Cinq cent hivers

Publié le 15 Juillet 2016

Et que me sert de dire
que tu avais raison,
Indien de ma mémoire ?

Tu parlais de la Terre,
ta mère (nourricière),
que le Blanc convoitait...

On ne croit pas au pire,
on apprend la chanson
qui sera notre Histoire :

Fandango de la guerre,
berceuse pour l'enfer
et musées pour la paix...

Comme un vol de couteaux traversant l'Atlantique,
de funèbres galions se sont plantés au Sud.
Les soldats calibrés au modèle catholique
n'ont pas su remercier l'Indien agenouillé...

Les chevaux espagnols ont imprimé la peur;
les cuirasses d'acier, la rage et les épées
ont détruit le présent et fermé l'avenir.
Depuis, le soleil a baissé un peu d'intensité...

Indien, mon frère,
cinq cents hivers
ont recouvert
tes chants sacrés.

Des rois, des reines,
des mercenaires
et des curés
t'ont crucifié.

Les clans et les tribus groupés dans les Nations
vivaient dans le respect de notre Terre nourricière.
Mais la foudre est venue, vomie par les canons;
de nouveaux conquérants ont dévoré le Nord.

De défaite en réserve, les vrais Américains
ont perdu leur espoir et refermé leur esprit.
Piétinée lentement par les Européens,
le fierté des survivants a sombré dedans la nuit.

Indien, mon frère,
cinq cents hivers
ont recouvert
tes chants sacrés.

Des rois, des reines,
des mercenaires
et des curés
t'ont crucifié.

Indien, mon frère,
cinq cents hivers.

Serge Utgé Royo /JL Duchesne

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #Chanson des peuples

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