'autres légumes comme les oignons et l'ail.

Ils fabriquent également des tuiles pour couvrir les maisons en argile blanche ou rouge.

Boisson de fête, l'atole

L'atole est fait à base de maïs brisé dans la meule, cuit à la casserole avec un ajout de différents racines, d'achiote et de poivre) Il est servi chaud.

C'est une boisson cérémonielle qui sert pendant les naissances, les mariages ou les fêtes.

Vidéo ci-dessous:

C'est une présentation réalisée par des élèves de troisième et sixième primaire de Cantón Las Presas , Los Regadillos, de la municipalité de Chiantla, Huehuetenango. Où actuellement (2015) la Communauté Linguistique Chalchiteka de l'Académie des Langues Mayas du Guatemala, pousse à l'enseignement de la langue Chalchiteko. Un travail fait par les élèves et avec le matériel existant dans le contexte de la communauté. Le message de ce drame est “D'aider nos anciens”.

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Guatemala, #Mayas, #Chalchiteko, #Peuples originaires

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